Depuis quelques semaines, nous sommes dans le temps de la rentrée. Après les vacances, tout c'est accéléré et il faut penser à une multitude de choses à accomplir. Notre paroisse n'échappe pas à cette réalité. Nous revoilà dans le temps des remises en routes et des questionnements. De quoi sera fait cette année ? Serais je capable de vivre la mission qui m'est confiée ?... C'est au cœur de ce temps agité, que le Seigneur vient nous offrir en quelque sorte une feuille de route à travers les textes de la parole de Dieu de ce dimanche. En ce jour où nous fêtons notre rentrée paroissiale, il peut être bon de s'arrêter quelques instants pour accueillir sa parole et essayer d'en vivre tout au long de l'année.
Le Seigneur nous invite d'abord à le chercher et à le trouver. Prenons garde à l'activisme ! En cette période de difficulté, nous pourrions aisément aller dans tous les sens. Bien souvent nous sommes épuisés car nous n'avons pas pris le temps de nous arrêter pour chercher ce que Dieu veut pour son Eglise. Isaïe s'adresse à un peuple qui connaît la déportation et qui est en proie au doute et aux interrogations. A bien des égards notre époque ressemble à celle d'Isaïe. Nous regardons parfois notre temps avec la nostalgie d'un passé idéalisé. C'était mieux avant. Il y avait la foule dans les églises le dimanche. Il y avait beaucoup de prêtres. Isaïe va inviter les croyants non pas à se tourner vers le passé mais vers l'avenir pour repartir vers la terre promise. Alors accueillons cette invitation à chercher le Seigneur. Pour cela il nous faut accepter de nous arrêter, de reprendre souffle. Le temps passé à prier et à accueillir la Parole de Dieu est alors du temps gagné pour notre vie chrétienne. La prière permet à Dieu de venir à notre rencontre. La semaine dernière, à l'aumônerie, un jeune se met à dire : « c'est stressant car Dieu il est toujours à écouter aux portes ! » Je lui ai demandé s'il était sûr que Dieu écoute aux portes. Je lui ai ensuite dit que Dieu n'était pas un concierge qui espionne les habitants de l'immeuble. Il nous écoutera seulement si nous lui ouvrons la porte. Alors en ce début d'année, ouvrons lui notre porte en grand pour qu'il puisse nous écouter et nous inviter à la confiance.
Chercher Dieu, finalement, c'est s'encrer dans le réel, dans le quotidien. C'est ce que nous rappelle Saint Paul. Après avoir fait cette rencontre inoubliable, sur le chemin de Damasse, Paul n'a de cesse de vouloir la rencontre ultime et pourtant c'est bien dans notre quotidien que nous rencontrons Dieu. Nous sommes en tension. Nous avons parfois la tentation de fuir ce quotidien en voulant rencontrer Dieu dans d'autres circonstances. Ne nous faisons pas d'illusions : c'est bien là où nous vivons que nous sommes appelés à vivre avec Lui dès maintenant, nous qui l'avons reconnus. C'est au contact des hommes et des femmes de ce temps qu'il nous est donné de rencontrer Dieu. Devant les difficultés nous sommes bien souvent tenter d'abandonner et de nous replier sur nous même. Et pourtant, c'est bien dans ce quotidien que Dieu nous attend. Alors encrons nous dans le réel pour rencontrer Dieu. Mais pour le reconnaître nous avons besoin de relire ce qui fait notre vie car nous ne sommes jamais les contemporains de la rencontre avec Dieu. Nous avons besoin de lieux pour discerner sa présence. Comme nous le rappelle Saint Paul : « Notre vie c'est le Christ ». Si notre vie est le Christ c'est que nous appartenons chacun à un même corps que nous recevrons tout à l'heure. Saint-Paul nous invite donc à faire corps et à se porter mutuellement dans la prière et la fraternité. Quand l'un catéchise c'est tout le corps qui participent à sa mission. Nous ne sommes jamais isolés. Mais nous avons besoins pour relire notre vie avec le Christ pour la partager avec d'autres frères et ainsi faire Eglise.
Nous découvrirons alors avec émerveillement, je l'espère, que le maître de la vigne ne cesse d'appeler des ouvriers. Sans cesse, son esprit parcours le monde à la recherche de cœurs ouverts qui seront répondre à sa douce volonté. Marie qui vient d'être accueilli par la communauté en est pour nous un signe. Et nous voyons bien que la mesure de Dieu n'est pas notre mesure. Alors cessons de nous comparer. Dans l'Eglise il n'y a pas les supers engagés et les autres. Tous nous sommes appelés par le maître du domaine pour aller à sa vigne quelle que sois la mission à remplir. Dieu, ne serait pas un bon financier ! Il n'a jamais privilégié le rendement. Je crois que cela doit nous faire réfléchir à la place du plus faible dans notre communauté. Alors, chers frères et sœurs, regardons nous et accueillons nous comme les membres d'une même corps différents mais frères ! Que cette nouvelle année à la suite du Christ soit pour nous source de joie et de fécondité dans nos vies. Heureux serons-nous si nous découvrons que le vrai salaire promis par le maître du domaine est la joie de vivre en sa présence.
AMEN
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