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  • Christophe FEREY
  • Bonjour, je m'appelle Christophe, j'ai 34 ans et je suis  prêtre pour le diocèse de Coutances et Avranches depuis le 10 juin 2007. J'ai été ordoné par Mgr Stanislas LALANNE
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9 mai 2009 6 09 /05 /mai /2009 19:56


En lisant la bible, je me dis que Dieu est vraiment polyvalent. Il peut être aussi bien berger comme dimanche dernier, vigneron aujourd’hui, chrirurgien-anesthésiste-réanimateur (lorsqu’il endort Adam pour lui prélever une côte) ou bien encore potier dans le livre de la Genèse. Quoi de plus humaines que ces activités ? Elles sont pourtant attribuées à Dieu dans la bible. Ces métiers conférés à Dieu par les auteurs bibliques nous redisent combien Il veut prendre soins de l’homme. Aujourd’hui, c’est le Christ qui emploi l’image du vigneron pour parler de son Père. Si le Christ se dit être la vigne alors il se remet lui-même entre les mains de son Père pour qu’il prenne soin de lui. Personnellement je suis toujours impressionner de la précision que le vigneron doit déployer pour que sa vigne donne tout le fruit qu’il peut en espérer. Il doit observer quasi-quotidiennement son vignoble pour entrevoir la qualité du raisin à venir. Il est aussi dans l’angoisse d’un coup de gel malvenu ou d’une trop grosse chaleur. Tant d’aléas peuvent s’abattre sur sa vigne ! Et pourtant, il sait que sa vigne est solidement enracinée dans une terre qui ne craint pas l’inondation ou la sécheresse. Les sarments peuvent alors pousser sans craindre de dessécher. Désormais le soleil et la pluie pourront s’allier pour que la vigne donne tout son fruit. Les sarments reçoivent alors cette nourriture qui ne manque plus.

C’est ce soleil qui a ébloui Paul et qui continue d’éblouir tant d’hommes et de femmes aujourd’hui. Mais Paul a du apprendre à vivre avec ce soleil qui réchauffe et qui donne de la clarté. Il a du accepter, lui Paul, une des deux colonnes de l’Eglise, de se laisser guider dans ces premier pas sous ce soleil. Barnabé lui a appris comment se tenir sous les rayons sans se brûler et comment accueillir la pluie qui rafraîchi et fait tant de bien quand on a chaud. Il en va de même pour nous. Etre chrétien suppose un lent mûrissement. Accepter que d’autres nous guident, nous apprennent patiemment à laisser monter en nous cette sève que la vigne veut nous offrir.

Nous voudrions parfois nous séparer de cette vigne quand nous avons du mal à entendre certaines de ses paroles, lorsque nous voyons certains comportements qui nous choque. Et pourtant, si nous quittons cette vigne nous ne recevrons plus la sève et nous nous dessécherons. L’Evangile d’aujourd’hui nous invite à regarder en face notre vie en Eglise. Ne nous voilons pas la face. Parfois on peut s’y sentir mal à l’aise lorsque nous ouvrons notre poste de radio, le journal ou internet. Nous sommes parfois bien perplexes… Nous avons envie de quitter sur la pointe des pieds cette institution qui nous semble soudain bien vieillotte et dépassée. On découvre la face gris noire de l’Eglise et on est tenté de se lamenter. Lorsque Saint-Jean écrit son évangile, il assiste au départ de frères qui quittent la communauté. Il est comme blesser et veut redire avec force son attachement au Christ. « Demeurez en moi comme moi en vous ». Or personne ne peut demeurer dans le Christ s’il ne demeure en son corps qui est l’Eglise. Bien sur on peut lui trouver beaucoup de défauts comme on peut en trouver à ses amis ou à ses parents. Mais au fond, avant d’être une institution, l’Eglise est d’abord un mystère. Ce mystère nous en sommes les membres. Nous pouvons y puiser la sève et grandir ou bien refuser cette sève et se couper du corps. La foi chrétienne n’est pas une vie à l’eau de rose, elle est une adhésion profonde à une personne qui peut donner sens à nos vies. Bien souvent nous voudrions une Eglise qui ressemble à nos rêves. Cette Eglise n’existe pas et n’existera jamais. Elle est d’abord et fondamentalement l’œuvre de Dieu et non la notre. Alors laisserons nous agir à travers nous Celui qui nous a réuni pour former son Eglise ? Le livre des Actes nous rapporte que l’Eglise dans ses premiers temps se construisait, avançait et se multipliait avec l’assistance de l’Esprit Saint. Alors faisons un peu de place à l’Esprit saint et sortons de nos routines, de nos vues étroites. Parfois nous pourrions courir le risque d’être des petits vieux qui ne supporte pas le changement alors que précisément l’Esprit saint est un spécialiste de l’inattendue. Dans quelques jours nous fêterons la Pentecôte. Cette fête n’est pas seulement une commémoration comme le 8 mai. Elle est d’abord pour nous l’occasion de nous rappeler que nous sommes confirmés et que l’Esprit doit prendre sa place dans nos vies.

Et si les jours qui nous séparent de cette grande fête nous offraient la possibilité de nous interroger sur notre vie avec l’Esprit Saint et comment il nous fait avancer dans notre vie de disciple du Christ ? Nous pouvons aussi nous demander comment nous avons tenu jusqu’ici  et que nous sommes toujours fidèle au rendez vous du sang versé et du pain rompu malgré toutes ces bourrasques et ces tempêtes. Peut être que nous y découvrirons la trace de l’Esprit Saint, ce grand discret… Nous pourrons alors peut être reprendre à notre propre compte l’Antienne de l’Evangile d’aujourd’hui « Heureux qui demeure vivant dans le Seigneur : il est comme un arbre planté près d’un ruisseau, qui donne du fruit en son temps. »

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Published by Christophe FEREY - dans Homélies dominicales
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commentaires

yayon 09/05/2009 22:17

et bin dit donc... :-$ ouaahhh ça valait le coup de sécher t'as été drôlement inspiré ;-)Oui parfois on s'endort dans notre foi "routinière" mais puisse l'esprit Saint nous y rejoindre et réanimer notre foi et nous permettre d'être cet arbrisseau vivant au bord du ruisseau qu'est Jésus. Rien n'est jamais totalement acquis, il y a des hauts, il y a des bas mais le plus important n'est ce pas de nous enrichir de ces différents moments et de nous rapprocher petits à petits de Dieu par Jésus! Merci de nous accompagner sur ce chemin ;-)En Union De Prière!