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  • Christophe FEREY
  • Bonjour, je m'appelle Christophe, j'ai 34 ans et je suis  prêtre pour le diocèse de Coutances et Avranches depuis le 10 juin 2007. J'ai été ordoné par Mgr Stanislas LALANNE
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12 octobre 2008 7 12 /10 /octobre /2008 01:09

Aujourd'hui, nous sommes invités à entendre l'histoire passionnée d'un père animé d'un amour fou pour ses enfants. Voyez plutôt le projet : offrir à chacun un festin auquel nul n'est exclut. Personne ne doit se sentir rejeter ou mépriser. Il en va de même pour notre vie en Eglise. Le pape l'a rappelé lors de sa rencontre avec les évêques français à Lourdes « Nul n'est de trop dans l'Église. Chacun, sans exception, doit pouvoir s'y sentir chez lui, et jamais rejeté.  » Nous avons donc à devenir toujours plus les relais du Père qui n’a qu’un désir : voir ses enfants rassemblés en une seule famille unie. La joie de Dieu ne sera complète que lorsque le projet initial, qui nous a été présenté dans la première lecture, sera réalisé. Cette joie promise pourra être accueillie sans réserve lorsque le Père aura essuyé toute larmes sur nos visages. Parmi nous, sans doute, il y a des membres de notre communauté qui porte des poids et des souffrances. Comment accueillir une telle parole quand on est affronté à la souffrance ? Cette question nous avons à la porter lorsque nous rencontrons des souffrants. La première lecture nous rappelle que Dieu n’est pas bienveillant avec la souffrance. Il veut soulager l’homme et le consoler. « Heureux ceux qui pleurs ils seront consolés ». Ce n’est pas le faite de pleurer qui nous rend heureux mais c’est de savoir que nous serons consolés pour accéder à la joie promise. Nous ne sommes pas des condamnés à la souffrance. En cela le service des visites aux malades, les aumôneries d’hôpitaux et des prisons est indispensable pour le témoignage de l’Amour de Dieu envers les souffrants. Chaque visiteur devrait inscrire en son cœur ce texte d’Isaïe et plus particulièrement ce verset « Le Seigneur essuiera toute larmes sur tous les visages ».

Avec Dieu nous sommes libérés contrairement à celui qui veut nous éloigner de cette joie et qui veut nous posséder. C’est ce que j’ai dit au nom du Christ à Steven que j’ai baptisé tout à l’heure « Père tout-puissant, tu as envoyé ton Fils unique dans le monde pour délivrer l’homme, esclave du péché, et lui rendre la liberté propre à tes fils »[2]. Ce qui nous appartient, à nous les baptisés, c’est la liberté ! Alors, ne la cédons pas pour des idoles qui pourraient bien nous tromper et nous empêcher de répondre à l’invitation au festin que nous adresse le Père. Les invités, dans la parabole de l’Evangile, n’ont plus cette liberté de répondre à l’appel du roi. Ils sont accaparés par leurs occupations. L’un par son champ, l’autre par le commerce… Aujourd’hui nous sommes affrontés à de nouvelles idoles. Le pape l’a rappelé lors de son voyage en France. Il a notamment parlé de l’Argent qui devient en quelque sorte le roi de nos vies. Sans cesse nous avons à nous demander ce qui gouverne notre vie. Nous avons tous nos aliénations. Nous pourrions demander dans la prière que Dieu nous éclaire sur ce qui nous rend esclave et qu’il nous aide à nous en libérer. La crise financière est là pour nous le rappeler. Quand ce n’est plus l’homme qui est centre des décisions, quand c’est l’argent, le pouvoir, le sexe qui gouverne, l’homme devient esclave et ne peut plus maîtriser sa vie. Pourtant ces trois exemples ne sont pas mauvais en soi. Nous avons tous besoin d’argent, le pouvoir doit aider les hommes a vivre ensemble de manière harmonieuse et la sexualité est un élément d’épanouissement du couple. Mais ils doivent être à leur juste place dans nos vies. Ils ne doivent pas régner en maîtres absolus. Alors pourquoi ne pas prendre un peu de temps durant notre semaine pour regarder ce qui gouverne notre vie personnelle. Au lieu de suivre des mirages qui nous laisse un goût amer après le plaisir bien rapide qu’ils procurent, suivons ce roi qui nous invite au festin où nul n’est exclut, où chacun aura sa part de bonheur. Ne cherchons rien d’autres sinon a répondre à l’invitation du roi pour son festin où nous serons rassasiés. Nous pourrons dire avec le Psalmiste « Le Seigneur est mon Berger, je ne manque de rien, sur des près d’herbe fraîche, il me fait reposer » (Ps 22)


[1] Discours du pape Benoît XVI, lors de sa rencontre avec les évêques de la conférence des évêques de France, 14 septembre 2008, à Lourdes

 

[2] Rituel du baptême des petits enfants, prière d’exorcisme et de délivrance, n°124

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Published by Christophe FEREY - dans Homélies dominicales
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commentaires

Christophe 13/10/2008 18:14

Merci Claire pour vos encouragements.

Claire 13/10/2008 17:03

J'aime venir lire vos homélies, non pas que j'ai à me plaindre de celles de ma paroisse, loin de là... J'aime la manière, les images que vous utilisez pour mieux nous faire comprendre et vivre la Parole et nous aider à la mettre en pratique au quotidien.Merci, Claire.

Christophe 13/10/2008 09:19

Je n'est pas dis que nous avons à croire en l'argent. Simplement à se demander quelle place il occupe dans notre vie. Tout simplement.

temps 12/10/2008 16:20

Nous ne sommes esclaves que de nos croyances.L'argent ne se mange pas, l'argent est une forme de communication parmis tant d'autres et est loin d'être indispensable à la vie. Pour qu'il y ait un rapport à l'aide de l'argent, il faut au moins être deux, si une des deux personnes refuse, celui perd toute sa signification.Etre conditionné à croire en l'argent est facile, il suffit de lire les médias, ou autre conventions, ou bien même croire que l'argent attire le bonheur. Ainsi achète le ipod qui a polué la rivière, achète la TV qui pour sa production en asie a enlevé la nouriture de la bouche de l'enfant... Oui nous pouvons croire en l'argent, aux comptes de fées, aux super-hommes présidents... mais est-ce des croyances bien raisonnables ?

Christophe 12/10/2008 12:33

Merci pour votre commentaireQue nous le voulions ou non notre vie en France se passe dans une société marchande où l'argent sert à se procurer ce qu'il faut pour vivre. On peut bien sur développer de somptueuses théories sur un monde sans argent mais nous ne vivons pas dans ce monde. Rêver de vivre sans argent est souvent un rêve de riche !Amicalement,Christophe