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  • Christophe FEREY
  • Bonjour, je m'appelle Christophe, j'ai 34 ans et je suis  prêtre pour le diocèse de Coutances et Avranches depuis le 10 juin 2007. J'ai été ordoné par Mgr Stanislas LALANNE
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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 23:07

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« Ils reviendront, les captifs rachetés par le Seigneur, ils arriveront à Jérusalem dans une clameur de joie, un bonheur sans fin illuminera leur visage ». Il est sans doute là, le secret de la joie chrétienne : le retour vers le Seigneur. Qui n’a pas expérimenté un jour dans sa vie la joie de revoir un être cher que l’on n’avait pas revu depuis un long moment. Dieu ne désespère jamais de nous retrouver et de nous accueillir à nouveau. Jean-Baptiste ne voulait pas mourir avant d’être sur que le Messie, l’envoyé du Père, soit bien venu sur terre pour permettre aux hommes de retrouver Dieu. « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ». En Jésus, la Parole de Dieu est à l’œuvre. C’est une œuvre de Salut et de joie. Là où la Parole est accueillie, il y a guérison et retour à la vie. Combien d’hommes et de femmes aujourd’hui attendent une parole qui les remettra debout, qui leur redonnera le goût de vivre ? Combien d’hommes et de femmes lassés par cette vie d’abondance voudraient accueillir une parole qui les invite à aimer gratuitement, sans argent ? La bonne nouvelle c’est que la parole est annoncée à ceux qui n’ont rien, qui ne peuvent donner en retour. Cette parole nous enseigne l’absolue gratuité de l’Amour de Dieu. Dieu n’attend aucun retour sur investissement. Le Fils nous est donné sans contre partie car il en va de Dieu de se donner. Il n’y a chez lui aucun calcul. C’est pour cela que le don est inouï. C’est pour cela que le don est démesuré et radical. C’est pour cela que le Fils accepte le sacrifice de la Croix qui est le don total de sa vie aux hommes. La Parole est offerte. Rien ni personne ne pourra l’arrêter. Même clouée sur la croix elle continuera à crier l’amour inébranlable d’un père pour ses enfants. Nous sommes porteurs de cette parole depuis notre confirmation. Une parole qui se dit en mots et en actes. Cette parole donne sens à notre vie car elle nous redit que le moindre de nos gestes, s’ils sont guidé par l’amour du Seigneur, ont valeur d’éternité. L’amour transforme bien des vies. Des personnes changent de vie parce qu’un jour ils croisent une personne qui va les respecter, qui va leur redire qu’ils ont du prix. Mais il faut du temps pour vivre de la Parole de Dieu. Saint Jacques nous le rappelle avec force ce matin. Il nous invite à la patience. Les plus anciens parmi nous le savent bien : rien n’est jamais acquis d’avance. Les parents aussi le savent tout autant : pour éduquer un enfant il faut beaucoup de patience et répéter longtemps. Il en va de même pour nous pour la Parole de Dieu.  On pense parfois être certains dans notre fois et puis le doute vient s’immiscer dans cette certitude que l’on croyait invincible. Il nous faut alors accepter de ne pas tout comprendre et que Dieu restera jusqu'à notre dernier souffle un mystère. Un mystère d’amour qui nous transforme et nous fait vivre. « Qu’êtes vous allez voir dans le désert ? » demande Jésus à la foule. La nuit de Noël, Dieu nous demandera « qui êtes vous allez voir à la crèche ? ». Un dieu sans armes et sans apparat. Heureux seront nous si nous savons reconnaitre dans ce nourrisson notre Dieu qui s’offre à chacun de nous. Nous entrerons alors dans la joie du Père qui déclare que le plus petit dans son Royaume est plus grand que Jean-Baptiste.

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 18:36

Une voix crie dans le désert. Ce n’est pas anodin. Le désert c’est le lieu du silence et de l’humilité. C’est un lieu où l’on va à l’essentiel. Pour y marcher, il faut savoir se délester pour ne garder que le nécessaire. Dans le désert, le cœur se désencombre et peut offrir de l’espace pour autre chose que sois même.  La neige de ces derniers jours nous a offert une vie plus ralentie avec moins de bruits extérieurs. J’’y vois un signe pour notre vie spirituelle. Tant de bruits nous parviennent dans une journée ! Quelle parole je retiens le soir avant de dormir ? Quelle parole m’a interpellée durant ma journée si bien remplie ? Cette question, nous devrions nous la poser à la fin de notre journée. Car bien souvent nous entendons mais nous n’écoutons pas. Pourtant chaque jour Dieu veut nous parler. Il ne peut rien faire lorsque notre cœur est encombré. La parole du Seigneur ne se décourage jamais, elle poursuit toujours sa route, même lorsqu’il y a des obstacles.  Sa route c’est celle de l’homme. Notre route n’est pas une simple allée toute droite  et plate. Notre route rencontre parfois des colles bordées de précipices, des virages à épingles et des pentes douces. La parole de Dieu nous rejoint là où nous en sommes. Elle nous instruit comme nous le rappelle saint Paul aujourd’hui. « Frères, tout ce que les livres saints ont dit avant nous est écrit pour instruire, afin que nous possédions l’espérance grâce à la persévérance et au courage que donne l’Ecriture ».  L’écriture sainte peut devenir parole si nous la laissons agir en nous. Elle est là pour nous encourager et faire grandir en nous l’espérance. La parole de Dieu n’est jamais source d’inquiétude mais au contraire source de paix et de joie. Pourquoi source de joie ? Parce qu’elle renferme une bonne nouvelle : celle d’un dieu qui veut se communiquer à l’homme. Qui veut lui redire combien il l’aime. Nous comprenons alors mieux le cri du prophète Isaïe relayé par l’évangéliste Mathieu « préparez le chemin du Seigneur ». Préparons en nous le chemin du Seigneur pour qu’il puisse se frayer un chemin dans notre cœur et nous murmurer dans le silence « je t’aime, tu es mon enfant bien aimé. Ouvre la bible. Tu verras comment j’aime l’homme. Comment je l’accompagne. Comment je veux le sauver. » Il n’y a qu’à ce prix que nous pouvons devenir des témoins de l’amour du Seigneur. Comment l’annoncer, si nous ne recevons pas d’abord sa parole d’amour qui nous transforme et nous invite à aimer ? Le Saint Père nous invite à être des missionnaires dans sa dernière exhortation apostolique « La parole du Seigneur » : « Il n’existe pas de priorité plus grande que celle-ci : ouvrir à nouveau à l’homme d’aujourd’hui l’accès à Dieu, au Dieu qui parle et qui nous communique son amour pour que nous ayons la vie en abondance »[1].  La Parole de Dieu n’a pas d’autres buts : nous offrir la vie de Dieu en abondance. Mais ne nous y trompons pas ! Nous ne pourrons jamais l’annoncer si nous ne connaissons pas Dieu. Or le connaitre c’est l’écouter et le recevoir en Eglise. Nous avons tous reçu à notre confirmation cet esprit dont parle le prophète Isaïe. Il ne nous a pas été donné pour nous même mais pour l’église. Alors qu’attendons-nous pour le laisser éclairer en nous la parole de Dieu et en faire profiter toute l’Eglise ? Nous-nous rapprochons de Noël. N’oublions jamais que la Parole de Dieu c’est Jésus. Il se présentera à Noël sous les très d’un nourrisson. On ne s’approche pas d’un bébé en faisant du bruit, en ayant des gestes brusques. Accueillir la parole de Dieu est de cet ordre. Il nous faut réapprendre la douceur et le murmure. Laissons germer en nous les semences de la Parole du Seigneur et nous découvrirons un beau champ de blé près pour la moisson.



[1] Benoît XVI, Exhortation apostolique « La Parole du Seigneur », 2010, n°2

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4 décembre 2010 6 04 /12 /décembre /2010 20:57

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L’importance de l’homélie

59. «Les fonctions et les charges qui reviennent à chacun par rapport à la Parole de Dieu sont également variées: ainsi, les fidèles écoutent et méditent cette Parole, tandis que, seuls, la présentent ceux qui ont reçu, par l’Ordination, la charge du Magistère, ou ceux à qui l’exercice de ce même ministère a été confié», à savoir les Évêques, les prêtres et les diacres. À partir de là, on comprend l’attention que le Synode a donnée au thème de l’homélie. Déjà dans l’Exhortation apostolique post-synodale Sacramentum caritatis, je rappelais qu’ «en relation avec l’importance de la Parole de Dieu, il est nécessaire d’améliorer la qualité de l’homélie. Elle “fait partie de l’action” liturgique; elle a pour fonction de favoriser une compréhension plus large et plus efficace de la Parole de Dieu dans la vie des fidèles». L’homélie est en effet une actualisation du message scripturaire, de telle sorte que les fidèles soient amenés à découvrir la présence et l’efficacité de la Parole de Dieu dans l’aujourd’hui de leur vie. Elle doit aider à la compréhension du Mystère qui est célébré, inviter à la mission, en préparant l’assemblée à la profession de foi, à la prière universelle et à la liturgie eucharistique. Par conséquent, que ceux qui, en vertu de leur ministère spécial, sont députés à la prédication, prennent à cœur ce devoir. On doit éviter les homélies vagues et abstraites, qui occultent la simplicité de la Parole de Dieu, comme aussi les divagations inutiles qui risquent d’attirer l’attention plus sur le prédicateur que sur la substance du message évangélique. Il doit être clair pour les fidèles que ce qui tient au cœur du prédicateur, c’est de montrer le Christ, sur lequel l’homélie est centrée. Pour ce faire, il convient que les prédicateurs aient une familiarité et un contact assidu avec le texte sacré; qu’ils se préparent pour l’homélie dans la méditation et la prière afin de pouvoir prêcher avec conviction et passion. L’Assemblée synodale a exhorté à considérer les questions suivantes: «Que disent les lectures proclamées? Que me disent-elles à moi personnellement? Que dois-je dire à la communauté, en tenant compte de sa situation concrète?». Le prédicateur doit «être le premier à être interpellé par la Parole de Dieu qu’il annonce», car, comme le dit Saint Augustin: «qui prêche extérieurement la Parole de Dieu et ne l’écoute pas intérieurement ne peut pas porter du fruit». Qu’on prenne particulièrement soin de l’homélie du dimanche et des solennités; mais qu’on n’omette pas aussi durant les Messes cum populo en semaine, si possible, d’offrir de brèves réflexions appropriées à la situation, pour aider les fidèles à accueillir et faire fructifier la Parole qu’ils ont écoutée.

 Benoît XVI, exhortation apostolique "La Parole du Seigneur", 2010? n°59

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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 21:08

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« Tu construis solidement la paix, Seigneur, pour ceux qui ont confiance en toi. 
Mettez toujours votre confiance dans le Seigneur, car le Seigneur est le Rocher pour toujours. » (Is 26, 4-5)

 

La parole de Seigneur nous invite aujourd’hui à cultiver une qualité fondamentale pour notre foi chrétienne : la confiance. En ces temps d’incertitude il est capital de grandir dans la confiance en Celui qui nous accompagne. Seigneur prend moi par la main et guide moi pour que je sois sur le bon chemin. Apprends moi à te reconnaitre dans ta Parole et dans mes frère. Ainsi je serai cette maison bâtie sur le roc.

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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 13:15

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La neige nous apporte une sorte de sérénité. Marcher dans une ville avec très peu de voitures. Une ville avec des bruits amortis. On ralenti le pas et l'activité. Les rendez vous se décommande. Un signe en ce début d'Avent : faire un peu de silence et ralentir le rythme pour mieux vivre la rencontre et mieux écouter

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 19:28

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"André dit à Simon, son frère :

"Nous avons trouvé le Messie".

Et il le conduisit à Jésus."

 

(Antienne de communion, Jn 1, 41-42)

 

Heureux sommes nous si comme l'apôtre André nous conduisons des frères à Jésus !

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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 19:56
 

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Cela ne vous aurra pas échappé, nous sommes entrée dans le temps de l'Avent. Un temps pour laisser Dieu nous surprendre et reprendre du souffle. La liturgie nous offre durant ce temps de belles oraisons. Je vous propose celle de ce jour.

 

"Accorde-nous, Seigneur, d’attendre sans faiblir la venue de ton Fils,

Pour qu’au jour où il viendra frapper à notre porte, il nous trouve vigilants dans la prière, heureux de chanter sa louange."

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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 21:35

« Les gens ne se sont doutés de rien » nous dit l’évangile d’aujourd’hui. Ce qui était vrai du temps de Noé, l’est toujours aujourd’hui. Nous ne nous doutons jamais du passage de Dieu dans nos vies. Les hommes et les femmes massés dans la salle commune de Bethléem ne se doutaient pas de ce qui se produisait dans une étable à quelques centaines de mètres de là. Dieu ne cessera jamais de nous surprendre. Il se joue de nos certitudes, de notre imaginaire. Comment reconnaitre la venue de Dieu dans un bébé ? Comment admettre que Dieu puisse venir au monde dans une telle faiblesse ? Cette nuit, là le Tout Puissant se fait fragile et émerveillement pour celui qui se laisse surprendre. Pour celui qui accepte de quitter ses certitudes. J’espère frères et sœurs que vous n’êtes pas blasés par la fête de Noël. Comment s’habituer à un tel mystère ?  Dieu qui accepte de prendre sur lui notre fragilité humaine pour qu’elle ne soit plus un obstacle pour le rejoindre. Pour le reconnaitre dans cette mangeoire il faut avoir l’âme de ces bergers. Ils ont un cœur assez simple pour pouvoir accueillir cette immense nouvelle de paix et de joie dans leur vie. En prenant les traits d’un enfant, Dieu tire un trait définitif sur la crainte de Dieu. Comment le craindre lorsqu’il s’offre à nous sous les traits d’un enfant ? Dieu ne s’est pas incarné en un roi guerrier. Il veut faire de nos épées des socs de charrues, de nos lances des faucilles. Sommes-nous prêts à désarmer, à renoncer à nos désirs de pouvoir, de procession, de domination ? Avons-nous envie de venir vers l’enfant de la crèche comme les bergers de Bethleem ? Ils n’ont rien à offrir sinon leur présence et leur émerveillement. Nous entrons dans le temps de l’Avent. Et si c’était l’occasion de nous laisser surprendre par Dieu ? De le redécouvrir pour nous en émerveiller ? L’heure est venue de sortir de notre sommeille. Bien souvent nous nous endormons sur notre prétendue connaissance de Dieu, sur notre petite morale qui nous met à l’abri de tout changement et de toute incertitude. La nuit est proche. C’est celle où Dieu va venir sans faire de bruit. Dans notre nuit d’abondance où tant de lumière clinquante peuvent nous distraire, serons-nous reconnaitre cette petite lumière qui nous indique un berceau où toutes les naissances sont possibles. Alors prenons le chemin qui nous mène vers cette belle nuit où Dieu prend les traits du sourire du nourrisson pour nous dévoiler son vrai visage. Comme les bergers veillons car c’est à l’heur où nous n’y pensons pas que le prince de la Paix vient à notre rencontre pour nous offrir ce sourire qui ne coute rien mais qui fait tant de bien dans le cœur de celui qui l’accueille.

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 21:33

malade.gifUne main qui sert la mienne. Allongée sur son lit, ses yeux s’ouvrent. Un regard qui réclame un peu de lumière. Un regard où se lit la paix, qui veut voir, apercevoir Celui qui veut traverser avec elle. Il y a des passages qui nous dépouillent où la confiance s’invite. Cette main me réchauffe et m’intimide. Un immense mystère qui m’invite a resté au seuil. Je ne peux que m’approcher et offrir une présence qui nous accompagne jusqu’au bout. « Janine, par cette onction sainte, que le Seigneur, en sa grande bonté vous réconforte par la grâce de l’Esprit Saint ». La main veut s’agripper à cette main qui se veut instrument de Celui qui ouvre le passage. Le sourire apparait sur ce visage marqué par une vie de joies, de combats, d’amour, de hauts et de bas. Un sourire qui anime un visage ridé que le temps à façonné. Quelques mots murmurés s’échangent. Des mots qui ne pourront s’effacer en celui qui les reçoit. Un dernier souffle sans résistance. Me voici vaincu par tant de foi.

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 20:15

Toussaint

 

Jésus voit une foule. Qui sont-ils ces hommes, ces femmes et ces enfants ? Sont-ils si différents de nous ? Pourquoi venir vers cet homme ? Qu’a-t-il donc à offrir ? Il n’a pourtant pas de coffres d’or à ouvrir. Qu’a-t-il donc cet homme pour que des foules depuis plus de 2000 ans viennent vers lui ? Depuis l’origine l’homme aspire à l’amour vrai. Cette recherche se fait à pas hésitant, petit à petit. Et une question surgit alors en celui qui cherche. Qui nous fera voir l’amour véritable, l’amour gratuit qui se donne sans retenu, sans calcul ? Est il possible cet amour véritable tant recherché ? Un nom contient tout l’amour que l’on puisse recevoir, c’est celui du Père. Ce père qui ne veut rien garder, à tout donner à ce fils qu’il nous offre. Il y a-t-il plus grand amour que de donner son fils au monde, aux hommes ses enfants ? Quand Dieu aime, il ne calcule pas, il ne mesure pas. Son amour est sans limites. Il est l’amour véritable. Alors pourquoi chercher ailleurs ? Celui qui vient vers cet homme n’a plus faim, il est enfin rassasié. Dans ce chapitre dit du discours sur la Montagne, l’Evangéliste Saint Mathieu y inclut le récit de la multiplication des pains. Non seulement Jésus va annoncer la Parole de son Père mais il va nourrir cette foule. Ce qui importe pour Jésus c’est de donner un aliment à l’homme qui le fasse vivre et aimer durablement. Jésus n’est pas un homme de modes passagères. Sa parole traverse tous les âges sans prendre une ride car elle est vraie. Les saints sont de cette veine. Ils ne vieillissent jamais car ils ont laissé toute la place à Jésus et leur vie en a été un reflet. Ils se sont laissé saisir par cette parole dont nous avons un condensé à travers l’Evangile des Béatitudes. La vie chrétienne ce n’est pas de l’héroïsme, de la perfection. Michel Rondet, un Jésuite, nous invite à une attitude fondamentale pour notre vie chrétienne et notre sainteté personnelle. Dans son livre « Ecouter les mots de Dieu », il nous invite à passer d’une sainteté désirée à la pauvreté offerte. Il nous dit cela « Nous ne serons jamais le saint ou le juste, le bon chrétien, le bon prêtre, le bon religieux que nous avions rêvé d’être, mais nous pouvons devenir ce pauvre qui n’a plus à offrir à Dieu que ses mains vides. Alors tout devient possible. » Tout devient possible pour celui qui a un cœur de pauvre et qui découvre la gratuité absolue de l’amour de Dieu. La Sainteté ce n’est pas une somme d’efforts pour arriver à une perfection illusoire. Heureux celui qui a un cœur de pauvre qui sait qu’il a tout à recevoir de ce Père qui veut tout lui donner. Finalement la sainteté c’est ce laissé conduire comme l’enfant qui tient la main de ses parents. Il est sans crainte car il sait qu’ils l’aiment. Les enfants sont pour nous une belle parole que Dieu nous adresse alors instruisons à leur côtés. Ils nous enseigneront la simplicité, la joie toute simple celle qui ne se fabrique pas, l’émerveillement et quand les larmes  reviennent il se tourne vers papa ou maman pour être consolé. Le royaume des cieux n’appartient qu’a ceux qui leur ressemble nous dit Jésus. Alors qu’attendons-nous pour retrouver cet esprit d’enfance. Il ne s’agit pas de rester un enfant mais de vivre de cet esprit qui l’anime. C’est l’invitation de Saint Paul lorsqu’il nous dit « Mes bien aimés, voyez comme il est grand l’amour dont le Père nous a comblés : il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes. Voila pourquoi le monde ne peut pas nous connaître : puisqu’il n’a pas découvert Dieu ». Le monde ne peut pas nous connaître car nous ne correspondons pas à ses critère : la réussite à tout prix, le culte de la performance. Notre Dieu n’est pas dans la performance mais dans la fécondité. Alors n’ayons pas peur d’être des saints. La sainteté est offerte à celui qui accepte d’être un fils, une fille et de se laisser aimer par Celui qui l’a créé par amour. Prions tous les saints du ciel de nous révéler leur secret et de nous donner le goût de la sainteté. Dieu ne veut pas moins que la Sainteté pour notre vie, alors à la suite de millions et de millions d’hommes et de femmes prenons la route de la sainteté. N'ayons pas peur de venir vers Jésus et de lui ouvrir nos mains, il les remplira de son amour.


Michel RONDET, Ecouter les mots de Dieu, Bayard, 2001, p 193

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