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  • Christophe FEREY
  • Bonjour, je m'appelle Christophe, j'ai 34 ans et je suis  prêtre pour le diocèse de Coutances et Avranches depuis le 10 juin 2007. J'ai été ordoné par Mgr Stanislas LALANNE
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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 21:06

Seigneur ton amour est parfois bien crucifiant ! Comment peux tu demander l’insupportable ? Pourquoi viens tu me bousculer, me faire violence par de telles demandes ? « Aimez vos ennemis, priez pour ceux qui vous persécutent », « Si on te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre ». Et puis quoi encore ?.... C’était bien la peine de nous inviter au bonheur tout à l’heure sur ta fichue montagne. Alors quoi ? Tu veux que nous nous fassions maltraiter ? Laisser les gens nous faire du mal sans réagir ? Je sais ! Je vais un peu trop loin !… Pardonnes moi Seigneur… Le pardon ça te connaît… Peut être que ton amour dépasse ce que j’avais pu imaginer au dépars. Peut être peux tu dire de telles paroles parce que toi-même tu as vu en tes ennemis des personnes défigurés par la haine. Vouloir aimer mon ennemi c’est peut être l’hotter de ma vie. Car si je me mets à l’aimer il n’est plus ennemi mais frère… Mais peut être que tu ne veux  pas que j’ai des ennemis pour que la haine n’ai pas de place dans ma vie, dans ma maison. La haine envahi tout, elle occupe toute la place quand elle est là. Pourtant j’ai bien autre chose à faire que de l’entretenir. Seigneur je te prie de ne pas me retrouver dans la situation où je devrais aimer un ennemi. Mais ça veux dire quoi aimer son ennemi ? Le laisser me faire du mal ? Ce mal tu l’as combattu pendant que tu étais parmi nous. Je sais que tu ne l’aime pas, que tu déteste tout ce qui abime l’homme. Alors pourquoi désirer aimer son ennemi ? D’abord sans doute pour ne pas entrer dans sa logique de destruction. Ne pas aller sur son terrain mais rester sur le tient Seigneur. Aimer c’est chercher la vérité. Face à mon ennemi, tu m’invite Seigneur à rétablir la vérité. Il est là le combat. Il ne faut pas se tromper de cible. La cible ce n’est pas la personne mais bien ce mal que veut m’atteindre. Alors oui Seigneur dans ces conditions je veux bien essayer d’aimer mon ennemi. Tu m’invite à casser cette logique de haine et de vengeance qui m’habite et m’envahi pour accueillir une logique de pardon et d’amour. Avec la vengeance et la haine je détruirais, avec l’amour et le pardon je construirai. Je ne sais pas si le moment venu je serais capable de le vivre. Mais Seigneur vient entretenir en moi ce désir de paix et d’amour. Inscrit dans mon cœur ta parole « Heureux les artisans de paix, ils seront appelés Fils de Dieu ». Je pourrais alors tendre l’autre joue, non pas pour recevoir une nouvelle gifle, mais pour offrir un pardon. Seigneur je sais que tu ais venu pour réconcilier avec toi tant d’homme qui te considère comme ennemi. Ennemi de leur liberté, de leur bonheur, de leur vie tout simplement. Tu as fais de moi un temple pour ton esprit. Ce temple peut être signe de cette réconciliation que tu offres à tout homme. Aides moi Seigneur à laisser toujours plus de place en moi pour ton Esprit. Ce soir, Seigneur, Tu me redis que tout est à moi car je suis au Christ. Alors Seigneur viens vivre en moi et tout sera possible.

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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 21:53

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" Dans le texte du prophète Isaïe est écrit pour ainsi dire noir sur blanc ce qui est notre « affaire ». « Alors tu appelleras et le Seigneur répondra, tu héleras et il dira : Me voici » (Is 58, 9). Le prophète suppose que, à l’occasion, nous appelons ou voudrions appeler. La Bible est un livre à ce point humain entre autres parce qu’elle admet la complainte et les cris, voire les articule elle-même. La complainte et l’appel au secours sont même des motifs traditionnels de la tradition biblique. Déjà dans le livre de l’Exode, Dieu assure à Moïse : « J’ai entendu les cris de mon peuple (cf. Ex 3, 7-9). Et combien de fois voyons-nous le psalmiste éclater en complaintes, jusqu’aux chants plaintifs émouvants de Jérémie.

Nous n’avons pas besoin de refouler notre souffrance et nos plaintes, ni de les cacher. Cela fait partie de notre complète humanité ; et inversement, c’est le propre de l’inhumanité de notre époque qu’elle refoule largement la souffrance et la douleur et qu’elle ne veut voir toujours que le type jeune, rayonnant, efficace que nous ne sommes pas et qu’en tout cas nous ne pouvons pas toujours être. La Bible nous dit que nous devons également accepter nos ombres et nos limites et que nous sommes en droit de nous concilier avec elles. Le prophète inscrit ainsi dans notre « livret de famille » ce qui est l’affaire de nous autres humains : nous ne sommes pas aussi autonomes, surs de nous, énergiques et efficients que nous prétendons souvent l’être et que nous le simulons vis-à-vis de nous-mêmes et des autres. Nous sommes des êtres ayant besoin d’êtres aidés, consolés, voire délivrés. Nous réclamons, fût-ce à cor et à cri, quelqu’un qui nous entend et nous écoute. Nous demandons à grands cris le rachat et la grâce. C’est là la pure vérité pour ce qui est de nous-mêmes.

L’« affaire » est toutefois encore d’une autre nature : nos plaintes et nos cris n’aboutissent pas au vide. Il y a quelqu’un qui écoute et qui entend. Lorsque tu appelles au secours, quelqu’un, le Seigneur, te dira : « Me voici ». Ce « Me voici » est l’affaire proprement dite, le message de tout l’Ancien et le Nouveau Testament. Déjà au cours de la révélation de Dieu à Moïse au Buisson Ardent, Dieu se présente comme « celui qui suis ». En Jésus-Christ il était et est concret, tout à fait humain, tout à fait come l’un d’entre nous : il est là au milieu de la faim et de la soif, de l’abandon de ses amis, de la haine et de la calomnie de la part de ses ennemis, au milieu de la souffrance, de la douleur et de la mort cruelle sur la croix. Pas une situation humaine dans laquelle il ne se trouverait pas !

Dans cette situation, nous ne devons pas nous perdre dans tous les sujets secondaires possibles ni nous laisser refouler vers tous les théâtres de conflit secondaires. Il faut au contraire que notre témoignage devienne élémentaire. Précisément dans la grande ville moderne, il s’agit de témoigner du « Me Voici » de Dieu et de dire ainsi aux hommes (qui vivent souvent de façons si anonyme et si dépourvue de relations, et qui fréquemment n’ont personne pour écouter et supporter leurs plaintes) : il est là, il est là entièrement pour toi ; il t’écoute ; il a du temps à te consacrer, un temps infini.

Une troisième fois, Isaïe dit ce qu’est l’ « affaire » : « Si tu cèdes à l’affamé ta propre bouchée et si tu rassasies le gosier de l’humilité, la lumière se lèvera  dans les ténèbres, ton obscurité sera comme un midi. » (Is 58, 10). Jésus nous dit de façon encore plus directe où et comment il est présent dans le monde : dans les affamés, les sans-abri, les étrangers, dans les malades et les prisonniers. « En vérité, je vous le déclare, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petites qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40). L’action sociale est et demeure le test de notre foi en Dieu.

Au fond, il ne s’agit que d’une seule affaire. Elle dépasse notre force humaine. Mais nous pouvons faire confiance à la promesse : « sans cesse le Seigneur te guidera, en pleine fournaise il rassasiera ton gosier, tes os, il les cuirassera. Tu seras comme un jardin saturé, une fontaine d’eau dont les eaux ne déçoivent pas » (Is 58, 11) "

 

Walter card. CASPER, Celui qui croit ne tremble pas, Paroles et Silences, 2009, pp 26-28

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 20:36

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La première lecture d’aujourd’hui nous rappelle le BABA de toute vie humaine et à fortiori de toute vie chrétienne. On ne peut pas se prétendre chrétien si on ignore son frère qui est dans le besoin, qui n’a pas le minimum vital. Croire en Dieu c’est se mettre au service de la vie dans ce qu’elle a de plus fragile et de plus précieuse. La foi ne nous détourne pas des autres, au contraire elle nous rend plus insupportable la souffrance et les difficultés de nos frères. Nous savons que la misère déshumanise profondément la personne et qu’elle est un obstacle à la rencontre de Dieu. Dieu ne veut pas de miséreux dans sa maison. Dans la parabole du banquet des noces, le maître de la réception jette dehors celui qui est venu en aillons, qui n’a pas la tenue de fête. La misère vous enferme dans la survie, dans le soucie du lendemain. Dès les premières années de son existence, l’Eglise a organisé des services pour venir en aide aux nécessiteux. Elle a même institué des diacres responsables de ce service. Depuis 2000 ans l’Eglise ne cesse d’inventer des services qu’elle veut rendre à l’humanité blessée. Car en Jésus, Dieu s’est penché sur les pauvres, les malades, les exclus, les marginalisés, les condamnés à mort. Aucune souffrance n’est étrangère à Dieu. Jésus à voulu la supporter pour que ses disciples sachent le reconnaitre en ceux qui souffrent. Allez à la rencontre du souffrant ce n’est pas seulement se donner bonne conscience. c’est rencontrer Dieu lui-même qui a voulu s’identifier à ces petits qui souffrent bien souvent en silence. L’Eglise n’a pas ménagé ses peines pour soulager la détresse. Créant des hôpitaux, des hospices, des écoles. Les nombreuses congrégations religieuses apostoliques sont là pour nous le rappeler. A chaque époque de l’histoire l’Eglise à su repérer les nouveaux besoins des hommes en difficulté. Car il ne s’agit pas de se substituer à la puissance publique mais d’apporter humblement, sans éclat un surplus d’humanité qui témoigne que Dieu n’a pas déserter notre monde. Aujourd’hui l’Eglise investie dans ce qui ne rapporte rien. Elle investit dans l’accueille de ceux qui souffrent la solitude, dans l’accueille de l’étranger pour lui redire qu’il a une dignité. L’Eglise ne pourra se résoudre d’être absente là où les hommes souffre et ont besoin d’une présence aimante. Mais attention notre charité n’est pas qu’une simple pièce jeter au SDF croisé dans la rue. Notre présence est d’abord une lumière qui s’approche avec beaucoup de précaution et de tact pour éviter toute condescendance. Avec ce frère vivant la précarité de la misère, de la maladie, d’une forme de souffrance nous ne sommes pas un Seigneur qui par pitié daignerai faire un geste. Non, nous sommes au nom de Jésus un frère de cet homme. Nous sommes son égal. La charité ce n’est pas simplement donner pour apaiser sa conscience mais c’est avant tout participer à l’amour de Dieu pour chaque être humain qui est son enfant. Nous pouvons alors être cette lumière du monde dont parle l’Evangile d’aujourd’hui. Cette lumière n’est pas faite pour attiré à elle-même mais pour éclairer et indiquer que le chemin n’est pas si noir, que l’ont peut se relever et avancer. Nous avons reçu le jour de notre baptême la lumière du Christ. Qu’en avons-nous fait ? Nous à t’elle aidé à avancer dans cette vie, traversée par bien des avènements heureux et des événements qui nous font trébucher ? Cette lumière nous est donnée pour que nous la fassions briller autour de nous, pour que nous allumions aussi à notre tour d’autre lumière dans la vie de personnes que nous pouvons rencontrer. Parfois il ne faut pas grand-chose pour qu’une lumière s’allume dans un cœur blessé. Ce n’est pas notre œuvre. C’est celle de Dieu. Mais sans nous, sans la lumière qu’il a allumée il ne pourra allumer d’autres lumières. Alors osons exposer notre lumière pour lui donner de l’oxygène et que nos frères qui en ont besoin puissent l’accueillir et être guidés vers un chemin de libération. Comme Paul nous nous sentons bien faibles pour porter une telle lumière. Pourtant c’est dans ces vases biens fragiles que Dieu a décidé de déposer sa lumière. Alors n’attendons pas d’êtres parfaits et sans faiblesses pour offrir cette lumière que nous portons. Soyons sans crainte et inscrivons dans notre cœurs ces paroles du psaume « Mon cœur est confiant, je ne crains pas. ».


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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 21:31

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Saint Mathieu nous montre Jésus en train de marcher.  Il se retourne et voit qu’il y a de très nombreuses personnes qui le suive. Jésus est peut être il un peut affolé de voire qu’il y a tant de monde à vouloir le voir, l’entendre, le toucher. Il décide de prendre de la hauteur. Il ne veut pas voir une masse de monde. Il veut voir chacun des visages qui composent cette foule. Jésus ne veut pas s’adresser à un tout mais à des personnes concrètes qui viennent à lui avec leur visage tantôt heureux, tantôt triste, tantôt soucieux. Il en va de même lorsque Jésus nous rencontre personnellement. Il nous accueille là où nous en sommes avec lui, avec la vie. Finalement à chaque eucharistie nous sommes un peu comme sur cette montagne où Jésus accueille la foule. Il regarde personnellement chacun de ceux qui forment l’assemblée. Avec Jésus nous ne sommes pas une somme d’anonymes. Nous sommes ses frères. Mathieu ne décrit pas la foule. Nous ne savons rien des personnes présentes, sinon qu’elles veulent rencontrer Jésus. Il est à point universel qu’il peut toucher toute personne quelque soit sa religion, son statut social, sa culture. Jésus fait face à ces visages. Certains en disent sans doute long sur un parcours de vie parsemé d’épreuves ou bien un parcours radieux qui invite à l’action de grâce. Que dire à cette foule en attente. Un code de conduite, des paroles de consolation, des reproches ? Jésus s’est peut être posé cette question. En tout cas Jésus va choisir de parler à cette foule. Il est bien la Parole en chair et en os que le Père à voulu nous adresser. Jésus va alors rejoindre les attentes de ces personnes. Heureux vous les pauvres de cœur qui pensais que la vie est affaire ce don, qu’on ne peut se l’accaparer. Durant toute notre vie nous avons à recevoir l’amour des autres et de Dieu. Un cœur qui ne retient rien mais qui offre en retour. Heureux les doux qui refusent la violence, la haine, la calomnie. Heureux les doux qui goûte déjà à la douceur de Dieu. Heureux ceux qui pleure, car aucune larmes ne sera perdue dans le cœur de Dieu. Aucune larme des visages ne sera oubliée par le Père. Heureux… Le mot est lâché. Le mot est accueilli car il sonne vrai. Il est vrai car il ouvre à chacun un chemin de profonde humanité unie à Dieu. Jésus devient parole pour les personnes présentent dans la foule car il y a une vrai rencontre. Jésus regarde chacun avec le regard du frère. Il peut instruire sans rabaisser ou humilier car il se met au même niveau. Jésus aurait peut être espéré attirer à lui le « gratin » de la société de l’époque. Et il s’aperçoit qu’il réuni autour de lui des modestes, des paumé, des « fous », des gens qui ne se suffisent pas à eux mêmes. « Ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu à choisi ». Non pas que Dieu nous veut faible mais il connait au plus profond de lui-même notre nature. Il sait que nous sommes des êtres fragiles et s’est fait lui-même fragile en Jésus. C’est pour cela que sa parole est crédible, qu’elle peut nous rejoindre et que nous pouvons y répondre. Ce texte des Béatitudes est un peu manger à toutes les sauces dans l’Eglise. On peut le lire à peut près dans toutes les circonstances de la vie : aux baptêmes, aux mariages, aux enterrements… On le retrouve à tous ces moments car c’est une source où le chrétien peut venir puiser lorsqu’il est un peu perdu dans sa recherche de Dieu. Il y retrouve un chemin accessible à tout homme qui reconnait avoir besoin de Dieu à se coté pour avancer. Merci Seigneur de nous avoir offert cet Evangile pour antihéros. Moi qui suis bien ordinaire je peux emprunter ce chemin.

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 21:57

 

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Irrésistiblement, la première lecture d’aujourd’hui m’a fait prier pour nos frères chrétiens d’Orient. « Vous avez soutenu le dur combat de la souffrance, tantôt donnés en spectacle sous les injures et les vexations […] Ne perdez pas confiance ; grâce à elle vous serez largement récompensés. […] Or, nous ne sommes pas, nous, les hommes de l’abandon, pour notre perte, mais des hommes de foi, pour la sauvegarde de notre âme » (He 10). Comment rester insensible lorsque des frères unis par un même baptême subissent la persécution ? En Europe nous avons la chance de pouvoir vivre notre foi sans danger, sans la peur au ventre. Que le courage de nos frères d’Orient nous stimule à toujours vivre de plus en plus authentiquement notre foi en Jésus-Christ qui nous habite. Nous le leur devons.

 

Regarde Seigneur tes enfants de Palestine, d’Irak, d’Egypte, du Pakistan…

Dirige ton amour vers ces peuples victimes de la violence et de l’intolérance

Soutiens la fidélité de ton peuple qui veut vivre et témoigner de ton amour au péril de sa vie

Que ta croix soutienne leur espérance et les invite à la confiance.

Ne sois pas sourd aux cris de tes enfants qui te supplient

Inspire leur frères vivant en sécurité l’aide et le soutiens qui leur redira que tu es à leur coté

 

 

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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 11:55

Quelques jours d’escale. Quelques jours de répit pour puiser à une source qui fait tant de bien : la fraternité. La fragilité n’est pas une vertu, encore moins une chance. Elle est une faille qui nous rappelle que nous ne sommes pas des machines infaillibles, inusables, corvéables. En tout cas cette fragilité nous invite à ne pas faire semblant, à ne pas ignorer et à essayer d’accepter que tout ne pourra pas être comme avant. Il faudra du temps et pourtant notre monde ne nous en laisse pas beaucoup. Courir, toujours courir. Réunions après réunions, il faut toujours regarder sa montre. On oublie parfois que Dieu n’a pas de temps. Donc il n’en perd jamais et ne cours pas après. La maladie nous confronte à la limite. Elle nous réclame un changement de mode de vie. Elle nous fait revisiter le sens de notre vie, nos priorités, nos valeurs. La maladie s’invite et on ne peut pas lui fermer la porte au nez. Elle veut parfois s’installer et faire son œuvre. Des hommes et des femmes refusent la fatalité et se mettent au service de la guérison. Des blouses blanches, des amis se mobilisent pour que vous ne sombriez pas, que vous restiez la tête hors de l’eau. La lutte n’est pas toujours la qualité qui vous a charpenté et pourtant des personnes vous la donne par leur présence et leurs compétences. La maladie est une ôte bien encombrante qu’il faut apprendre petit à petit à connaître, apprivoiser et lui indiquer la porte de sortie lorsque qu’elle existe. Ce matin je pense à mes confrères mal portants, à ces personnes qui luttent pour ne pas sombrer. Avant l’ordination on se rêve prêtre. Un prêtre qui ne connaît pas de frein dans l’exercice de son ministère de pasteur. Aujourd’hui je suis prêtre, je suis homme et je suis malade. Il faut enfin que j’accepte que je puisse être prêtre et malade. Comment cela va-t-il se faire ? Je n’en sais rien. Il n’y a qu’un seul qui le sait… En tout cas je sais maintenant le prix des paroles liturgique qui ouvre l’office des Vêpres « Dieu viens à mon aide, Seigneur à notre Secours ». 

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 14:50

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Deux pour le prix d’un ! Tel pourrait être le slogan de l’Evangile que nous propose la liturgie d’aujourd’hui. Un slogan qui colle bien avec la période des soldes d’aujourd’hui. Deux passages qui semblent assemblés de manière accidentelle. Et pourtant ils me semblent très liés. Essayons d’y voir plus clair. Tout d’abord l’auteur de l’Evangile selon saint Mathieu nous invite à comprendre que Jésus est réellement Celui qui accomplit toutes les promesses de la première Alliance. Jésus est bien cette lumière qui traverse le peuple qui habitent au carrefour des nations.

 

Après ce petit préambule je vous propose de méditer sur trois aspects que nous livre ce passage d’Evangile. Certains éminents homélistitiens me rétorqueront qu’il y en a deux de trop mais bon ne soyons pas avars aujourd’hui !

 

Jésus invite à la conversion. C’est le premier acte ministériel qu’il pose dans cet évangile. Cette invitation n’est pas l’œuvre d’un « illuminé » mais de quelqu’un qui a passé du  temps dans le désert. Il a pris le temps du silence et d’affronter le combat spirituel. « Convertissez vous, car le Royaume est tout proche » n’est donc pas une parole creuse mais une parole habitée. Cette parole n’a pas pris une ride. Le combat permanent du chrétien est de se convertir, de sans cesse découvrir un plus qui est Dieu. Un disciple de Jésus ne peut jamais se satisfaire de la relation qu’il entretien avec Dieu. Il doit toujours un peu plus l’accueillir dans sa vie et le faire vivre concrètement en lui. Nous ne sommes pas des robots. La porte ne s’ouvre pas automatiquement. Il n’y a que nous qui puissions l’ouvrir. Alors osons la conversion, elle n’est pas un chemin de croix mais un chemin où nous attends des surprises à chaque virage.

 

Jésus rejoint quelques hommes. Se sont des laborieux. Leur travail est rude et pas toujours rémunérateur à la hauteur de leurs espérances. Ces hommes n’ont rien d’extraordinaires ils sont ce qu’il y a de plus banals. Ils ne sont ni riches ni pauvres. Simplement des travailleurs. Jésus passe à un moment où la journée se termine. Jésus avait il prévu de les rencontrer ? Nous ne le savons pas et nous ne le seront jamais. Peut-être est il intriguer par leur activité. Lui qui est un terrien travaillant le bois. Jésus rejoint ces hommes dans la banalité de leur vie. Jésus sort d’une longue période de solitude. Peut être ressent il le besoin que ressent tout homme : la compagnie d’autres hommes. Jésus ne prend pas la peine de faire connaissance. Il les invite directement. « Venez derrière moi ». L’histoire ne nous dit pas ce que Pierre et André ont pensé. Peut être « Il est fout ce type ». On ne le sera jamais. On nous rapporte seulement leur attitude. Ils ne posent pas de question. Ils ne font qu’une chose. Ils se mettent à suivre Jésus. Ce geste fou va bouleverser complètement leur vie. Elle est peut être là la conversion. Laisser Jésus nous dire « Viens derrière moi ». Viens derrière moi pour que je t’apprenne ma vie non pas de manière extérieur mais en laissant vivre ma Parole en toi. On ne peut pas annoncer la Parole si elle ne vie pas en nous.

 

Jésus guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple. Les récits de guérison représentent une bonne part des évangiles. Pour Jésus une personne malade n’est pas seulement quelqu’un qui souffre. Elle est véritablement en danger. Car la souffrance recouvre tout. La personne malade est en péril car elle peut ressentir douloureusement le silence de Dieu et se croire abandonnée de lui. Une personne malade n’a qu’une obsession : ne plus souffrir. Plus rien d’autre ne compte. Jésus en guérissant les malades qu’il rencontre leur redonne la part essentiel de leur humanité qui est d’aimer et d’être aimer. Une capacité qui ouvre l’accès à Celui qui sans cesse vient à la rencontre de l’homme pour lui dire « me voici ». « Me voici pour faire en moi ta volonté d’amour, de paix de joie, de bonheur ». L’Eglise ne cesse d’être présente là où souffre l’homme, car Dieu ne se renoncera jamais à lui dire « Me voici ».

 

Cet Evangile forme un tout, il nous invite à maintenir notre porte ouverte, à accueillir l’appel du Christ à le suivre et à devenir témoin de sa présence en étant habités de sa présence.

 

Bon dimanche et bonne semaine à tous.

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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 20:01

Je n'ai jamais su

trouver les gestes

qui pouvaient soigner tes blessures

Guider tes pas vers le futur

à tous les signeaux de détresse

dis comment j'aurai pu faire face

Pris entre le feu et la glace

 

Eric CHEMOUNY, Sang pour Sang, Album Sang pour Sang, Johnny HALLYDAY, Mercury, 1999

 

 

 

 


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25 décembre 2010 6 25 /12 /décembre /2010 00:46

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La voici la nuit de Dieu. Cette nuit où Dieu vient à notre rencontre en chair et en os. Notre Dieu est tout puissant et il choisi de se faire l’un de nous dans ce qu’il y a de plus petit et de plus faible : un nourrisson. Objectivement un nouveau-né ce n’est pas grand-chose : 3 à 4 kilos en moyenne pour quelques centimètres. A l’échelle de la planète c’est minuscule un bébé. Mais à l’échèle des parents le nourrisson représente tout. Lorsque la maman accueille son nouveau né dans ses bras elle dispose du plus beau des cadeaux que la vie puisse lui offrir. La joie semble alors envahir son cœur car la vie est née de son corps et de son amour. Dieu nous regarde de la même manière. Nous sommes tous né de son amour. Pour lui un homme et une femme représente tout. Nous sommes si précieux aux yeux de Dieu, qu’il a voulu lui-même devenir l’un des nôtres. Lui le tout autre, le tout puissant est allé jusqu'à toucher terre et se coucher dans une mangeoire. Quel grand amour pour que le roi du monde, le Seigneur des seigneurs, accepte de descendre si bas pour que l’homme reste debout devant lui. Ce n’est plus l’homme qui se couche devant Dieu mais c’est Dieu qui se couche devant l’homme. Le mystère de Noël renverse toutes nos idées reçues sur Dieu. Ce soir notre Dieu s’est couché sur de la paille. Ce soir nous sommes comme les bergers qui entendent la voix de l’Ange : « Ne craignez pas ». Comment craindre un Dieu qui prend les traits d’un enfant ? Ce soir Dieu désarme toutes nos peurs que nous pouvons avoir de lui. Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Saint Face l’a profondément compris lorsqu’elle écrit dans sa dernière lettre « Je ne puis craindre un dieu qui pour moi s’est fait si petit. Je l’aime !… car il n’est qu’amour et miséricorde[1] ».

 

La voici la nuit de Dieu quand des pauvres sont les premiers à venir rendre visite à l’enfant. Les bergers n’ont rien à offrir en retour à leur Seigneur qui leur fait cette grâce inouïe de leur offrir son sourire. Venir vers Dieu, c’est tout simplement offrir notre présence émerveillée devant ce don immense. Dieu n’attend pas autre chose de nous. « Heureux les pauvres de cœurs : le royaume des cieux est à eux »[2]. La richesse n’offre pas un accès privilégiée auprès de Dieu. Pourtant les bergers sont venus avec une grande richesse : leur soif d’amour, d’être aimés.

 

La voici la nuit de Dieu. C’est dans une nuit paisible que les bergers se retrouvent devant Dieu. Les bruits du monde sont comme assoupis. Des portes se sont refermées et Dieu a choisi un espace sans portes pour naître parmi les hommes. Un lieu toujours accessible où la paix règne. Dans cette grotte où la famille a trouvé refuge, pas besoin d’ôter ses chaussures.  C’est dans la simplicité que Dieu à choisi de se montrer aux hommes. Il nous invite à cette même simplicité quand nous voulons le rencontrer. Pas besoin de paraître mais de ce présenté tels que nous sommes. Les bergers ne sont pas retournés chez eux pour se laver et se changer !

 

La voici la nuit de Dieu. Elle continue son œuvre dans le monde. En cette nuit de noël 1914 sur le front, les soldats allemands et anglais posent leurs armes. Ils vont échanger de la bière et du pudding. Ils vont chanter ensemble des chants de noëls. En cette nuit de noël 1995 un groupe armé du G.I.A. fait irruption dans un monastère à Thibérine en Algérie. Le climat est tendu, la peur au ventre saisi ceux qui s’apprêtent à célébrer la naissance du Sauveur. Au moment de se quitter, le prieur indique au chef du groupe que les chrétiens célèbrent cette nuit la naissance du prince de la Paix. Le terroriste change son regard et propose une poigné de main au frère prieur. Une lumière certes fragile a brillé dans la nuit de l’Algérie, sur le front de la guerre 1914/1918 en cette nuit de Noel.

 

La voici la nuit de où le silence laisse résonner la Parole « Paix aux hommes qu’il aime ».



[1] LT 266, du 25 août 1897 adressée à l’abbé Bellière

[2] Mt 5, 3

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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 14:15

Cette journée m'offre un après midi douillé chez moi pour me reposer. Prendre le temps de farnienter, ne rien avoir à faire de particulier, se reposer. Un petit arrêt qui fait du bien.

 

    
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