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  • Christophe FEREY
  • Bonjour, je m'appelle Christophe, j'ai 34 ans et je suis  prêtre pour le diocèse de Coutances et Avranches depuis le 10 juin 2007. J'ai été ordoné par Mgr Stanislas LALANNE
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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 21:15

 

Déjà 3 semaines que nous nous sommes mis en marche vers Pâques. Peut être sommes nous partis avec des semelles de plomb ou bien avec l’énergie du coureur de fond, heureux de commencer un chemin de conversion. Quelque soit notre état d’esprit l’important c’est de partir. Le Seigneur nous attend sur ce chemin. Chacun est rejoint différemment car Dieu connaît chacun par le cœur. Aujourd’hui Dieu nous propose d’entrer dans son intimité, dans ce qui fait le cœur de sa vie. Quel est donc ce bien qui ne peut jamais s’accaparer mais qui se reçoit ? C’est la joie profonde de croire et d’aimer ce Dieu qui sans cesse nous rejoint dans la banalité de notre vie. C’est dans nos humbles taches qu’il nous attend. Lorsque je rejoins la base, le service que j’ai à remplir, mon travail, ma vie de famille, ais-je conscience que le Seigneur m’attend non pas pour une corvée mais pour me rencontrer. C’est dans la relation aux autres que je suis invité à témoigner de l’amour du Seigneur. En quoi consiste cet amour ? D’abord à respecter celui que je rencontre. A le considérer comme un frère. Certes je peux être son supérieur, pour autant il demeure à mes yeux un être digne de respect que j’aide à grandir. Je peux être un subalterne pour autant mon supérieur hiérarchique n’est pas plus digne d’être aimé que moi. Nous partageons la même dignité d’enfant de Dieu.

Un Père avait deux fils. Le frère aîné et le petit dernier. Comme souvent le petit dernier se sent pousser des ailes. Il va jusqu'à demander à son père de lui obéir et il inverse ainsi l’ordre de la relation. « Donne moi mon héritage que je m’en aille ». Pour le fils cadet le père est déjà mort puis qu’il lui réclame son héritage. Le Père reçoit un véritable coup de poignard dans le cœur. Ce cœur qui ne cessera de s’ouvrir avec l’espoir fou de retrouver ce fils perdu, comme ce cœur ouvert à coup de lance sur la croix. Aucun péché ne peut endurci le cœur de notre Père. Sans se lasser, il se tient sur le pas de sa porte et scrute l’horizon en espérant nous voire revenir vers lui. En quittant son Père le petit frère perd tout. Car sa véritable richesse qu’il ne pourra jamais perdre est sa relation d’amour avec son père. Et nous quel regard portons nous sur nos prétendues richesses. Il nous faut bien sur de quoi vivre décemment mais quelles sont nos véritables richesses ? Sur quelles valeurs j’appuie ma vie. Nous ne sommes riches que de ce que nous offrons gratuitement. Nous ne sommes riches que de nos relations avec le Seigneur et avec les personnes avec qui nous vivons et que nous aimons. La conversion s’opère dans le cœur du jeune fils. Et si je revenais vers mon père j’aurai au moins à manger à ma faim ? Bien sur je vais me prendre un sacré savon mais au moins je pourrai me remplir le ventre. En s’éloignant de son Père, le fils est devenu un survivant. Quel courage pourtant, quel ressort de vie le pousse à retourné vers son Père ? Peut être bien parce que le Père à semer en lui un germe de vie que nul ne peut détruire. N’ayons pas peur de semer dans le cœur de nos enfants. Si cette semence de vie vient de notre amour pour Dieu, cette semence ne pourra jamais mourir. Cette semence de vie nous avons aussi à la donner à ceux dont nous recevons la charge en leur faisant confiance, en leur permettant de donner le meilleur d’eux même. Le jeune fils revient vers son Père avec la peur au ventre. Comment va-t-il être reçu ? Nous connaissons la suite. Ce sont des bras ouvert pour étreindre l’enfant perdu et le ramener vers la joie et le bonheur des retrouvailles. C’est le miracle du retour vers Dieu. Pourtant la joie n’est pas totale pour le père.

Il y a un absent. Cet enfant qui n’a jamais posé de problème.Lui aussi est en danger car il n’a pas fait l’expérience radicale de la radicale bonté de son Père. « Ton fils ». Le fils aîné ne considère plus son frère comme étant son frère. Nous même parfois ne sommes nous pas ce frère aîné qui refuse de voir en telle personne un frère digne d’être aimé ? Le Père se met à genoux devant son fils ainé. Mais il ne peut rien face à un cœur fermé. Dieu ne voudra jamais contraindre une liberté. Il a voulu que nous soyons responsables de notre vie. Dieu n’est pas paternaliste, il est Père pleinement père. Il ne veut pas faire de nous des assistés. C’est ce que nous dit la première lecture. Pendant les 40 années d’Exode Dieu a éduqué son peuple pour qu’il soit libre. Il lui à fournis les vivres nécessaires. Maintenant qu’il entre dans la terre promise, il devra vivre du produit de son travail. Ainsi va le respect de Dieu pour l’homme. Heureux serons nous si le carême nous permet de vivre cette même rencontre que le fils cadet. C’est l’invitation que Benoît XVI a publier dans son dernier twitt « Puissiez vous expérimenter toujours la joie de mettre le Christ au centre de votre vie ». 

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Published by Christophe FEREY - dans Homélies dominicales
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