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  • Christophe FEREY
  • Bonjour, je m'appelle Christophe, j'ai 34 ans et je suis  prêtre pour le diocèse de Coutances et Avranches depuis le 10 juin 2007. J'ai été ordoné par Mgr Stanislas LALANNE
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10 septembre 2009 4 10 /09 /septembre /2009 22:47


« Je vous le dis, à vous qui m’écoutez : aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent. Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient. » (Lc 6,27-28). Certains vont me dire que j’en fais des tonnes pour cet appel et cet ordre de Jésus. J’ai déjà prêché sur ce verset et offert une méditation dans ce même blogue. Pourtant s’il y a bien un abîme entre la religion chrétienne et les autres c’est bien ce verset qui pousse l’amour au paroxysme. Je pense qu’il n’y a pas un seul philosophe ou un chrétien qui oserai dire de lui-même « aimez celui qui vous fait mal, qui veut vous tuer, vous détruire ». Cette parole on aimerai tellement la gommer de l’Evangile et pourtant elle est bien présente. Elle est même une condition fondamentale pour suivre Jésus.  Il dira plus tard « Tout homme qui vient à moi, qui entend mes paroles et qui les met en pratique, je vais vous montrer à qui il est comparable. Il est comparable à un homme qui bâtit sa maison : il a creusé, il est allé profond et a posé les fondations sur le roc. Une crue survenant, le torrent s’est jeté contre cette maison mais n’a pas pu l’ébranler, parce qu’elle était bien bâtie ».

 

Etre disciple de Jésus c’est d’abord se mettre à creuser sans cesse cette Parole qui nous est offerte au jour le jour. Parfois nous tombons sur des paroles qui nous paraissent aussi solides que le silex. Comment alors continuer ? Si la roche est dure, elle n’en est que plus précieuse. Plutôt que  d’abandonner le forage nous sommes invités à prendre cette pierre et d’en faire un socle pour notre vie. Le seul capable d’une telle parole c’est Celui qui la vie. Jésus ose une parole que personne ne peut vivre naturellement. S’il peut la dire c’est parce qu’il l’aura mise en pratique.  Cette pierre dure, que l’on ne peut fendre, il va s’y heurter au Jardin des Oliviers, la veille d’offrir ses mains à la Croix. Il se retrouve à terre et découvre que sans l’Amour du Père il ne pourra pas se relever. Nous découvrons alors qu’aimer nous relève et nous fait affronter notre ennemi debout. Mais qui sont nos ennemis ? Qui sont ces personnes à qui nous aimerions leur rendre « la money de leur pièce » ? On n’ose pas se poser ce genre de question ». Et pourtant, les paroles de Jésus nous invitent à ne pas voire notre monde où « tout le monde il est gentil ». Le Christ nous invite à être lucide et à reconnaître que cette parole est insupportable lorsque que quelqu’un nous fait souffrir. Reconnaître en l’autre un ennemi c’est déjà faire un pas. C’est accepter, sans culpabiliser, que je puisse avoir en moi des sentiments contradictoires, de ne pas en avoir peur mais de les maîtriser. Car finalement l’ennemi n’a qu’un désir : nous détruire ou nous clouer au sol. Or aimer son ennemi se n’est pas être inactif. L’amour est actif ! Aimer c’est faire des petits pas chaque jours sans se croire arrivé. Le petit pas que je peux déjà faire c’est de reconnaître qu’il puisse y a voir des personne qui me font souffrir et le crier à Dieu qui a reçu le propre cris de son Fils « Mon Dieu, Mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ». Se tourner vers Dieu c’est déjà une victoire sur la haine qui voudrai nous enfermer et nous amener sur son terrain. La liturgie à l’audace de nous faire prier pour ceux qui nous font du mal. « Dieu de miséricorde infinie, tu veux que nous aimions ceux qui nous font souffrir : apprends-nous à garder ton commandement nouveau en rendant toujours le bien pour le mal, en aidant les autres à porter leur croix » (Prière d’ouverture de la messe Pour ceux qui nous font souffrir). Le Christ ne pourra porter sa croix que parce qu’il y aura sur son chemin des hommes et des femmes qui seront à ses coté pour lui rappeler qu’il n’est pas abandonné. Une femme qui lui redonne une face humaine. Un homme qui prend sur lui une partie de la croix. Qui l’accompagne jusqu’au Calvaire. Le Christ n’a pas fait l’économie de l’entraide fraternelle. Alors si un jours nous sommes confronté à ce commandement d’aimer ceux qui nous font souffrir, ne restons pas seul. Hurlons notre souffrance au Père et demandons à des frères de nous soutenir dans la nuit.

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Published by Christophe FEREY - dans Méditation
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commentaires

yayon 11/09/2009 07:45

lallalal comme c'est bien dit et tombe si à point dans ma vie...Oser hurler sa douleur, avoir l'humilité de crier à l'aide autour de soit, s'abandonner avec confiance à la bouée que sont ces gens qui nous entoure de leurs pensée, prières petits mots, sourires...Texte à méditer avec assiduité merci pour cette clé de lecture (c'est toujours un passage qui m'a beaucoup interpellé "comment peut on aimer son ennemis, et comment le faire par quel moyen...") qui me guide sur cette voie de l'Amour !!!bonne journée!!!!