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  • Christophe FEREY
  • Bonjour, je m'appelle Christophe, j'ai 34 ans et je suis  prêtre pour le diocèse de Coutances et Avranches depuis le 10 juin 2007. J'ai été ordoné par Mgr Stanislas LALANNE
  • Bonjour, je m'appelle Christophe, j'ai 34 ans et je suis prêtre pour le diocèse de Coutances et Avranches depuis le 10 juin 2007. J'ai été ordoné par Mgr Stanislas LALANNE

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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 22:06



Pour la première fois, depuis mon ordination diaconale, j’entends les textes de la Parole de Dieu dans le cadre de la messe dominicale. Depuis je les relis de temps en temps. Elles sont bien rudes ces paroles ! C’est peut-être pour cela que je les aime bien. Si j’avais choisi les textes de l’ordination je ne les aurais sans doute pas sélectionnés ! Ils m’ont été comme offerts. Alors j’essaye d’en faire quelque chose dans ma vie d’homme, de disciple et de prêtre.

 

« Le Seigneur Dieu m’a ouvert l’oreille et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé ». Depuis que je suis ordonné diacre j’ai essayé de garder l’oreille ouverte à la parole, même si elle ne paraît pas être du miel. C’est souvent quand elle nous résiste qu’elle devient pour nous un socle. Parfois nous sommes aux prises avec cette parole. Elle nous résiste, on ne voudrait qu’elle soit dans la Bible. Et pourtant elle y est et je dois l’accueillir pour ce qu’elle : une Ecriture sainte reflétant Dieu. Cette écriture à besoin de devenir Parole de Dieu qui se dit par la bouche et peut-être surtout dans les actes du quotidien. Vaste chantier ! Finalement je suis heureux que Dieu n’ait pas choisi des personnes qui correspondent totalement à la Parole qu’ils annoncent. C’est un rappel que ce n’est pas nous que nous annonçons. Je suis d’abord au service de cette Parole qui peut aider à grandir, à guérir, à soulager, à être dans la joie…. Je suis étonné de devoir annoncer cette parole dans toutes les circonstances de la vie humaines, qu’elles soient heureuses ou tragiques.

 

« J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. Je n’ai pas protégé mon visage des outrages et des crachats ». Dieu ne veut pas de visage de pierre pour l’annoncer. Il arrive parfois que je rencontre des personnes qui vident leur sac sur l’Eglise ou sur les prêtres. Plutôt que de se durcir, j’apprends à encaisser, à écouter et à essayer de montrer un visage qui reflète un peu d’amour qui n’est pas le mien. Parfois on est surpris lorsqu’on laisse une personne cracher son venin de constater qu’ensuite il y a de l’espace pour un dialogue ou une faille qui peut toucher le cœur. Parfois on reste face à un mur et alors qu’est ce qu’on peut être triste de ne pas pouvoir montrer ce Dieu qui nous fait vivre et qui nous aime.

 

« Voici le Seigneur Dieu qui vient prendre ma défense : qui donc me condamnera ? ». Cette lecture du prophète Isaïe se termine sur une note d’espérance et invite à la confiance. Celui qui m’a appelé ne me laisse pas seul. Dans la tourmente il est bien présent même si parfois on se sent bien seul ! Je sais que Dieu est toujours sur le terrain de la vérité. Il m’invite à avoir confiance en sa parole et à ne pas avoir peur d’en vivre et de l’annoncer.

 

La lettre de Saint Jacques est un peu une épine dans mon pied. Elle me rappelle sans cesse au quotidien et à inscrire cette parole que j’annonce dans ma propre vie. « Tu prétends avoir la foi, moi, je la mets en pratique. Montre-moi donc ta foi qui n’agit pas ; moi, c’est par mes actes que je te montrerai ma foi. » Quel abîme entre ce que j’annonce et mes actes ! Et pourtant j’ai reçu mission d’annoncer cette Parole. Finalement c’est un beau lieu de conversion !

 

L’Evangile est bien copieux. Aujourd’hui je ne retiens que deux phrases de Jésus.

 

« Pour vous qui suis-je ? » Cette question je ne me la pose pas chaque matin. Pourtant je sens bien que j’ai pas fini de me la poser. Plus j’avance sur le chemin de la foi et plus j’ai l’impression que le chemin est bien long tellement on peut être surpris par Dieu. Telle parole qui me bouscule, telle rencontre qui m’interroge…. Le plus important je pense avec Dieu c’est d’accepter de se laisser surprendre et accepter que le chemin n’est pas fini quand j’ai fait une nouvelle découverte. C’est peut être pour cela que j’aime tant la fantaisie….

« Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix, et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra : mais celui qui perdra sa vie pour moi et pour l’Evangile, la sauvera ». J’ai mangé tout à l’heure à la même table qu’une personne en fauteuil roulant. Comment peut elle accueillir une telle parole ?... Et pourtant cette parole est bien présente dans l’Evangile. Tout d’abord il y a quelqu’un qui marche devant nous. Il est le premier à porter la croix et à en faire un chemin. Il ne demande pas d’aimer la croix. Il demande de la porter. Il ne demande pas de porter une croix mais de porter la croix. Personne ne peut aimer la croix. Jésus lui-même a demandé à son Père d’éloigner de lui cette croix. Et pourtant quand elle s’est présentée à lui, il ne s’est pas dérobé. Il a assumé sa charge d’amour. Car finalement c’est cela la croix : assumer notre charge d’amour au nom du Christ. La vie chrétienne est crucifiante car elle témoigne d’un amour reçu et offert gratuitement sans attendre de merci. C’est peut-être finalement là, la véritable croix chrétienne. Accepter de recevoir d’un autre une vérité, l’amour et de l’offrir sans espérer de retour « sur investissement » ? Le chrétien, depuis son baptême est devenu le frère d’un crucifié qui est ressuscité. Quelque soit le prix de notre amour vécu nous espérons qu’il débouche sur plus de vie. Est-ce facile de tout faire sans attendre un merci ? La croix était l’instrument pour supplicier les esclaves. Or lorsqu’un esclave rend service à son maître il n’a pas à réclamer un merci puis ce que c’est un dû pour son maître. L’amour chrétien va jusque là : le désintéressement. Avouez que cet amour là nous le redoutons et parfois le refusons. Nous en crevons presque si les autres ne nous manifestent pas un peu de reconnaissance… Et pourtant, c’est bien à cet amour que le Christ nous convie… C’est impossible, si nous ne laissons pas le Seigneur venir nous habiter par sa parole… C’est ce que comprend saint Paul lorsqu’il dit « je suis crucifié avec le Christ ; et ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi. Ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré pour moi ». Le Christ s’est livré pour nous pour que nous même nous puissions nous livrer à nos frères pour leur annoncer cet amour qui va jusqu’au bout. On découvre alors que la croix est un chemin qui mène à la vie. Aucun couple ne peut faire l’économie de la croix, aucun célibataire ne peut non plus en faire l’économie s’il veut vivre l’amour authentiquement chrétien… Mais rassurons-nous. Nous ne pouvons porter seul la croix. Nous avons besoin des uns et des autres pour nous aider à porter la croix que le Christ à prise sur ses épaules. Nous tomberons en chemin. Accepterons-nous la main qui se tend pour nous relever ? Alors n’ayons pas peur et continuons le chemin…

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Published by Christophe FEREY - dans Méditation
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commentaires

Ichtus02 14/09/2009 21:45

Pour comprendre ce que signifie porter sa croix, il faut se mettre dans la peau de ceux qui ont entendu Jésus au moment où Il a pronocé cette parole. Pour les auditeurs de Jésus, c'était les condamnés à mort quii portaient leur croix. porter sa croix signifie simplement être prêt à être mis au rang de ceux qui sont condamnés par le monde, à cause de Lui.On ne peut suivre un Maître qui a été crucifié sans connaître la même hostilité qu'Il a connu. Paul dit en Galates 6,14 ce que sont les deux applications de porter sa croix.Cordialement

yayon 14/09/2009 19:33

ouahhhh ^^déjà l'homélie de notre prêtre hier m'avait bien "calmée" mais là là t'en remet une couche à l'heure où j'en ai le plus besoin. Merci Christophe car ce n'est qu' à la lumière de autres et avec leur aide, leurs soutien et leur sourire que l'on peut continuer d'avancer.La parole est souvent dur à recevoir, les textes de ton ordination le montre bien mais la passion du Christ n'était elle pas dur à recevoir pour ses disciples??? finalement il n'est pas là pour nous dire ce que l'on veut entendre mais plutôt pour nous ouvrir à la vérité (si douloureuse puisse t'elle être à entendre. Alors on y va cahin caha, doucement, patiement, suant et tombant parfois mais on continue d'avancer et lui continu de nous soutenir.