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  • Christophe FEREY
  • Bonjour, je m'appelle Christophe, j'ai 34 ans et je suis  prêtre pour le diocèse de Coutances et Avranches depuis le 10 juin 2007. J'ai été ordoné par Mgr Stanislas LALANNE
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25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 22:25


Dans quelques instants, nous nous lèverons et nous irons recevoir des cendres et une parole « Convertissez-vous et croyez en l’Evangile ». Que peut bien vouloir dire une telle démarche en 2009, en ce temps de tous les possibles et aussi de tous les dangers ? Comment comprendre le signe qui nous est proposé par l’Eglise et qui rejoint toute la tradition biblique ?

Quelle est donc cette longue tradition ? Celle d’un peuple qui continue à entendre cet appel déchirant d’un Dieu qui ne peut se résoudre à voir l’homme se perdre et souffrir. « Revenez à moi de tout votre cœur » (Jl 2, 12). Cet appel, il est encore vrai pour nous aujourd’hui, en 2009. Il est même peut être plus actuel que jamais. Devant la folie des hommes, Dieu  n’a d’autre ressources que de se révéler tel qu’il est pour permettre à l’homme, qui le reconnaît et l’accueille, d’ouvrir son cœur et de prendre un chemin qui le rendra plus humain. Alors si vous voulez prendre ce chemin soyez les bien venu. Mais attention ce chemin n’est pas fait pour ceux qui refusent l’aventure. Cette aventure si vous l’acceptez, sera d’abord de redécouvrir en profondeur qui est ce Dieu qui nous tend la main et veut nous accompagner sur les chemins de notre vie. Notre démarche de carême n’aura de sens que si elle nous permet de rencontrer Celui « qui est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour » (Jl 2, 13). Loin de nous attendre au virage, Dieu veut pouvoir enfin nous rencontrer tel que nous sommes avec nos faiblesses et nos richesses. Accepter de recevoir un peu de cendre sur notre front, c’est finalement reconnaître certes notre fragilité, mais surtout qu’au sein même de cette fragilité il y a un trésors qui y est déposé. Bien souvent ce trésor est recouvert de cendre et il a besoin d’un peu de souffle pour resplendir à nouveau.


Et si ce carême était pour nous une respiration pour reprendre du souffle ? Car bien souvent nous nous essoufflons à force de donner, de vouloir croire par nos propres forces et nous oublions bien souvent l’essentielle : la rencontre avec un Père qui nous attend chaque jour sans ce décourager. Combien de fois avons-nous jeûné de cette rencontre. Et si le carême nous permettait de rompre ce jeûne mortifère pour un chrétien ? Si au contraire ce carême était nourrissant au lieu d’être un lieu aride comme on le pense souvent. Mais ne nous faisons pas d’illusion, le carême est un combat car nous traversons un désert pour rejoindre une nouvelle terre. Quiconque qui a traversé un désert dans sa vie sait qu’il ne peut pas le traverser seul. C’est pourquoi nous sommes invités à venir en communauté pour vivre le départ de cette marche de 40 jours. Ce chemin, nous allons le vivre ensemble et en même temps chacun avancera selon son rythme et prendra peut-être une route différente. Mais l’essentiel est d’atteindre la destination : la joie de Pâques qui passe par la nuie de la Passion.


Ce chemin que nous prenons aujourd’hui est balisé. Une balise n’est jamais un passage obligé mais un reperd si on ne veut pas se perdre. Tout d’abord il y a la prière qui nous invite à un cœur à cœur avec Dieu qui voit dans le secret. Le cœur qui nous permet d’aimer n’est t’il pas le lieu le plus secret de l’homme ? Pourquoi ne pas se retrouver entre plusieurs croyants pour vivre ce temps et s’encourager mutuellement ? Il y a ensuite ce temps d’accueille de la Parole qui vient nous bousculer et nous faire avancer. La paroisse vous propose plusieurs rencontres durant ces 5 semaines. Autre balise : le jeûne qu’il soit de nourriture ou de tout ce qui peut nous isoler et nous replier sur nous même. Peut être que dans ce temps, où la consommation insatiable semble devenir une idole, le jeûne retrouve toute sa pertinence. Il est l’occasion pour nous, de créer le manque qui nous permettra peut être l’ouverture de notre cœur pour redécouvrir que l’essentiel de toute vie humaine réside dans la relation à autrui. Une relation qui invite à un don réciproque qui nous enrichi mutuellement et qui parfois peut nous redonner confiance et nous réconforter. Cet enrichissement va au-delà du consommable, il nous donne une épaisseur humaine. Il nous offre un regard renouvelé sur tout homme. Car finalement, le carême c’est apprendre à regarder comme Dieu qui regarde au-delà des apparences. Est ce que je prends le temps de regarder de manière nouvelle les personnes avec qui je vie ou que je rencontre régulièrement. Suis-je encore capable de m’en émerveiller ou d’être surpris par elles ? Alors si nous vivons une telle démarche d’ouverture de notre cœur, tous nos gestes de partages, de solidarité prendront sens. Nous deviendrons alors les « ambassadeurs du Christ », c'est-à-dire porteurs de son message pour qu’il agisse en ceux que nous rencontrerons. Alors n’ayons pas peur de prendre la route car c’est le moment favorable.

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Published by Christophe FEREY - dans Homélies dominicales
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