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  • Christophe FEREY
  • Bonjour, je m'appelle Christophe, j'ai 34 ans et je suis  prêtre pour le diocèse de Coutances et Avranches depuis le 10 juin 2007. J'ai été ordoné par Mgr Stanislas LALANNE
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5 octobre 2008 7 05 /10 /octobre /2008 17:44

La liturgie de la Parole de Dieu de ces dimanches est bien en phase avec la saison, puisqu’on y parle de vigne. La vigne, on la retrouve dans beaucoup de pays. Elle à une dimension universelle. Même à Cherbourg, j’ai pu voir de la vigne ! Si vous connaissez un vigneron, vous êtes peut être surpris du soins extrême qu’il apporte à son vignoble. Il est comme cet ami que nous avons rencontré dans la première lecture « Mon ami avait une vigne sur un coteau plantureux. Il en retourna la terre et en retira les pierres, pour y mettre un plant de qualité. » La vigne cacherait elle un trésors pour qu’on en prenne un tel soin ? Ce trésor est un trésor qui se partage… C’est celui de l’amitié et de la fête. Il n’y a pas de fête sans vin. Le vin prend alors une sorte de dimension sacrée lorsque le Christ lui-même va prendre la coupe de vin, la bénir et prononcer cette parole inouïe : « Ceci est mon sang ». Depuis nous faisons mémoire de sa mort et de sa résurrection en prenant du vin et en redisant les paroles que le Christ à prononcées. Nous les redirons sans cesse jusqu’à ce qu’il revienne. Ce vin, c’est le symbole de la joie que Dieu veut nous offrir. Cette joie c’est la vie même de Dieu. C’est ce que la liturgie rappelle lorsqu’un défunt est accueilli à l’entrée de l’église « Nous te prions pour notre frère qui nous as quittés : qu’il trouve auprès de toi la paix et la joie avec tous ceux que tu appelles à entrer dans ton Royaume »[1]. Tous, nous sommes invités aux noces de l’Agneau…. Mais quelle tristesse lorsque ce vin n’est pas bu ! La joie ne peut se répandre dans les cœurs. Alors nous rencontrons cette colère de Dieu qui s’exprime à travers les prophètes. Cette colère, elle n’est que l’expression d’un amour fou. Dieu n’est pas un spectateur passif lorsqu’il voit ses enfants s’empêtrer dans la souffrance ou se laisser aller à faire le mal. Quel père, quelle mère aimant vraiment ses enfants, pourrait rester inactif lorsqu’il voit un de ses enfants abîmer sa vie ? Mais Dieu ne peut pas abandonner ses enfants à leur sort. « Mon père et ma mère m’abandonnent, le Seigneur me reçoit » (Ps 26, 10). Ainsi Dieu ne va jamais abandonner ses enfants. Il va inlassablement leur envoyer des prophètes pour qu’ils reviennent vers lui. Dans l’évangile nous voyons le mode opératoire de Dieu. Il n’est pas un marionnettiste qui jouerai avec sa marionnette. Lorsqu’il a créé l’homme, Dieu lui a donné ce qu’il avait de plus précieux : sa liberté. Ainsi, dans la parabole des vignerons homicides, Dieu confie son domaine à des vignerons et part en voyage. Il leur fait confiance et leur laisse le champ libre. Il n’est pas celui qui viendrait contrôler toutes les cinq minutes ses employés. Avec Dieu nous sommes invités à l’autonomie. C’est à nous de disposer de notre vie pour qu’elle devienne ce domaine que Dieu a préparé pour nous. Mais les décisions que nous avons à prendre, pour vivre en Fils de Dieu, il n’y a que nous qui pouvons les prendre. Pourtant Dieu ne se résout pas à nous voire refuser la vie promise. Sans cesse il va la proposer. Il va aller jusqu'à s’offrir en son Fils. Alors que l’homme s’enfonce dans la désobéissance, le Christ va offrir son Oui à son Père. Ce oui contient toute l’humanité qui devient sauvée car l’homme est restauré dans sa ressemblance à Dieu. Sur la Croix le Christ est nu et devient en quelque sort une transparence vis à vis de son Père. Adam et Eve se cachent dans le jardin après avoir désobéis. Ils ont peur de ce père qui les aime sans conditions. L’homme et la femme ont été mordus par le serpent qui leur a transmis le venin de la peur. Sans cesse nous avons à lutter contre la peur. La peur de l’autre que nous considérons souvent comme une menace. La peur de Dieu que nous pensons bien souvent comme un juge sévère. Quand la crainte nous guette : fixons notre regard sur la croix. Comment craindre un Dieu qui nous a tout donner jusqu’à son Fils ? Nous pourrons alors accueillir ces paroles de Saint Paul : « Frères, ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, dans l’action de grâce priez et suppliez pour faire connaître à Dieu vos demandes. Et la paix de Dieu, qui surpasse tout ce que l’on peut imaginer, gardera votre cœur et votre intelligence dans le Christ Jésus. […] Ce que vous avez appris et reçu, ce que vous avez vu et entendu de moi, mettez-le en pratique. Et le Dieu de la Paix sera avec vous ». Les derniers mots entendus lors de l’eucharistie sont « allez dans la paix du Christ ». Alors n’emportons rien d’autre sinon la Paix de Dieu et transmettons là. Nous goûterons alors au fruit promis par le maître de la vigne.



[1] Oraison pour l’accueil préalable à l’église, missel des défunts

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Published by Christophe FEREY - dans Homélies dominicales
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