Dimanche 30 décembre 2007
La fête de la sainte famille nous plonge dans l’intimité et la banalité d’une famille de
Nazareth. Les évangiles sont muets sur cette période de la vie de Jésus. Pourtant elle fut sans doute essentielle. Jésus comme tous les enfants à du apprendre à grandir. L’amour de ses parents a
sans doute été pour lui un reflet de l’Amour de Dieu son Père. Il a grandit au milieu de parents ouvert à l’appel de l’Esprit, prêts à partir pour l’inconnu. Etre parents aujourd’hui c’est aussi
partir vers un inconnu. Comme pour Jean-Baptiste on peut se demander « que deviendra cet enfant ? » La famille n’est pas seulement le lieu de la subsistance. Elle est d’abord le
lieu où chacun apprend à se construire et à devenir lui-même. Le Christ a du passer par un lent apprentissage pour devenir cet homme qui se présente au baptême de Jean-Baptiste. L’Eglise à
récemment réaffirmer l’importance de la famille pour l’épanouissement humain. Le cardinal Ricard, lors de l’Assemblée plénière des présidents des assemblées épiscopales à Fatima au moi d’Octobre
dernier, disait ceci « « Il faut aider la famille à devenir ce qu’elle est : une petite Eglise domestique, un lieu où on apprend à être aimé et à aimer, à vivre la communion dans la
différence, à s’initier à l’expérience de foi avec tout ce que cela comporte. ». Cet idéal est traduit dans la lettre que Paul adresse au Colossiens « revêtez votre cœur de tendresse et
de bonté, d’humilité, de douceur, de patience. Supportez vous mutuellement, et pardonnez si vous avez des reproches à vous faire. Agissez comme le Seigneur : il vous a pardonné, faites de
même. Par-dessus tout qu’il y est l’amour. » (1C 3, 12-13). La famille est le premier lieu où nous faisons l’apprentissage de notre humanité. Paul pointe une condition indispensable pour cet
apprentissage : l’Amour qui n’est possible qu’avec le pardon. Sans pardon l’amour est impossible. Il ne s’agit pas d’un pardon « à la petite semaine » mais d’un pardon dans la
vérité. Ce pardon n’occulte pas les blessures ni les fautes mais il permet à celui qui a chuté de se relever et de grandir. Plus nous grandissons dans l’Amour et plus nous grandissons dans la
vérité. Cette vérité doit me rendre libre puisqu’elle me révèle peu à peu tel que je suis. Nous pouvons nous demander ce matin dans quelle mesure nos familles sont des lieux où chacun, en
particulier les enfants et les jeunes, peuvent grandir en liberté ? Etre libre ce n’est pas aller au grès de ses envies. Il s’agit de poser des choix qui vont m’humaniser. Les parents
deviennent alors les serviteurs de la liberté de leur enfants, adultes en devenir. Parfois, servir la liberté d’un enfant, c’est savoir lui dire non et lui expliquer pourquoi on refuse certaines
demandes. Aujourd’hui il y a un vrai défit pour nos jeunes. Ils sont confronté plus que jamais à cette interpellation de Dieu que nous lisons dans le Deutéronome « Vois: je mets aujourd'hui
devant toi la vie et le bonheur, la mort et le malheur [...] Choisi donc la vie » (Dt 30, 15.19). Dieu a créé l’homme libre. Cette liberté n’est pas sans risques. Alors n’hésitons pas à
éduquer à la responsabilité et à aider nos enfants et nos jeunes à assumer jusqu’au bout leur choix dans la durée. Parfois il peut être bon de les aider à persévérer dans le choix d’une activité
qu’ils ont choisi et qui dure tout au long de l’année. Il en va de même pour le catéchisme. Faire ce choix pour des parents, c’est permettre à l’enfant de découvrir ce qu’il a reçu le jour de son
baptême et lui permettre un jour de choisir. Eveiller un jeune à la liberté c’est l’aider à sortir de l’indécision ambiante. Eduquer à la liberté c’est aussi aider un jeune à sortir du carcan du
groupe et à oser refuser certaines pratiques qui vont le fragiliser. Comment ne pas souffrir de voir tant de jeunes sombrer dans une consommation excessive d’alcool parce qu’ils sont entraînés
par un groupe ou par la mentalité ambiante ? Beaucoup de jeunes n’osent pas refuser car ils ont peur d’être jugé et d’être rejeté par le groupe. La famille est le lieu essentiel où chacun
doit être reconnu et aimer pour ce qu’il est. Les enfants et les jeunes y puiseront alors des fondations pour leur vie d’adulte en ayant apprit la confiance et le respect de chacun comme l’évoque
la première lecture.
Chacune de nos familles peuvent devenir une « Sainte Famille » dans lesquelles chaque
membre est perçu comme un don pour chacun. Que le Seigneur ce matin affermisse l’unité de nos familles et face régner en nos cœurs sa paix afin de former avec Lui un seul corps.
CF2007
par Christophe FEREY
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Homélies dominicales
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Alors que la fête bas son plein, qu’une pluie de cadeaux et de victuailles se répand dans nos maisons ;
il y a cet enfant posé dans une mangeoire, couché sur de la paille. Le Christ s’invite chez nous. Allons nous le reconnaître ? « Il était dans le monde, lui par qui le monde s’était
fait, mais le monde ne l’a pas reconnu ». Comment le monde aurait-il pu le reconnaître ? Lui qui veut du clinquant, de la paillette. Il en est réduit à ne pas voir ce qui prend
naissance. Dieu ne vient pas au monde dans l’éclat mais dans l’humble condition humaine. En devenant homme, Dieu sacralise l’être humain. Plus qu’une créature, l’homme est élevé au rang de Fils.
Dès lors il n’y a plus qu’un absolus : l’homme lui-même. Cela doit nous faire réfléchir sur le sens même de la vie humaine. Dans mes choix personnels, qu’est ce que je met en premier ?
Ma vie professionnelle ou ma vie de famille ? La rentabilité, l’enrichissement ou mon épanouissement et celui des personnes avec qui je vis ? Suis-je prêt à employer tous
les moyens pour arriver à mes fins quitte à éliminer ceux qui se mettraient en travers de mon chemin ? Dans un monde de compétition, l’enfant de la crèche vient nous rappeler que le
seul bien de l’homme est l’accueille de l’autre. Celui qui est touché par le mystère de Noël ne peut être qu’un homme ou une femme porteur de vie comme le fut l’enfant de Bethléem. Nous avons à
devenir à la suite du Christ les heureux messagers d’une nouvelle de bonté radicale. Le Christ, le Verbe de Dieu nous as annoncer cette nouvelle de bonté radical : Dieu est un Père pour tout
homme et veut le sauver. Nous avons à redécouvrir la joie d’annoncer aux hommes cette Bonne Nouvelle qui nous habite. La foi grandi dans la mesure où nous l’annonçons. Nous sommes parfois
timides, nous n’osons pas dire cette nouvelle. Pourtant la première lecture nous montre le messager courir sur les montagnes. Il est habité par l’assurance que le Seigneur a préparé le chemin.
Comme Marie nous sommes invité à faire confiance à l’Esprit Saint pour qu’il prépare les cœurs de ceux qui accueilleront cette bonne nouvelle. Cette Bonne Nouvelle transforme bien des vies. Les
baptisés de notre paroisse de l’année dernière sont pour nous des signe que la lumière de Dieu brille dans ce monde même si peut de personne la voient. Cette lumière est maintenant dans leur cœur
et ils continuent à se réunir pour la plus grande joie de ceux qui les ont accompagné. Nous ne pourrons être les heureux messager de cette Bonne Nouvelle si elle n’est pas pour nous même une
bonne nouvelle. Il faut accepter soit même de se laisser évangéliser par cet enfant de la Crèche qui nous rappel que la faiblesse est le lieu où Dieu peut agir. Nous ne pouvons plus avoir peur de
notre propre faiblesse, car à Noël, Dieu redonne toute sa dignité à ce qui est petit, à ce qui est sans défense. Ce laisser évangéliser par cet enfant, c’est finalement s’accueillir tel que nous
sommes et non tel que nous voudrions être. Dieu n’a pas craint de prendre notre fragilité humaine alors pourquoi ne pas accueillir notre propre faiblesse ? Nous grandirons alors en humanité
et nous pourrons poser un regard d’amour sur tout homme conscient de nos propres limites.
La fête de Noël vient restaurer en nous cet esprit d’enfance qui nous manque tant. Aujourd’hui
prenons le temps de nous laisser émerveiller par cet enfant de la Crèche. Qu’il puisse nous redonner son regard d’innocence, pour que nous puissions redécouvrir en profondeur le bonheur d’être
aimer tout simplement. A Noël, nous fêtons une naissance qui permet d’autres naissances en nous. Alors ce matin laissons Dieu prendre naissance en nous pour que sa vie surabonde en nos
vies.
CF 2007
par Christophe FEREY
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Homélies dominicales
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Le voici venir ce jour.
Il va porter sa victoire
Promesse d’une lumière
Qui fend une nuit qui ne veut finir
Le voici venir Celui qui doit venir
Il est là dans sa fragilité qui n’est pas sans beauté
Puissant qu’il était, le voici vulnérable
Il Vient mais on ne l’attendait pas ainsi
Le voici dans sa patrie
Elle n’a que faire du petit
Pourtant retenti son cri
Un cri qui exprime un désir de vie
La voici cette vie attendue
Que deviendra cet impromptu ?
Il grandira dans des cœurs ouverts à l’inattendu
Capables de ce laisser transformer par cette venue
CF 2007
par Christophe FEREY
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Méditation
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Dimanche 23 décembre 2007
En hommage à mon voisin, je lui offre les parole d'une chanson de Renaud.
On les appelle bourgeois-bohêmes
Ou bien bobos pour les intimes
Dans les chansons d'Vincent Delerm
On les retrouve à chaque rime
Ils sont une nouvelle classe
Après les bourges et les prolos
Pas loin des beaufs, quoique plus classes
Je vais vous en dresser le tableau
Sont un peu artistes c'est déjà ça
Mais leur passion c'est leur boulot
Dans l'informatique, les médias
Sont fiers d'payer beaucoup d'impôts
Les bobos, les bobos
Les bobos, les bobos
Ils vivent dans les beaux quartiers
Ou en banlieue mais dans un loft
Ateliers d'artistes branchés,
Bien plus tendance que l'avenue Foch
Ont des enfants bien élevés,
Qui ont lu le Petit Prince à 6 ans
Qui vont dans des écoles privées
Privées de racaille, je me comprends
Ils fument un joint de temps en temps,
Font leurs courses dans les marchés bios
Roulent en 4 x 4, mais l'plus souvent,
Préfèrent s'déplacer à vélo
Les bobos, les bobos
Les bobos, les bobos
Ils lisent Houellebecq ou Philippe Djian,
Les Inrocks et Télérama,
Leur livre de chevet c'est Cioran
Près du catalogue Ikea.
Ils aiment les restos japonais et le cinéma coréen
Passent leurs vacances au cap Ferret
La Côte d'Azur, franchement ça craint
Ils regardent surtout ARTE
Canal plus, c'est pour les blaireaux
Sauf pour les matchs du PSG
Et d'temps en temps un p'tit porno
Les bobos, les bobos
Les bobos, les bobos
Ils écoutent sur leur chaîne hi-fi
France-Info toute la journée
Alain Bashung Françoise Hardy
Et forcément Gérard Manset
Ils aiment Desproges sans même savoir
Que Desproges les détestait
Bedos et Jean-Marie Bigard,
Même s'ils ont honte de l'avouer
Ils aiment Jack Lang et Sarkozy
Mais votent toujours Ecolo
Ils adorent le maire de Paris,
Ardisson et son pote Marc-O
Les bobos, les bobos
Les bobos, les bobos
La femme se fringue chez Diesel
Et l'homme a des prix chez Kenzo
Pour leur cachemire toujours nickel
Zadig & Voltaire je dis bravo
Ils fréquentent beaucoup les musées,
Les galeries d'art, les vieux bistrots
Boivent de la manzana glacée
En écoutant Manu Chao
Ma plume est un peu assassine
Pour ces gens que je n'aime pas trop
Par certains côtés, j'imagine...
Que j'fais aussi partie du lot
Les bobos, les bobos
Les bobos, les bobos
Dimanche 23 décembre 2007
La liturgie d’aujourd’hui nous permet de contempler une belle figure de croyant :
Joseph, cet homme juste. Joseph est Juste car il observe la Loi de Dieu sans qu’elle ne devienne mortifère pour ses frères. Joseph va appliquer la Loi de Moïse, celle qu’il a reçu de ses pères
sans que Marie en soit victime. Pour Joseph, la Loi est d’abord un instrument au service de la vie. Qui se met à l’école de Joseph devient serviteur de la Loi, celle de l’Amour qui relève l’homme
blessé et le remet sur le chemin. C’est cette même Loi, qui depuis Jésus-Christ, révèle à l’homme sa véritable identité : celle d’être un fils. Le Juste n’est pas aveugle devant les
agissements de son frère mais il est celui qui essaie fidèlement d’obéir à Dieu qui n’a d’autre volonté que la vie de ses enfants. Joseph est celui qui se laisse interpeller et remettre en cause
par le Seigneur. Alors qu’il a « formé ce projet », voilà que survient un envoyé de Dieu. Joseph ne parle pas, il écoute. Il se laisse instruire par Celui qui est l’auteur de la Loi.
Cette Loi n’est pas édictée par celui qui en vit mais par celui qui donne la Vie. Acceptons-nous qu’un Autre puisse guider notre vie pour quelle deviennent vraiment porteuse de vie ? Etre à
l’école de Joseph, c’est être ouvert à l’inattendu de Dieu qui surgit lorsque l’on ne l’attend pas. Des juifs se demanderont « Que peu- il sortir de bon de Nazareth ?». Et
pourtant, de Nazareth sortira l’inouï de la raison humaine : Dieu qui se fait homme et qui demeure parmi nous. Avec Joseph, nous sommes invités à accepter que Dieu soit le guide de nos vies
pour en faire une réponse d’amour à nos frères. Joseph, tu es celui qui accueille Marie chez toi. Par Marie, tu vas laisser le Seigneur habiter chez toi pour qu’il en face sa maison. Comme Joseph
ou st Jean, n’ayons crainte d’accueillir Marie, c’est le plus sûr chemin pour accueillir Jésus comme il souhaite être accueilli.
Joseph, tu n’a pas crains de répondre à l’appel de Dieu, à aller au-delà des
apparences. Apprends nous à être vraiment libres. Aujourd’hui, être chrétien s’est poser un choix libre qui va à l’encontre de la mentalité ambiante. Combien de fois sommes-nous interpellés voir
moqués lorsque nous affirmons notre foi ? Et pourtant, notre foi chrétienne révèle notre liberté puisqu’il s’agit pour nous de choisir ce qui nous semble le plus fondamental : l’Amour
désintéressé d’un Dieu qui veux faire de nous ses enfants. Une telle foi doit nous conduire à l’accueille inconditionnel de toute homme. Je reconnais en toute personne un frère ou une sœur non
pas parce que j’ai des affinités avec elle mais parce que je reconnais en elle l’image de Dieu. Cet accueil, Dieu est venu le chercher chez les hommes. Il y a rencontré le des hommes et des
femmes qui lui ont dit oui. Ce oui n’a pas été le fruit d’un hasard. Ce oui est le fruit de libertés qui ont osé croire que la destinée humaine n’est pas la mort mais la vie. Les oui de Marie et
de Joseph ont ouvert le champ des possibles pour les croyants. Désormais nous pouvons à notre tour dire oui à Dieu jours après jours. Soyons sur d’une chose : nous sommes solidaires les uns
des autres dans notre réponse au Seigneur. De notre oui à Dieu dépends l’affermissement du oui des autres croyants. Ensemble nous formons ce Peuple qui réaffirme dans la foi qu’un Dieu existe et
qu’il s’est fait l’un de nous pour révéler qui il est : un Père qui aime des enfant au point de ce donner lui-même pour eux.
Joseph, Fils de David, heureux es tu, toi qui donne le Nom de l’enfant à
naître : Jésus « Dieu sauve ». C’est cet enfant que nous accueillerons lundi soir.
CF 2007
par Christophe FEREY
publié dans :
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