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  • Christophe FEREY
  • Bonjour, je m'appelle Christophe, j'ai 34 ans et je suis  prêtre pour le diocèse de Coutances et Avranches depuis le 10 juin 2007. J'ai été ordoné par Mgr Stanislas LALANNE
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21 mai 2009 4 21 /05 /mai /2009 20:11

Alors que nous avons étés comme éblouis par la lumière de Pâque que nous avons célébré dans la nuit nous assistons au départ du Christ. Désormais Jésus ne sera plus physiquement présent avec ceux qui l’ont aimé. Le Christ ne sera plus visible au regard de ses disciples. Peut on imaginer ce qu’ils ont pu vivre dans ce moment ? Seuls ceux qui ont perdu un être cher peuvent peut être comprendre ce que représente une telle perte dans l’existence quand il faut dire à Dieu, voir pour la dernière foi un visage que l’on a pourtant vu des milliers de fois. Pour avoir assisté à une mise en bière j’ai découvert ce que peut représenter de ne plus pouvoir voire ce visage tant aimé et les larmes qu’il provoque chez ceux qui doivent continuer le chemin… Pourtant une parole a été semée. Une promesse est offerte par Celui qui part rejoindre son Père. Elle plonge les disciples dans l’attente. Les disciples vont connaître une redoutable épreuve pour leur foi balbutiante. C’est celle de demeurer fidèles malgré l’absence apparente de Celui en qui ils ont mis leur confiance. Ils devront résister à la tentation de succomber au découragement, à la crainte et à l’abandon. Plutôt que de se lamenter ils vont se rassembler pour prier. Les portes sont verrouillées, on a peur mais on tient. Cette attente a dû leur paraître interminable. Qu’est ce qui a pu faire tenir malgré tout ces hommes et ces femmes qui veulent rester fidèles ? Rester ensemble et prier pour accueillir un don. On peut se poser la même question pour des saints comme Thérésa de Calcuta ? Elle qui ira jusqu’à dire « je n’ai pas la foi » alors que c’est précisément dans cette nuit qu’elle va vivre une foi dépouillée de ce qu’elle peut avoir de sensible pour ne s’attacher qu’à Dieu au-delà de ce qu’il peut me donner. La foi devient alors vraiment l’œuvre de la grâce de Dieu. Comment a-t-elle pu tenir pendant tant d’années ? Sans doute dans sa fidélité à des rendez vous d’amour qu’elle avait malgré tout maintenu et honorés. Jamais elle n’en ratera un de son fait. Sans doute aussi en appartenant à une communauté qui lui évita l’isolement. Mais surtout en étant fidèle au service de ses frères les plus pauvres, qui n’ont plus rien à offrir sinon leur mort. Pour Sœur Térésa, la foi n’était plus une belle idée mais elle était vécue, malgrès la nuit, dans le concret de la rencontre. Si les saints ont utilisé ces « armes » pour tenir dans l’épreuve c’est pour que nous aussi nous puissions les utiliser. Je récapitule : la prière, l’appartenance à une communauté et le service rendu au frère.

C’est ce qu’expérimentera la communauté chrétienne naissante. Aujourd’hui nous avons as redécouvrir et à vivre peut être plus intensément ces piliers si nous voulons aller jusqu’au bout du chemin qui nous est proposé. Je ne peux oublier cette photo où nous voyons Sr Thérésa prendre par la main le pape Jean-Paul II pour le guider et le conduire dans le mouroir. Un religieuse qui vit au plus prêt des mourants et des exclus qui guide le Pasteur de l’Eglise universel, quel symbole !

C’est dans cette nuit de la foi que les disciples vont recevoir l’Esprit Saint qui va les faire sortire de leur enfermement. Sans cet Esprit, ils seraient sans doute restés emmurés dans la crainte d’être arrêtés et mis à morts. Désormais ils sont assurés d’une présence qui ne peut plus les quitter puisqu’elle habite en eux. Le Christ a vécu qu’il a toujours vécu : l’effacement pour que se soit son Père qui prenne toute la place dans le cœur des hommes.

Nous même nous avons à laisser toute la place à l’Esprit Saint pour que le Père puisse agir à travers nous. Souvenons nous que depuis notre confirmation cet Esprit habite pleinement en nous. « Vous aller recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la Terre ». Demandons à cet Esprit que nous avons reçu à la confirmation de chasser en nous toute peur car le Père a établi son fils au dessus de toute domination comme nous le rappelle Saint Paul ce matin. Alors entrons dans cette attente qu’inaugure la fête de l’Ascension et comme les disciples soyons fidèle au rendez vous de la prière et reprenons les mots de Paul « Frère que le Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père dans sa gloire, vous donne un esprit de sagesse pour le découvrir et le connaître vraiment. Qu’il ouvre votre cœur à sa lumière, pour vous faire comprendre l’espérance que donne son appel… »

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Published by Christophe FEREY - dans Homélies dominicales
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