
Marie-Madeleine est en pleurs devant le tombeau. Elle sort de la nuit qui l’a enveloppée du doute et de la douleur du deuil. Peut on vraiment rencontrer le ressuscité sans passer par la nuit où nos illusions nous quittent ? La nuit on ne voit rien. On a peur et on avance sans voir. On est vulnérable. Pourtant dans la nuit il y a parfois des compagnons de route qui vous accompagnent sur ce chemin où chaque pas est une petite victoire, où une main posée sur l’épaule devient encouragement. Au cœur de la nuit arrive la pire des tantations : à quoi bon continuer, pourquoi combattre ? Mes ressorts de vie semblent figés… Il me faut alors mobiliser le peu de force qui me reste pour accepter de ne pas rester inerte… Le soleil semble pointer le bout de son nez… Et si je reprenais courage ou plutôt le devoir de me lever pour aller vers ce lieu, où repose l'ami perdu, qui n’a d’autre issue que le désespoir ?… Mais le soleil est là. Oh il ne réchauffe pas mais on le voit… Il est bien faible, pourtant il projette une petite lumière pâle sur la nuit. Sa lumière si faible semble gagner sur l’obscurité. « Marie » ! Voici que la lumière atteint toute son intensité et elle irradie celle qui reçoit la parole. Marie-Madeleine sait désormais le prix d’une telle joie qui l’atteint. Comme dirait mon voisin, cette joie est « un don que je ne peux m’octroyer ». Elle n’est accessible en vérité qu’à celui qui a connu un passage… Marie-Madeleine peut alors se retourner et aller à la rencontre de ses frères et sœurs. Pâque est Vocation, appel à se retourner et à repartir vers d’autres rives….
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