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  • Christophe FEREY
  • Bonjour, je m'appelle Christophe, j'ai 34 ans et je suis  prêtre pour le diocèse de Coutances et Avranches depuis le 10 juin 2007. J'ai été ordoné par Mgr Stanislas LALANNE
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21 août 2009 5 21 /08 /août /2009 15:47


Pour comprendre la première lecture d’aujourd’hui, il faut utiliser le rétroviseur. Il faut se transporter dix ans en arrière. La canicule a saisie toute la région de Bethléem. Le soleil brûle tout ce qui veut pousser ou vivre. Elimélech, le mari de Noémi, un riche commerçant de Bethléem, fuit sa ville et la famine. Il décide de s’implanter  dans la pleine fertile de la région de Moab de l’autre coté du Jourdain. Terre de tous les dangers pour celui qui est attaché à Yahvé. Il faut résister au culte des idoles. Les deux fils épouseront des filles du pays. Le père mourra, puis les deux fils laissant dans le besoin leurs épouses. Ayant quitté le lieu des ancêtres voilà que Noémi se retrouve bien dépourvue. La faim la fait revenir à Bethléem, accompagnée des ses deux belles filles. Trois veuves sont en marche vers une nourriture promise. Trois veuves qui doivent faire un choix vital : soit rester et mourir, soit prendre le risque de revenir vers la Terre du Seigneur pour y mendier quelques gerbes de blés. De riches, elles sont devenues mendiantes d’un peu de pain. L’une choisit de retourner vers la terre de ses pères. Les deux autres prennent le chemin de Bethléem redevenu la Terre du Seigneur,  Terre où personne ne doit manquer de nourriture. Une terre où on laisse glaner le pauvre. Suis-je aussi une terre où l’on peut venir « glaner » ce que le Seigneur y dépose ou bien est-ce que j’ai envie de tout garder pour moi ? Ruth choisit de quitter sa terre pour devenir une étrangère. Elle sera accueillie comme une sœur par le riche Booz. Cet accueil est un nouveau signe que nous sommes bien dans une terre habitée par Dieu. Et moi, serai-je capable de déverrouiller ma porte, d’aller à la rencontre de mes nouveaux voisins ? Cette terre, l’espace d’un petit moment, devient bénie car elle se fait accueillante au pauvre. Noémi épousera Booz. La malédiction se changera en bénédiction. Leur fils sera le père de Jessé qui aura pour fils le roi David. Par Ruth, un sang étranger coulera dans les veines de Jésus notre Sauveur. En Jésus il y a déjà cet accueil de l’étranger. Alors n’ayons pas peur de nous tourner vers Bethléem. Nous y verrons un enfant les mains ouvertes. L’étranger y est le bienvenu et ils viendront de l’Orient… Le blé ne manque pas. Chacun peut y trouver sa nourriture, qu’il soit un « étranger » ou un habitant depuis toujours.  Finalement, ce texte n’est-il pas pour nous une invitation à intégrer le mystère de Bethléem dans notre vie ? A revenir vers la « Maison du pain[1] » quand la famine s’installe dans nos vies de foi. A regarder d’un autre œil ceux que nous considérons loin de nous, loin de l’Eglise… Bethléem : la terre de toute les naissances si nous ne retenons pas captif ce que nous recevons. Dieu nous rejoint dans la plus grande des fragilités. Alors pourquoi avoir peur de sa rencontre ?



[1] Signification hébraïque du mot Bethléem                                      


Référence biblique : Rt 1, 1-22

 

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Published by Christophe FEREY - dans Méditation
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