
L'exercice de la vie, quelques combats au dénouement sans solution mais aux motifs valides, m'ont appris à regarder la personne humaine sous l'angle du ciel dont le bleu
d'orage lui est le plus favorable.
Réné CHAR, Lettera amorosa, Poésie/ Gallimard, 2007 pour la présente édition, P 38
Mise au tombeau du Christ. Eglise de Salers
(Cantal)
Je retrouve le calme de mon bureau après avoir accompagné le Christ jusqu’à son tombeau. Le silence règne alors que j’entends quelques goûtes
ruisseler sur les pavés de la rue. Tout semble endormis autour de moi. Même les bars d’ordinaire si animés le vendredi soir sont étonnamment calmes… Ce soir je veux être comme Marie au pied de la
Croix, moi qui ais entendu tout à l’heure « Voici ta mère ». Comme Marie je ne comprends pas cette violence qui s’est déchaînée. Comment ne pas être transpercé en regardant le crucifié,
l’innocent qui « par ses blessures » me guérit ? Tout « est accompli ». Désormais le cœur est ouvert car Dieu veut le cœur à cœur avec l’homme. Alors laissons résonner en
nous, dans le silence de la nuit et du Samedi Saint, les dernières Parole du Verbe : « J’ai soif », « Tout est accompli ». Alors peut être notre cœur s’ouvrira aussi pour
ce cœur à cœur tant désiré…
CF 2008
par Christophe FEREY
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Méditation
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Dans l'Eucharistie se révèle le dessein d'amour qui guide toute l'histoire du salut (cf. Ep 1, 10; 3, 8-11). En elle, le Deus Trinitas, qui en
lui-même est amour (cf. 1 Jn 4, 7-8), s'engage pleinement avec notre condition humaine. Dans le pain et le vin, sous les apparences desquelles le Christ se donne à nous à l'occasion du
repas pascal (cf. Lc 22, 14-20; 1 Co 11, 23-26), c'est la vie divine tout entière qui nous rejoint et qui participe à nous sous la forme du Sacrement. Dieu est communion
parfaite d'amour entre le Père, le Fils et l'Esprit Saint. Déjà dans la création l'homme est appelé à partager d'une certaine manière le souffle vital de Dieu (cf. Gn 2, 7). Mais c'est
dans le Christ mort et ressuscité et dans l'effusion de l'Esprit Saint, donné sans compter (cf. Jn 3, 34), que nous sommes rendus participants de l'intimité divine. (16) Par conséquent,
Jésus Christ, qui, « poussé par l'Esprit éternel, (...) s'est offert lui- même à Dieu comme une victime sans tache » (He 9, 14), nous communique dans le don eucharistique la vie divine
elle-même. Il s'agit d'un don absolument gratuit, qui répond seulement aux promesses de Dieu, accomplies au-delà de toute mesure. L'Église accueille, célèbre, adore ce don dans une fidèle
obéissance. Le « mystère de la foi » est mystère d'amour trinitaire, auquel nous sommes appelés à participerar grâce. Nous devons par conséquent nous aussi nous exclamer avec saint Augustin: « Si
tu vois l'amour, tu vois la Trinité ».
Benoît XVI, Sacramentum Caritatis, N°8