Depuis un certains temps plusieurs personnes m'ont demandé la signification du Purgatoire. S’il est bien un domaine théologique où nous ne pouvons que spéculer, c’est bien celui des « fins dernières ». Le Purgatoire, comme le Péché Originel, est entouré de tout un imaginaire qui n’aide pas à une juste compréhension en cohérence avec la Révélation, la Parole de Dieu et la Tradition deux fois millénaire de l’Eglise Catholique. Au début, ce terme n’était qu’un adjectif pour exprimer une purification des défunts en vue d’accéder à la vie éternelle avec Dieu. Saint Augustin parlait d’un « feu purifiant » (purgatorius) [1] . Le Moyen-Age en a fait un lieu et un temps. Or comment peut ont introduire du temps dans l’éternité puisque précisément la propriété de l’éternité c’est de ne pas avoir de temps ? Le Purgatoire serait il alors une invention et une déviance occasionné par une mauvaise compréhension de la foi chrétienne ? Très tôt dans l’Eglise, des croyants ont pressenti que nous ne pouvons correspondre totalement par nous même à l’Amour de Dieu. Il nous faut donc être transformés par cet amour. Une phrase de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus peut nous aider à le comprendre : « […] j’ai vraiment du mal à concevoir comment je pourrai m’acclimater dans un Pays où la Joie règne sans aucun mélange de tristesse. Il faudra que Jésus transforme mon âme et lui donne la capacité de jouir, autrement je ne pourrai supporter les délices éternels. [2] ». Dès lors nous comprenons mieux en quoi consiste le Purgatoire. Il s’agit de laisser Dieu nous transformer pour correspondre totalement à son amour et accueillir cette joie sans mesure qu’il nous a promit. S’il y a une souffrance attachée au Purgatoire, c’est celle de prendre pleinement conscience de notre distance avec Dieu. Mais cette souffrance nous permet de devenir, comme le dit Bernard Sesboüé, un « devenir » de transparence ; c'est-à-dire devenir transparent de l’Amour de Dieu. Dès lors le Purgatoire ne peut plus être considéré comme une punition divine mais comme une grâce qui nous fait devenir ce que nous devrions être depuis toujours : des êtres créés à l’image de dieu. Dès aujourd’hui nous pouvons demander à Dieu de nous aider à accueillir sa grâce de transformation pour nous ajuster toujours davantage à son Amour. Alors laissons nous habiter par ces paroles de Paul : « Pour nous, notre cité se trouve dans les cieux, d'où nous attendons ardemment, comme sauveur, le Seigneur Jésus Christ, qui transfigurera notre corps de misère pour le conformer à son corps de gloire, avec cette force qu'il a de pouvoir même se soumettre toutes choses. » (Ph 3, 20-21).
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