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  • Christophe FEREY
  • Bonjour, je m'appelle Christophe, j'ai 34 ans et je suis  prêtre pour le diocèse de Coutances et Avranches depuis le 10 juin 2007. J'ai été ordoné par Mgr Stanislas LALANNE
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16 mars 2008 7 16 /03 /mars /2008 18:17
« Dieu m’a donné un langage d’homme qui se laisse instruire ». Et bien laissons nous instruire ce matin par Dieu. Il veut nous montrer son vrai visage. Le voici qu’il se présente à nous dans la nudité de celui qui a tout donné. Comment craindre désormais un Dieu qui accepte de se faire pour nous un esclave pour que nous devenions libre d’aimer comme il nous aime ? Les bras, étendus sur la croix, ne peuvent plus se fermer. Le Christ devient tout accueil. Il va jusqu'à accueillir, au plus profond de lui-même, nos doutes, notre désespérance, notre incroyance… « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonner ». Sur la Croix, Jésus vit toutes nos nuits de souffrances et de doutes. Il devient pour l’éternité frère de tous les hommes. C’est ce Dieu que nous sommes invité à suivre depuis notre baptême. Il nous invite à passer par cette mort qui nous fait quitter nos égoïsmes pour grandir dans l’accueil de l’autre. Et si durant cette semaine, nous portions dans la prière chacun de nos frères qui doutent, qui se pensent abandonner par Dieu ? Cette semaine nous sommes invité à veiller avec notre frère en croix pour qu’il nous apprenne le chemin de la vraie vie. Comme le centurion nous serons peut être saisis et nous nous exclamerons : « Vraiment, celui-ci était le Fils de Dieu ! »


CF 2008

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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 10:07

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    Cela faisait plusieurs mois que Pierre, Jacques et Jean suivaient Jésus. Ils l’avaient vus accomplir quelques miracles et entendu des discours qui parfois devaient leur paraître interminable. Ils étaient sans doute habités par la conviction que Jésus est un être d’exception. Un homme d’une profonde humanité. Encore aujourd’hui, nombre de nos contemporains sont sensibles au message humaniste de Jésus. Ils sont même admiratifs de son comportement vis-à-vis des hommes qu’il a rencontré. Jésus, pour beaucoup, continue d’offrir une belle philosophie de vie. J’espère aussi que nous tous qui sommes ici réunis dans cette église nous sommes séduits par cette facette de la vie de Jésus. Car celui qui ne perçoit pas la pleine humanité de Jésus ne peut percevoir le profond mystère de sa divinité.

      Pierre, Jacques et Jean ont du passer par cet aspect de la vie de Jésus pour découvrir encore plus profondément l’identité complète du Christ. Voici que Jésus les invite à la rencontre que le Père lui réserve. Après avoir annoncé qu’il devra souffrir et mourir à Jérusalem, le Christ offre à son cercle restreint d’amis de découvrir son vrai visage. Alors que de sombres nuages s’amoncelle à l’horizon, le ciel devient bleu en présence du Père. Il offre à ces trois disciples la Rencontre avec ceux qui ont été les fidèles prophètes de son amour. Les voici plongé au cœur du projet du Père : que tous les hommes le connaissent et se sachent aimés et sauvés. Face à une telle Révélation les trois disciples se retrouvent bouleversés et ne peuvent que se prosterner devant Celui qui est à l’origine de toute choses. Ils sont bouleversés car ils découvrent Dieu tel qu’il est. Ce Dieu qu’ils pensaient tout puissant, inaccessible et parfois colérique, justicier, se présente comme un Père qui dit à son Fils « Celui-ci est mon Fils bien aimé, en qui j’ai mis tout mon amour ». Dieu n’est pas ce Dieu solitaire qui manipulerai les hommes selon son bon vouloir, mais bien ce père qui nous a donné ce qu’il a de plus cher : son Fils. En Jésus, il s’est fait le tout proche en demeurant le tout autre. Notre Père nous donne un commandement : écouter son Fils. Ecoutons-le donc ! « RELVEVEZ VOUS ET N’AYEZ PAS PEUR ». Comment craindre, en effet, ce Dieu qui va jusqu'à nous laver les pieds, prendre la place de l’esclave pour que nous devenions libre ? C’est ce qu’a découvert Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de la Sainte Face lorsqu’elle écrit dans sa dernière lettre, adressée à un prêtre, un moi avant de mourir : « Je ne puis craindre un Dieu qui pour moi c’est fait si petit, je l’aime car il n’est qu’amour et miséricorde » (LT 266). Comment dès lors avoir peur ? Nous sommes invités a vivre vis-à-vis de Dieu une relation de confiance. Peu à peu nous sommes conviés a dire avec le psalmiste « mon âme est en moi comme un enfant, comme un petit enfant contre sa mère» (Ps 130, 2b). Cette relation doit transformer toute notre vie. Désormais nous savons que Dieu est à nos côtés et qu’il nous dit chaque jour « relève toi et n’aie pas peur ». En ce temps de carême nous avons a ré-accueillir au plus profond de notre cœur ces paroles du Christ. Ce que nous recevons de lui nous avons à le redonner à nos frères. Par notre regard, notre attention, nos gestes de partage nous avons a redire, de la part du Seigneur, à ceux que nous rencontrons « relève toi et n’aie pas peur ». C’est ce qu’a dit l’abbé Pierre à Georges Legay, premier compagnon d’Emmaüs. Alors qu’il voulait se suicider, l’abbé Pierre lui a dit qu’il avait besoin de lui et depuis il est resté à la communauté Emmaüs jusqu’à sa mort où il se sentait utile et reconnu.
 
     Dieu n’a pas voulu pour nous une vie de sédentaire mais une vie où nous marchons vers sa promesse de vie. Nous ne sommes pas les premiers à prendre ce chemin. Déjà Abraham l’a pris et a été comblé au-delà de ses espérances. Certes le chemin n’est pas toujours facile mais nous savons qu’au-delà des obstacles l’amour infini du Père nous attend. Alors n’ayons pas peur de prendre la route que nous propose le Seigneur. Elle conduit vers la vie.

CF2008
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11 février 2008 1 11 /02 /février /2008 10:07

« Combien plus, à cause de Jésus-Christ et de lui seul, régneront ils dans la vie, ceux qui reçoivent en plénitude le don de la grâce qui les rend justes. » Comment mesurer ce don qui nous est fait par notre Créateur ? Le carême est l’occasion pour chacun de reaccueillir ce « don gratuit » qu’est le Christ pour nous. A l’excès de mal qui s’abat sur notre monde, Dieu a répondu par « un excès d’Amour ». Au-delà de notre péché, c’est ce don que nous sommes invité à redécouvrir durant le carême. Nous avons entendu tout à l’heure la prière d’ouverture de la messe : « Accorde nous, Dieu tout puissant, tout au long de ce carême, de progresser dans la connaissance de Jésus-Christ… ». En 5 semaines nous allons aller à la rencontre de Celui qui est Don du Père pour que nous ayons la vie en abondance. Chaque jour, nous aurons rendez vous avec le Christ pour le connaître toujours d’avantage.

 

Aujourd’hui, nous le retrouvons au désert, habité par cette Parole immense du Père, accueillie au Jourdain, « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, celui qu'il m'a plu de choisir » (Mt 3, 17). Celui que le Père a choisi, pour nous révéler son Amour, n’est pas un surhomme mais un homme qui a choisi de devenir le frère de chaque homme. En demandant le baptême il affirme sa solidarité avec tous les pécheurs. Désormais aucun ne sera perdu. Le voici poussé par l’Esprit pour entrer dans le combat de Dieu contre le mal. Il va à la rencontre du pire ennemi de l’Amour. Ce combat de l’Amour sera un combat à mort. Le Christ va l’accepter au nom même de sa fidélité au Père et à ses frères les hommes. Désormais tout homme en Christ pourra devenir victorieux de celui qui veut nous séparer de Dieu. Le Christ rétabli ce qui avait été faussé par le tentateur de la Genèse. C’est dans ce combat que nous sommes invités a entré avec le Christ. Il ne va pas seul au combat. Il y es mené par l’Esprit Saint. Chaque jour comme le Christ, avec lui, nous sommes confronté à des choix de vie et de mort. La mort peut revêtir des apparences séduisantes. Tous, parfois, nous avons fait des choix qui nous conduisent à la tristesse alors que nous pensions qu’ils nous donneraient la joie. Cet évangile nous appelle à demander, à l’Esprit-Saint, d’éclairer nos choix afin qu’il soient vraiment porteurs de vie et qu’ils soient signe de l’amour dont nous sommes dépositaires et messager. Etre vivant pour un Chrétien c’est pouvoir être libre d’aimer à la manière de Dieu tel qu’il va nous le révéler durant ce temps de Carême. Le jour de notre baptême nous avons été libéré par le Christ de l’emprise du mal. Ce mal ne peut plus nous anéantir, car le Christ a reçu « tout pouvoir au Ciel et sur la Terre » (Mt 28, 18).

 

Ce matin reprenons conscience de ces paroles prononcées le jour de notre baptême par le prêtre ou le diacre : « Père tout-puissant, tu as envoyé ton Fils unique dans le monde pour délivrer l'homme, esclave du péché, et lui rendre la liberté propre à tes fils […] Nous t'en prions humblement : par la passion de ton Fils et sa résurrection, arrache-le au pouvoir des ténèbres ; donne-lui la force du Christ, et garde-le tout au long de sa vie ». Dans un peu moins d’un mois, Alexandre et Lucas, qui sont parmi nous, ainsi que 9 enfants entendront des paroles similaires dans cette église. Ils recevront cette force que Dieu nous donne pour être libre et sans entrave pour aimer toujours davantage en nous donnant jours après jours à nos frères. Alors n’ayons pas peurs… Osons, durant notre carême, demander à Dieu qu’il renouvelle la grâce qu’il nous a donné au baptême qui nous a fait enfant de Dieu. Nous goûterons alors la joie d’être libre et de régner sur nos vies.

 

Comme le psalmiste, faisons monter vers lui notre prière : « Rends-moi la joie d’être sauvé ; que l’esprit généreux me soutienne. Seigneur ouvre mes lèvres, et ma bouche annoncera ta louange » (Ps 50, 16-17).

CF 2008

Bd SESBOÜE, CROIRE, DROGUET ET ARDANT, 1999, P 198

Prière d’exorcisme et de délivrance du rituel du baptême des petits enfants

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2 février 2008 6 02 /02 /février /2008 18:56
Lorsque nous entendons la Parole de Dieu d’aujourd’hui, nous pourrions nous dire qu'il y a erreur de casting ! Est-ce que Dieu a choisi les bonnes personnes ? Je ne pense pas que Dieu serait un bon juré dans le jury de l’émission « la Nouvelle Star » de M6. Les critères de performance de Dieu ne semblent pas être tout à fait les mêmes que les nôtres ! Paul invite les chrétiens de Corinthe a poser un regard sur leur communauté. Il invite a faire ce constat : « Ce qu'il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi ». Dieu n'a pas choisi des personnes qui seraient parfaite ou puissantes pour témoigner de lui. C'est précisément dans la fragilité que Dieu se rend présent. Paul peut en témoigner. C'est quand il s'est retrouvé à terre, incapable de marcher, que le Christ lui est apparu. Dans l'obscure nuit qui l'étreint, il ne peut plus rien. C'est alors que le Seigneur va pouvoir agir. Paul ne peut s'en remettre qu'a d'autres pour retrouver les forces qui l'ont quitté. Il est invité à se laisser faire par Celui qui lui dira « Seule ma grâce te suffit ». Alors ce matin nous sommes invités à ne pas avoir peur de notre faiblesse. Il est vrai qu'aujourd'hui les chrétiens n’ont plus les moyens de paraîtrent, de faire des démonstrations de force. Plutôt que de nous lamenter d'être un petit troupeau, accueillons l'invitation du Seigneur relayée par le prophète Sophonie : « Israël, je ne laisserai subsister au milieu de toi qu'un peuple petit et pauvre, qui aura pour refuge le nom du Seigneur ». Aujourd'hui n'ayons pas peur ! Nous avons le Seigneur pour refuge. Il nous attend sur la montagne. Sommes nous prêts à l'écouter ? Son message nous invite à accueillir la préférence du Seigneur. Le préféré du Seigneur c'est celui qui a un coeur de pauvre, qui considère que sa seule vraie richesse c'est l'amour qu'il reçoit de son créateur et qu'il donne en retour. Le préféré du Seigneur c'est celui qui pleure en voyant pleurer son frère, qui est capable de de s'émouvoir du malheur de son frère et qui veut le consoler. Le préféré de Dieu c'est celui qui préfère la douceur à la violence. Dieu n'est pas du coté de la domination mais du coté de ceux qui souffrent et de ceux qui sont à leur côté pour les soulager. Loin d'être un texte qui invite au masochisme, le Sermon des Béatitudes nous invite au bonheur et en même temps il nous pose la question du sens de ce bonheur que tout homme recherche. Aujourd'hui il y a tant de bonheurs frelatés ! Combien de personnes recherchent le bonheur dans leur vie et finalement ressente de l'amertume au fond de leur coeur ? Ce bonheur proposé par le Christ ne prend pas le chemin de la facilité ou du plaisir éphémère. Ce bonheur proposé a le parfum de la durée. Cette invitation du Christ au bonheur nous pose une question : qu'est ce que je recherche en premier : mon propre bonheur ou le bonheur de l'autre ? Quand j'aime une personne, est ce que je recherche d'abord mon plaisir ou bien à rendre heureux cette personne ? Le bonheur chrétien n'est pas un bonheur narcissique qui nous repli sur nous mais au contraire un bonheur qui nous ouvre aux autres.  Ce bonheur est un chemin à vivre avec le Christ qui donne sans cesse sa vie pour ses amis. Le Christ ne nous donne pas de recette pour vivre heureux. Il nous indique une direction, une manière d’être. Chacun avec son histoire, son tempérament peut inscrire dans sa vie les Béatitudes. Dans son discours sur la montagne, le Christ a rejoint par sa parole des cœurs en attentes… Tous n’ont pas été touchés par l’ensemble des Béatitudes… Chacun à son chemin de bonheur proposé par Dieu. Pour certains il passera par la douceur, d’autres par la consolation pour consoler à son tour, d’autre par l’engagement au service de la justice… Ce matin, Dieu vient  nous rejoindre au cœur même de notre aspiration au bonheur. Nous sommes tous différents et unique et pourtant unis par cette même recherche du bonheur. Alors laissons retentir chacune de ces béatitudes et accueillons celle qui nous parlera pour qu’elle fasse son œuvre dans notre vie.

 

 

« Heureux les pauvres de cœur, le Royaume des cieux est à eux »

« Heureux les doux : ils obtiendront la terre promise »
« Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés »
« Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice : ils seront rassasiés »

« Heureux les miséricordieux : ils obtiendront miséricorde »

« Heureux les cœurs pures : ils verront Dieu !»

« Heureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu »

« Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : le Royaume des cieux est à eux »

CF 2007
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12 janvier 2008 6 12 /01 /janvier /2008 21:47

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« Jésus, arrivant de Galilée, parait sur les bords du Jourdain ». Un homme venant du carrefour des nations se rend sur le lieu de la libération ; un lieu tant rêvé par un Peuple qui marcha si longtemps pour être libre ; le lieu du Don sans mesure. Un lieu où il faut passer pour obtenir la terre promise : une terre d’abondance où la paix doit couler comme un fleuve. En Jésus, toute l’humanité se présente pour enfin passer vers la Terre Promise. Désormais, le Jourdain ne sera plus le passage. L’eau sortant du cœur transpercer du Christ deviendra l’eau du passage. Cette eau nous l’avons reçu au baptême. Avec le Christ toute l’humanité est rachetée. Comment comprendre que Jésus Fils de Dieu, Dieu lui-même, ait besoin d’un tel passage ? Et pourtant il l’empreinte pour que tout homme puisse à sa suite rencontrer le Père. Le Christ ne fait pas semblant d’être un homme. Il va jusqu'à assumer notre péché en demandant le baptême de conversion de Jean-Baptiste. Il se fait solidaire de tous les pécheurs pour qu’aucun ne soit perdu et que tous accèdent avec lui à la vie éternelle avec le Père. Désormais le passage n’est plus le Jourdain mais celui qui a accepté d’y baigner son corps pour nous. Le Christ devient alors le Chemin vers le Père, vers la terre promise.

Pourtant Jésus est homme. Comme tout homme il est en recherche d’amour. Il a besoin d’amitié et de confiance pour vivre sa mission. Le voici sorti de sa quiétude Galiléenne. Il se sent pousser par une appel inouï : annoncer que le Règne de Dieu est advenu. Lui le Galiléen est appelé a révéler le Dieu trois fois saint. Comment cet homme peut il se lancer dans une telle aventure qui le mènera jusqu’au gibet ? Qu’est ce qui va le pousser toujours plus loin dans sa folie d’amour pour son père et les hommes ? Il sort de l’eau, cette eau si dangereuse, meurtrière, et les cieux s’ouvrent. Eux qui était depuis si longtemps fermés. Un espace devient possible pour la Parole. Soudain une Voix vient transpercer le cœur de celui qui a traversé les eaux. « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j’ai mis tout mon amour ». Ces Paroles, comment ne peuvent elles pas transpercer un cœur qui a soif d’aimer ? Elles nous révèlent un Père fou d’amour pour son Fils. Ce Fils ne pourra que donner en retour ce qu’il a reçu depuis toujours : l’Amour, le don de soit pour l’autre. Dans le Christ nous pouvons alors voir Dieu le Père puisque le Fils, par son Amour, est reflet du Père. Le Père n’est pas seulement celui qui a créé mais il est celui qui a reconnu en cet homme son Fils. Il le reconnaît car en Jésus il n’y a pas autre chose que l’Amour. Il en va ainsi d’une véritable paternité. Il ne s’agit pas seulement de concevoir un enfant. Etre Père c’est reconnaître celui qui vient de moi. C’est lui permettre de grandir. En reconnaissant son enfant, le père lui dit : tu existe pour moi et tu as du prix à mes yeux. Etre père c’est permettre la naissance de ce qui doit naître chez l’enfant, l’adolescent et l’adulte. Tout homme, même célibataire, peut alors exercer une forme de paternité lorsqu’il se met au service de l’accroissement de la vie de ses frères. Comment ne pas penser par exemple à la paternité de l’Abbé Pierre qui redonna vie à ses frères blessés ou bien à tous ces éducateurs qui accompagnent tant de jeunes dans leur croissance et les aide à devenir des adultes qui assument leur vie. C’est de cette paternité que le Christ va vivre. Tout au long de sa mission il va être accompagné et guider par ces Paroles « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j’ai mis tout mon amour». Le jour de notre baptême le Père à prononcé ces parole car il nous a reconnu comme frère de son Fils et donc comme son enfant bien aimé. Que ces paroles puissent nous accompagner tout au long de notre vie et que celle-ci soit un reflet ce Celui qui nous a donné son Esprit. Cet Esprit nous institue messager de la de la Bonne Nouvelle. Il fait de nous un élu en qui il a mis toute sa joie. Alors rayonnons ce cette joie et soyons pour nos frères des passages vers la vraie vie.

CF 2007
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30 décembre 2007 7 30 /12 /décembre /2007 10:32

            La fête de la sainte famille nous plonge dans l’intimité et la banalité d’une famille de Nazareth. Les évangiles sont muets sur cette période de la vie de Jésus. Pourtant elle fut sans doute essentielle. Jésus comme tous les enfants à du apprendre à grandir. L’amour de ses parents a sans doute été pour lui un reflet de l’Amour de Dieu son Père. Il a grandit au milieu de parents ouvert à l’appel de l’Esprit, prêts à partir pour l’inconnu. Etre parents aujourd’hui c’est aussi partir vers un inconnu. Comme pour Jean-Baptiste on peut se demander « que deviendra cet enfant ? » La famille n’est pas seulement le lieu de la subsistance. Elle est d’abord le lieu où chacun apprend à se construire et à devenir lui-même. Le Christ a du passer par un lent apprentissage pour devenir cet homme qui se présente au baptême de Jean-Baptiste. L’Eglise à récemment réaffirmer l’importance de la famille pour l’épanouissement humain. Le cardinal Ricard, lors de l’Assemblée plénière des présidents des assemblées épiscopales à Fatima au moi d’Octobre dernier, disait ceci « « Il faut aider la famille à devenir ce qu’elle est : une petite Eglise domestique, un lieu où on apprend à être aimé et à aimer, à vivre la communion dans la différence, à s’initier à l’expérience de foi avec tout ce que cela comporte. ». Cet idéal est traduit dans la lettre que Paul adresse au Colossiens « revêtez votre cœur de tendresse et de bonté, d’humilité, de douceur, de patience. Supportez vous mutuellement, et pardonnez si vous avez des reproches à vous faire. Agissez comme le Seigneur : il vous a pardonné, faites de même. Par-dessus tout qu’il y est l’amour. » (1C 3, 12-13). La famille est le premier lieu où nous faisons l’apprentissage de notre humanité. Paul pointe une condition indispensable pour cet apprentissage : l’Amour qui n’est possible qu’avec le pardon. Sans pardon l’amour est impossible. Il ne s’agit pas d’un pardon « à la petite semaine » mais d’un pardon dans la vérité. Ce pardon n’occulte pas les blessures ni les fautes mais il permet à celui qui a chuté de se relever et de grandir. Plus nous grandissons dans l’Amour et plus nous grandissons dans la vérité. Cette vérité doit me rendre libre puisqu’elle me révèle peu à peu tel que je suis. Nous pouvons nous demander ce matin dans quelle mesure nos familles sont des lieux où chacun, en particulier les enfants et les jeunes, peuvent grandir en liberté ? Etre libre ce n’est pas aller au grès de ses envies. Il s’agit de poser des choix qui vont m’humaniser. Les parents deviennent alors les serviteurs de la liberté de leur enfants, adultes en devenir. Parfois, servir la liberté d’un enfant, c’est savoir lui dire non et lui expliquer pourquoi on refuse certaines demandes. Aujourd’hui il y a un vrai défit pour nos jeunes. Ils sont confronté plus que jamais à cette interpellation de Dieu que nous lisons dans le Deutéronome « Vois: je mets aujourd'hui devant toi la vie et le bonheur, la mort et le malheur [...] Choisi donc la vie » (Dt 30, 15.19). Dieu a créé l’homme libre. Cette liberté n’est pas sans risques. Alors n’hésitons pas à éduquer à la responsabilité et à aider nos enfants et nos jeunes à assumer jusqu’au bout leur choix dans la durée. Parfois il peut être bon de les aider à persévérer dans le choix d’une activité qu’ils ont choisi et qui dure tout au long de l’année. Il en va de même pour le catéchisme. Faire ce choix pour des parents, c’est permettre à l’enfant de découvrir ce qu’il a reçu le jour de son baptême et lui permettre un jour de choisir. Eveiller un jeune à la liberté c’est l’aider à sortir de l’indécision ambiante. Eduquer à la liberté c’est aussi aider un jeune à sortir du carcan du groupe et à oser refuser certaines pratiques qui vont le fragiliser. Comment ne pas souffrir de voir tant de jeunes sombrer dans une consommation excessive d’alcool parce qu’ils sont entraînés par un groupe ou par la mentalité ambiante ? Beaucoup de jeunes n’osent pas refuser car ils ont peur d’être jugé et d’être rejeté par le groupe. La famille est le lieu essentiel où chacun doit être reconnu et aimer pour ce qu’il est. Les enfants et les jeunes y puiseront alors des fondations pour leur vie d’adulte en ayant apprit la confiance et le respect de chacun comme l’évoque la première lecture.

 
 
 

            Chacune de nos familles peuvent devenir une « Sainte Famille » dans lesquelles chaque membre est perçu comme un don pour chacun. Que le Seigneur ce matin affermisse l’unité de nos familles et face régner en nos cœurs sa paix afin de former avec Lui un seul corps.

CF2007
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25 décembre 2007 2 25 /12 /décembre /2007 10:18

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          Alors que la fête bas son plein, qu’une pluie de cadeaux et de victuailles se répand dans nos maisons ; il y a cet enfant posé dans une mangeoire, couché sur de la paille. Le Christ s’invite chez nous. Allons nous le reconnaître ? « Il était dans le monde, lui par qui le monde s’était fait, mais le monde ne l’a pas reconnu ». Comment le monde aurait-il pu le reconnaître ? Lui qui veut du clinquant, de la paillette. Il en est réduit à ne pas voir ce qui prend naissance. Dieu ne vient pas au monde dans l’éclat mais dans l’humble condition humaine. En devenant homme, Dieu sacralise l’être humain. Plus qu’une créature, l’homme est élevé au rang de Fils. Dès lors il n’y a plus qu’un absolus : l’homme lui-même. Cela doit nous faire réfléchir sur le sens même de la vie humaine. Dans mes choix personnels, qu’est ce que je met en premier ? Ma vie professionnelle ou ma vie de famille ? La rentabilité, l’enrichissement ou mon épanouissement et celui des personnes avec qui je vis ? Suis-je prêt à employer tous les moyens pour arriver à mes fins quitte à éliminer ceux qui se mettraient en travers de mon chemin ? Dans un monde de compétition, l’enfant de la crèche vient nous rappeler que le seul bien de l’homme est l’accueille de l’autre. Celui qui est touché par le mystère de Noël ne peut être qu’un homme ou une femme porteur de vie comme le fut l’enfant de Bethléem. Nous avons à devenir à la suite du Christ les heureux messagers d’une nouvelle de bonté radicale. Le Christ, le Verbe de Dieu nous as annoncer cette nouvelle de bonté radical : Dieu est un Père pour tout homme et veut le sauver. Nous avons à redécouvrir la joie d’annoncer aux hommes cette Bonne Nouvelle qui nous habite. La foi grandi dans la mesure où nous l’annonçons. Nous sommes parfois timides, nous n’osons pas dire cette nouvelle. Pourtant la première lecture nous montre le messager courir sur les montagnes. Il est habité par l’assurance que le Seigneur a préparé le chemin. Comme Marie nous sommes invité à faire confiance à l’Esprit Saint pour qu’il prépare les cœurs de ceux qui accueilleront cette bonne nouvelle. Cette Bonne Nouvelle transforme bien des vies. Les baptisés de notre paroisse de l’année dernière sont pour nous des signe que la lumière de Dieu brille dans ce monde même si peut de personne la voient. Cette lumière est maintenant dans leur cœur et ils continuent à se réunir pour la plus grande joie de ceux qui les ont accompagné. Nous ne pourrons être les heureux messager de cette Bonne Nouvelle si elle n’est pas pour nous même une bonne nouvelle. Il faut accepter soit même de se laisser évangéliser par cet enfant de la Crèche qui nous rappel que la faiblesse est le lieu où Dieu peut agir. Nous ne pouvons plus avoir peur de notre propre faiblesse, car à Noël, Dieu redonne toute sa dignité à ce qui est petit, à ce qui est sans défense. Ce laisser évangéliser par cet enfant, c’est finalement s’accueillir tel que nous sommes et non tel que nous voudrions être. Dieu n’a pas craint de prendre notre fragilité humaine alors pourquoi ne pas accueillir notre propre faiblesse ? Nous grandirons alors en humanité et nous pourrons poser un regard d’amour sur tout homme conscient de nos propres limites. 
 

            La fête de Noël vient restaurer en nous cet esprit d’enfance qui nous manque tant. Aujourd’hui prenons le temps de nous laisser émerveiller par cet enfant de la Crèche. Qu’il puisse nous redonner son regard d’innocence, pour que nous puissions redécouvrir en profondeur le bonheur d’être aimer tout simplement. A Noël, nous fêtons une naissance qui permet d’autres naissances en nous. Alors ce matin laissons Dieu prendre naissance en nous pour que sa vie surabonde en nos vies.

 
CF 2007
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23 décembre 2007 7 23 /12 /décembre /2007 18:59

         La liturgie d’aujourd’hui nous permet de contempler une belle figure de croyant : Joseph, cet homme juste. Joseph est Juste car il observe la Loi de Dieu sans qu’elle ne devienne mortifère pour ses frères. Joseph va appliquer la Loi de Moïse, celle qu’il a reçu de ses pères sans que Marie en soit victime. Pour Joseph, la Loi est d’abord un instrument au service de la vie. Qui se met à l’école de Joseph devient serviteur de la Loi, celle de l’Amour qui relève l’homme blessé et le remet sur le chemin. C’est cette même Loi, qui depuis Jésus-Christ, révèle à l’homme sa véritable identité : celle d’être un fils. Le Juste n’est pas aveugle devant les agissements de son frère mais il est celui qui essaie fidèlement d’obéir à Dieu qui n’a d’autre volonté que la vie de ses enfants. Joseph est celui qui se laisse interpeller et remettre en cause par le Seigneur. Alors qu’il a « formé ce projet », voilà que survient un envoyé de Dieu. Joseph ne parle pas, il écoute. Il se laisse instruire par Celui qui est l’auteur de la Loi. Cette Loi n’est pas édictée par celui qui en vit mais par celui qui donne la Vie. Acceptons-nous qu’un Autre puisse guider notre vie pour quelle deviennent vraiment porteuse de vie ? Etre à l’école de Joseph, c’est être ouvert à l’inattendu de Dieu qui surgit lorsque l’on ne l’attend pas. Des juifs se demanderont « Que peu- il sortir de bon de Nazareth ?». Et pourtant, de Nazareth sortira l’inouï de la raison humaine : Dieu qui se fait homme et qui demeure parmi nous. Avec Joseph, nous sommes invités à accepter que Dieu soit le guide de nos vies pour en faire une réponse d’amour à nos frères. Joseph, tu es celui qui accueille Marie chez toi. Par Marie, tu vas laisser le Seigneur habiter chez toi pour qu’il en face sa maison. Comme Joseph ou st Jean, n’ayons crainte d’accueillir Marie, c’est le plus sûr chemin pour accueillir Jésus comme il souhaite être accueilli.

 

         Joseph, tu n’a pas crains de répondre à l’appel de Dieu, à aller au-delà des apparences. Apprends nous à être vraiment libres. Aujourd’hui, être chrétien s’est poser un choix libre qui va à l’encontre de la mentalité ambiante. Combien de fois sommes-nous interpellés voir moqués lorsque nous affirmons notre foi ? Et pourtant, notre foi chrétienne révèle notre liberté puisqu’il s’agit pour nous de choisir ce qui nous semble le plus fondamental : l’Amour désintéressé d’un Dieu qui veux faire de nous ses enfants. Une telle foi doit nous conduire à l’accueille inconditionnel de toute homme. Je reconnais en toute personne un frère ou une sœur non pas parce que j’ai des affinités avec elle mais parce que je reconnais en elle l’image de Dieu. Cet accueil, Dieu est venu le chercher chez les hommes. Il y a rencontré le des hommes et des femmes qui lui ont dit oui. Ce oui n’a pas été le fruit d’un hasard. Ce oui est le fruit de libertés qui ont osé croire que la destinée humaine n’est pas la mort mais la vie. Les oui de Marie et de Joseph ont ouvert le champ des possibles pour les croyants. Désormais nous pouvons à notre tour dire oui à Dieu jours après jours. Soyons sur d’une chose : nous sommes solidaires les uns des autres dans notre réponse au Seigneur. De notre oui à Dieu dépends l’affermissement du oui des autres croyants. Ensemble nous formons ce Peuple qui réaffirme dans la foi qu’un Dieu existe et qu’il s’est fait l’un de nous pour révéler qui il est : un Père qui aime des enfant au point de ce donner lui-même pour eux.

 

         Joseph, Fils de David, heureux es tu, toi qui donne le Nom de l’enfant à naître : Jésus « Dieu sauve ». C’est cet enfant que nous accueillerons lundi soir.

CF 2007

 
 
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8 décembre 2007 6 08 /12 /décembre /2007 22:17

Dimanche dernier, le Seigneur nous invitait à veiller. Veiller c’est tenir dans l’attente, dans le désir de la venue de l’être aimé. C’est aussi apprendre à distinguer les signes de sa venue, de sa présence. Peut être cette semaine avons-nous scruté des signe de la présence de Dieu dans nos vies et dans celle de nos frères. Ce signe de la venue du Christ nous est donné à travers la première lecture. « Le loup habitera avec l’Agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceaux serons nourris ensemble, un petit garçon les conduira ». Cette utopie est choisie par le prophète Isaïe pour nous parler de la venue du Christ. Cette venue doit concilier l’inconciliable et réconcilier des ennemis à jamais fâchés. Ce jour est venu et beaucoup ne l’on pas reconnu. Et pourtant, des hommes et des femmes qui n’aurai jamais dû se rencontrer et vivre ensemble, se sont accueillis mutuellement car il se sont découvert frères et sœurs, fils et filles d’un même père. Ils ont découvert qu’il n’y avait plus d’esclaves ni d’hommes libre mais des hommes et des femmes rachetées par l’Amour du Christ.

 

            Aujourd’hui Jean-Baptiste nous lance cet appel : « Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route ». Ce chemin passe par notre cœur. Depuis notre baptême et notre confirmation le Seigneur habite en notre cœur. Où en sommes nous ? Lui laissons nous suffisamment de place pour qu’il puisse y habiter pleinement ? La conversion ce n’est pas simplement une masse d’efforts pour arriver au sommet d’une montagne. C’est d’abord se laisser faire par Dieu à travers sa Parole et son Amour. C’est accepter que le silence s’installe en notre vie pour laisser un espace de Parole pour l’Autre. Notre vie est tellement remplie de bruits et de mouvements ! Et si cette semaine nous nous ménagions des temps pour Dieu ? Nous ferons peut être l’expérience de Marie Madeleine au matin de Pâque. Nous entendrons peut être le Seigneur nous appeler par notre nom et comme Marie-Madeleine nous nous retournerons vers Celui qui a donné sa vie pour nous. Nous pourrons alors vivre un véritable cœur à cœur avec le Christ. IL pourra peu à peu nous transformer. Il visitera tous nos désirs d’amour qui ne sont pas encore ajustés à son Amour. Il nous fera monter sur la montagne, non pas par un effort solitaire mais par sa présence qui permet de tout passer. Il ouvrira des passages dans notre vie pour nous conduire jusqu’en sa demeure. Cette demeure nous la découvrirons lors de la nuit de Noël. Sa demeure elle est chez nous, en nous.  Ouvrons grandes les portes de notre cœur. Nous découvrirons alors que l’accueil est infini puisque nous accueillons Dieu lui-même. Oserons nous un tel accueil ? Si nous l’osons notre regard se transformera. Nous répondrons à l’invitation de Paul « Accueillez-vous les uns les autres comme le Christ vous a accueilli ». Cet accueil au nom du Christ peut aller loin. Essayons à notre mesure de recevoir chacune des personnes avec qui nous vivons comme des frères et sœurs. Dieu a ce pouvoir de transformer toutes nos relations en relation fraternelle où chacun est reconu pour ce qu'il est réellement.

 
 
 
            Nous avons été baptisés dans l’Esprit et le feu. Laisserons nous le feu prendre en nous ? Ce feu ne peut s’éteindre même lorsqu’il n’y a plus que de maigres charbons à peine fumants. Alors demandons à l’Esprit de souffler à pleins poumons en notre cœur afin que ce cœur puisse brûler d’amour. Notre vie sera alors un foyer où chacun pourra venir se réchauffer et trouver le réconfort dont il a besoin.

 

CF 2007
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2 novembre 2007 5 02 /11 /novembre /2007 17:46

Sans doute avons-nous vécus notre pèlerinage sur les tombes de nos familles, de nos amis. Nous avons, comme nous indique l’intitulé de notre célébration : commémoré nos défunts. A cette occasion nous nous sommes souvenus de ce qu’ils furent pour nous et pour Dieu. Cette démarche à sans doute entraîné des questions sur le sens de la vie et de notre destinée. Face à ces interrogations que provoque la mort, l’homme n’a jamais cessé de se révolter face à une telle issue. Nous savons bien ce que provoque en nos vies la perte d’un être cher. Souvent nous pressentons que notre relation avec celui qui vient de mourir ne peut se terminer aussi brutalement. Le concile Vatican II nous le redis avec force : « C'est en face de la mort que l'énigme de la condition humaine atteint son sommet. L'homme n'est pas seulement tourmenté par la souffrance et la déchéance progressive de son corps, mais plus encore, par la peur d'une destruction définitive. Et c'est par une inspiration juste de son coeur qu'il rejette et refuse cette ruine totale et ce définitif échec de sa personne. Le germe d'éternité qu'il porte en lui, irréductible à la seule matière, s'insurge contre la mort. Toutes les tentatives de la technique, si utiles qu'elles soient, sont impuissantes à calmer son anxiété: car le prolongement de la vie que la biologie procure ne peut satisfaire ce désir d'une vie ultérieure, invinciblement ancré dans son coeur. » (GS, N°18).

 
 
 

            Ce désir d’éternité, le Christ le porte en lui-même. Il se fera notre porte parole lorsque lui-même aura rendez vous avec la mort : « Mon Mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? ». Ce cri sur la croix contient toutes nos incompréhensions face à la mort. Dieu prend au sérieux notre condition humaine, en Jésus il a vécu tout ce qu’un homme peut vivre sauf le péché. Le Christ en traversant la mort permet qu’elle soit traversée par tout homme qui accepte de prendre sa main. « Tous ceux que le Père me donne viendront à moi ; et celui qui vient à moi, je ne vais pas le jeter dehors » (Jn 6, 37). Dieu n’est pas ce juge implacable tel qu’il fut parfois présenté par des théologies déviantes. Sa justice sauve et ouvre les portes de la vraie vie. Le Christ nous rappel ce soir l’unique but que recherche Dieu : « Or, la volonté du Père qui m’a envoyé, c’est que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés, mais que je les ressuscite tous au dernier jour. Car la volonté de mon Père, c’est que tout homme qui voit le Fils et croit en lui obtienne la vie éternelle » (Jn, 6, 39-40). Comment dès lors avoir peur du jugement, d’un Dieu qui n’a d’autre but que de nous sauver ? Dieu ne se lasse jamais de nous offrir son salut même lorsque nous nous éloignons de lui. Le concile Vatican II le rappel à nouveau « En effet, puis que le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit-Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’être associés au mystère pascal » (GS n°22).

 
 
 
            Forts de cette foi, nous ne nous enfermons pas dans la nostalgie et les regrets lorsque nous commérons les fidèles défunts. Cette célébration nous oriente vers notre propre avenir. Nous accueillons alors les paroles de saint-Paul : « nul ne vit pour lui-même ». Depuis notre baptême nous vivons avec le Christ. Vivre de l’espérance en la Résurrection, doit nous faire choisir la vie. Tous nos choix doivent être guidés par le désir de transmettre la vie que nous avons reçu au baptême par notre communion à la mort et à la Résurrection du Christ. Déjà la résurrection est à l’œuvre dans nos vies de baptisés. Notre vie n’est plus à nous même mais au Christ. Concrètement c’est en nous livrant toujours d’avantage à l’amour du Christ que nous pourrons redire par notre vie que la mort n’est pas la fin de notre existence. Que nos frères défunts prient pour nous afin que nous puissions avec le Christ devenir des passeurs de vie pour nos frères qui recherche le bonheur et la vrai vie.

 

 
AMEN
Références bibliques Lm 3, 17-26  Ps  Rm 14, 7-9.10b-12  Jn 6, 37-40
CF 2007
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