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  • Christophe FEREY
  • Bonjour, je m'appelle Christophe, j'ai 34 ans et je suis  prêtre pour le diocèse de Coutances et Avranches depuis le 10 juin 2007. J'ai été ordoné par Mgr Stanislas LALANNE
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25 décembre 2010 6 25 /12 /décembre /2010 00:46

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La voici la nuit de Dieu. Cette nuit où Dieu vient à notre rencontre en chair et en os. Notre Dieu est tout puissant et il choisi de se faire l’un de nous dans ce qu’il y a de plus petit et de plus faible : un nourrisson. Objectivement un nouveau-né ce n’est pas grand-chose : 3 à 4 kilos en moyenne pour quelques centimètres. A l’échelle de la planète c’est minuscule un bébé. Mais à l’échèle des parents le nourrisson représente tout. Lorsque la maman accueille son nouveau né dans ses bras elle dispose du plus beau des cadeaux que la vie puisse lui offrir. La joie semble alors envahir son cœur car la vie est née de son corps et de son amour. Dieu nous regarde de la même manière. Nous sommes tous né de son amour. Pour lui un homme et une femme représente tout. Nous sommes si précieux aux yeux de Dieu, qu’il a voulu lui-même devenir l’un des nôtres. Lui le tout autre, le tout puissant est allé jusqu'à toucher terre et se coucher dans une mangeoire. Quel grand amour pour que le roi du monde, le Seigneur des seigneurs, accepte de descendre si bas pour que l’homme reste debout devant lui. Ce n’est plus l’homme qui se couche devant Dieu mais c’est Dieu qui se couche devant l’homme. Le mystère de Noël renverse toutes nos idées reçues sur Dieu. Ce soir notre Dieu s’est couché sur de la paille. Ce soir nous sommes comme les bergers qui entendent la voix de l’Ange : « Ne craignez pas ». Comment craindre un Dieu qui prend les traits d’un enfant ? Ce soir Dieu désarme toutes nos peurs que nous pouvons avoir de lui. Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Saint Face l’a profondément compris lorsqu’elle écrit dans sa dernière lettre « Je ne puis craindre un dieu qui pour moi s’est fait si petit. Je l’aime !… car il n’est qu’amour et miséricorde[1] ».

 

La voici la nuit de Dieu quand des pauvres sont les premiers à venir rendre visite à l’enfant. Les bergers n’ont rien à offrir en retour à leur Seigneur qui leur fait cette grâce inouïe de leur offrir son sourire. Venir vers Dieu, c’est tout simplement offrir notre présence émerveillée devant ce don immense. Dieu n’attend pas autre chose de nous. « Heureux les pauvres de cœurs : le royaume des cieux est à eux »[2]. La richesse n’offre pas un accès privilégiée auprès de Dieu. Pourtant les bergers sont venus avec une grande richesse : leur soif d’amour, d’être aimés.

 

La voici la nuit de Dieu. C’est dans une nuit paisible que les bergers se retrouvent devant Dieu. Les bruits du monde sont comme assoupis. Des portes se sont refermées et Dieu a choisi un espace sans portes pour naître parmi les hommes. Un lieu toujours accessible où la paix règne. Dans cette grotte où la famille a trouvé refuge, pas besoin d’ôter ses chaussures.  C’est dans la simplicité que Dieu à choisi de se montrer aux hommes. Il nous invite à cette même simplicité quand nous voulons le rencontrer. Pas besoin de paraître mais de ce présenté tels que nous sommes. Les bergers ne sont pas retournés chez eux pour se laver et se changer !

 

La voici la nuit de Dieu. Elle continue son œuvre dans le monde. En cette nuit de noël 1914 sur le front, les soldats allemands et anglais posent leurs armes. Ils vont échanger de la bière et du pudding. Ils vont chanter ensemble des chants de noëls. En cette nuit de noël 1995 un groupe armé du G.I.A. fait irruption dans un monastère à Thibérine en Algérie. Le climat est tendu, la peur au ventre saisi ceux qui s’apprêtent à célébrer la naissance du Sauveur. Au moment de se quitter, le prieur indique au chef du groupe que les chrétiens célèbrent cette nuit la naissance du prince de la Paix. Le terroriste change son regard et propose une poigné de main au frère prieur. Une lumière certes fragile a brillé dans la nuit de l’Algérie, sur le front de la guerre 1914/1918 en cette nuit de Noel.

 

La voici la nuit de où le silence laisse résonner la Parole « Paix aux hommes qu’il aime ».



[1] LT 266, du 25 août 1897 adressée à l’abbé Bellière

[2] Mt 5, 3

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Published by Christophe FEREY - dans Homélies dominicales
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