En ce Jeudi Saint je souhaite une bonne fête à tous les prêtres. Je leur dédie ce texte de Karl Rahner
"Le prêtre est un homme. Le prêtre est un messager de la vérité de Dieu. Il porte le fardeau des hommes : de ceux qui sont fatigués,
sans courage, de ceux qui restent derrière et des pécheurs. Il est un homme pour que vous croyiez que la grâce de Dieu peut-être donnée à l'homme : à l'homme véritable et qui est pauvre. La
vérité de Dieu à quelque chose d'effrayant et de doux à la fois. Ils proclament que la mort n'est pas la fin. Dieu leur donne ordre de parler de ce qu'eux-mêmes n'ont encore compris qu'à moitié.
Cette vocation si élevée contient aussi le danger des chutes les plus profondes. La vérité de Dieu souvent s'introduit dans le cœur des hommes sans même qu'ils le sachent. La vérité divine veut
se faire chair dans la parole humaine. Le prêtre doit dire la parole de Dieu, la parole qui ne se contente pas de dire, mais qui agit, la parole du sacrement".
K. Rahner
« Dieu m’a donné un langage d’homme qui se laisse instruire ». Et bien laissons nous instruire ce matin par Dieu. Il veut nous montrer son vrai visage. Le
voici qu’il se présente à nous dans la nudité de celui qui a tout donné. Comment craindre désormais un Dieu qui accepte de se faire pour nous un esclave pour que nous devenions libre d’aimer
comme il nous aime ? Les bras, étendus sur la croix, ne peuvent plus se fermer. Le Christ devient tout accueil. Il va jusqu'à accueillir, au plus profond de lui-même, nos doutes, notre
désespérance, notre incroyance… « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonner ». Sur la Croix, Jésus vit toutes nos nuits de souffrances et de doutes. Il devient pour l’éternité
frère de tous les hommes. C’est ce Dieu que nous sommes invité à suivre depuis notre baptême. Il nous invite à passer par cette mort qui nous fait quitter nos égoïsmes pour grandir dans l’accueil
de l’autre. Et si durant cette semaine, nous portions dans la prière chacun de nos frères qui doutent, qui se pensent abandonner par Dieu ? Cette semaine nous sommes invité à veiller avec
notre frère en croix pour qu’il nous apprenne le chemin de la vraie vie. Comme le centurion nous serons peut être saisis et nous nous exclamerons : « Vraiment, celui-ci était le Fils de
Dieu ! »
CF 2008
par Christophe FEREY
publié dans :
Homélies dominicales
0
recommander