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  • Christophe FEREY
  • Bonjour, je m'appelle Christophe, j'ai 34 ans et je suis  prêtre pour le diocèse de Coutances et Avranches depuis le 10 juin 2007. J'ai été ordoné par Mgr Stanislas LALANNE
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4 juillet 2009 6 04 /07 /juillet /2009 23:32


« Jésus est parti pour son pays ». Il revient sur la terre de ses ancêtres. Pourquoi décider de revenir au point de départ ? Peut-être parce que Jésus est un homme, pleinement homme. Or un homme a besoin de racines. Sans connaître son passé, un individu a du mal à se tourner vers l’avenir. Certains fuient ce passé trop douloureux et pourtant il vous hante. Jésus retourne vers ceux avec qui il a grandit, avec qui il a joué, avec qui il a travaillé. Pour lui, ces trente années n’ont pas été une parenthèse dans sa vie. Elles sont des fondations. Jésus n’a pas escamoté la condition humaine. Il a du passer par une lente maturation pour enfin quitter la maison des parents et parcourir les routes de la Palestine pour annoncer son Père. Nous pouvons nous-mêmes nous réinterroger sur ce que nous avons reçu de nos parents, de nos éducateurs. Ils ont construit des fondations pour qu’à notre tour, nous en construisions pour la génération suivante. Je vous avoue que je suis toujours ému lorsque je célèbre un mariage. Je vois avancer vers l’autel un homme et une femme avec toute la densité de leur histoire. Que de chemin parcouru depuis leur naissance ! On sent beaucoup de gravité et de joie chez cet homme et cette femme qui ont décidé de continuer à construire leur vie ensemble. C’est précisément par ce qu’ils ont ces fondations qu’ils peuvent dire ce oui qui n’est pas léger. C’est alors qu’ils pourront vérifier si les fondations sont suffisamment solides pour pouvoir vivre ensemble jusqu’au bout. Dès lors on comprend peut-être mieux la profonde tristesse de Jésus. Il aurait tellement aimé que les siens puissent accueillir la bonne nouvelle qu’il porte en lui. Je pense qu’à une moindre mesure nous l’expérimentons avec notre entourage. Nous aimerions parfois que certaines de nos valeurs puissent animer nos enfants, nos amis. Et puis c’est l’échec apparent. Ce que nous avons essayé de leur donner est refusé. Il en va de même pour notre foi. Combien de souffrances chez les parents qui ont essayé de transmettre de leur mieux cette foi qui les a charpentés et qui constate le rejet apparent de leurs enfants ? Jésus n’a pas fait l’économie du rejet. Jusqu’au bout, sur la Croix les clous seront l’ultime manifestation du refus de la Parole d’un Père qui n’a d’autre chose à nous dire : « Celui-ci est mon fils bien aimé ».

Nous touchons ici le mystère de la liberté humaine. Dieu ne s’impose jamais. Il n’est pas une évidence scientifique que l’on ne peut raisonnablement refuser. Dieu n’est pas prouvable par A plus B. C’est parce qu’Il n’est pas prouvable scientifiquement que nous sommes libres de l’accueillir ou de lui fermer la porte. Croire en Dieu demande un acte de foi. Sans la foi, la confiance, Dieu ne peut rien car il ne force jamais la porte. Vous allez me dire que dans ces conditions c’est mission impossible pour les prophètes. Je vous rappelle au passage que depuis notre confirmation nous sommes les témoins privilégiés de l’Evangile et que nous avons à rendre compte de notre foi. Or comment s’acquitter de cette mission ? La première lecture nous donne une piste. « L’Esprit vint sur moi, il me fit mettre debout, et j’entendis le Seigneur qui me parler ainsi : « Fils d’homme, je t’envoie vers les fils d’Israël » ». Ce qui est le fondement pour témoigner de sa foi c’est d’avoir reçu l’Esprit Saint à la confirmation. Il faut être habité par Dieu lui-même. Et que fait cet Esprit : il nous envoie vers les hommes et les femmes de notre temps. Nous avons à les rencontrer, à les connaître. Je connais certaines personnes qui sont de vrais repères dans leur quartier, dans leur immeuble, auprès de leurs voisins. Annoncer l’Evangile ce n’est pas seulement brandir un haut parleur et scander « Dieu vous aime ». Annoncer l’Evangile c’est d’abord croire que l’Esprit est à l’œuvre et que c’est lui qui a toujours l’initiative. Alors mettons-nous à son écoute et demandons-lui de nous renouveler et de nous éclairer. Osons la rencontre et prenons le temps d’écouter ceux que nous rencontrons. Nous ne sommes pas les maîtres alors laissons-nous conduire par cet Esprit. Nous n’avons pas fini d’être surpris… Surtout gardons toujours un regard bienveillant pour les personnes que nous rencontrons. Rassurez-vous, on ne se sent jamais à la hauteur de la tache ! Paul lui-même doit l’admettre. « J’ai dans ma chaire une écharde ». Cette écharde dont nous parle Paul a attisé la curiosité de nombreux exégètes. Elle reste bien mystérieuse. Elle est en quelque sorte une dimension de la vie de Paul qui ne lui permet pas d’être en cohérence complète avec le message ou bien une limite… Nous avons tous des échardes. Alors comme Paul accueillons cette parole « Ta grâce me suffit : ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse ». Malgré nos limites et nos fragilités, n’ayons pas peur d’annoncer ce Dieu qui ne se lasse jamais d’aller à la rencontre de ses enfants.

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Published by Christophe FEREY - dans Homélies dominicales
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commentaires

Isabelle 08/07/2009 19:22

Merci!

Anne-Claire 05/07/2009 21:14

ouais, d'ac avec toi, Eliette !

Eliette 05/07/2009 13:30

superbe!