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  • Christophe FEREY
  • Bonjour, je m'appelle Christophe, j'ai 34 ans et je suis  prêtre pour le diocèse de Coutances et Avranches depuis le 10 juin 2007. J'ai été ordoné par Mgr Stanislas LALANNE
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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 10:16

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Saint Luc prend soin de donner des détails historiques à son récit. Nous savons qui est l’empereur, le gouverneur, le grand prêtre qui règne et officie. Jean-Baptiste et Jésus sont situés dans une histoire, dans un contexte. Nous ne mettons pas notre fois dans un vain mythe ou une légende merveilleuse. Nous mettons notre fois en un homme qui est né, qui a vécu plus de trente ans sur cette terre Palestinienne si disputée aujourd’hui. Un homme qui n’a pas échappé à la mort. Cet homme, bien des prophètes l’ont annoncé. Son histoire prend racine dans une longue attente, tantôt confiante, tantôt impatiente. Dieu va-t-il tenir parole ? Notre Sauveur va-t-il venir un jour ? Jean-Baptiste cris dans le désert. La parole qui l’habite ne peut pas être contenue par sa seule personne. Elle a besoin d’être criée, d’être partagée. Jean-Baptiste est habité par un feu, le feu de Dieu, qui ne s’éteint jamais en celui qui l’a laissé prendre en lui. Comme ce feu nouveau que nous allumons à chaque veillé pascale. « Dans nos obscurités allume le feu qui ne s’éteint jamais ». Cette parole est capable de germer dans le désert. C’est l’expérience que vit Jean-Baptiste dans l’Evangile. « la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean ». Ce qu’a vécu Jean nous le visons nous aussi aujourd’hui. En ce début de XXIème siècle nous vivons dans une sorte de désert spirituel. Ceux qui cri le plus fort sont entendu et malheureusement ce sont souvent les extrémistes ou les sectes. Plus que jamais la Parole de Dieu a besoin d’être audible dans notre monde d’aujourd’hui. Soyons attentif à l’accueillir pour nous même, à la fréquenter assidument et à demander à l’Esprit Saint reçu le jour de notre confirmation de nous éclairer. Sachons trouver un vocabulaire qui traduise correctement notre foi. Découvrons la grammaire de Dieu pour parler à nos contemporains par nos gestes et nos paroles. Benoît XVI ne cesse de nous exhorter à  nourrir notre relation avec le Seigneur pour toujours mieux l’annoncer à notre monde aimé de Dieu. Lors de l’audience générale qu’il accordait aux pèlerins à Rome le 28 novembre, voici ce qu’il disait : « parler de Dieu exige une familiarité avec Jésus et son Evangile, suppose notre connaissance personnelle et réelle de Dieu et une forte passion pour son projet de salut, sans céder à la tentation du succès, mais en suivant la méthode de Dieu lui-même. La méthode de Dieu est celle de l'humilité - Dieu se fait l'un de nous - c'est la méthode réalisée dans l'Incarnation dans la maison simple de Nazareth et dans la grotte de Bethléem, celle de la parabole du grain de sénevé. Il ne faut pas craindre l'humilité des petits pas et avoir confiance dans le levain qui pénètre dans la pâte et lentement la fait croître (cf. Mt 13, 33). Pour parler de Dieu, dans l'œuvre d'évangélisation, sous la conduite de l'Esprit Saint, il est nécessaire de retrouver la simplicité, de revenir à l'essentiel de l'annonce: la Bonne Nouvelle d'un Dieu qui est réel et concret, un Dieu qui s'intéresse à nous, un Dieu-Amour qui se fait proche de nous en Jésus Christ jusqu'à la Croix et qui dans la Résurrection nous donne l'espérance et nous ouvre à une vie et qui n'a pas de fin, la vie éternelle, la vraie vie. » Ne laissons pas les sectes ou les extrémistes s’emparer du champ religieux. Sans nous imposer nous avons à temps et à contre temps la responsabilité du confirmé à vivre. Cette responsabilité c’est d’être un témoin du Christ ressuscité qui se manifestera dans quelques jours sous les traits d’un enfant. Demandons au Seigneur qu’il nous aide à abaisser les montagnes de notre cœur qui entravent notre marche à la suite de Jésus. N’ayons pas peur d’emprunter les chemins d’humilité de Jésus, c’est sur ce chemin qu’il nous attend. Ayons dans notre cœur la joie des humbles qui poussa Marie à offrir son beau cantique d’action de grâce. Seigneur tu nous offre cette année de la foi. Donnes à chacun de nous le désir de mieux te connaitre pour toujours mieux t’annoncer.

 

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 10:12

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Alors que nous sommes dans les derniers jours de notre année liturgique, la fête de la Toussaint nous entrouvre le ciel. Ce ciel, cette patrie où chacun peut être un citoyen s’il accueille l’Esprit de celui qui en est le roi. « J’ai vu un ange qui montait du coté où le soleil se lève ». Cet ange est envoyé par Dieu pour interrompre la destruction de ce monde. Dieu est fondamentalement dans le parti de la vie. Jamais il ne se décourage malgré les apparences. Aucune puissance ne peut venir à bout de ce désir de vie de Dieu. Non seulement il est vie mais il veut la communiquer à ses enfants. La voici la grandeur de notre Dieu. Offrir sa vie pour que celui qui la reçoit puisse en vivre pleinement.  La fête de la Toussaint est finalement la fête de la vie reçue et donnée. Une vie inspirée par l’Esprit de celui qui en est le créateur. Une vie qui sent bon l’amour reçu et donné. Une vie que partagent les saints, ces personnes qui sont conviés à la table du maître de la vie. Ils sont nombreux, innombrables tous ces bienheureux qui partagent la Gloire de Dieu. Ils s’écrient d’un même cœur « « Amen ! Louange, gloire, sagesse et action de grâce, honneur, puissance et force à notre Dieu, pour les siècles des siècles ! Amen ! » Comment ne pas louer Dieu lorsque nous contemplons son vrai visage qu’il nous a offert en Jésus ? Cet homme qui est “passé en faisant le bien”. N’attendons pas une hypothétique perfection humaine pour accueillir cet homme, cet ami, ce Sauveur dans notre vie. Inviter Jésus à la table de notre vie, c’est lui permettre de nous transformer. Pas du jour au lendemain mais pas après pas. L’amour ne se satisfait pas de l’instant. Il se vit dans la durée, au-delà de l’urgence. Dieu à tout son temps car il n’a pas de temps. Son rythme est le notre.  Etre saint c’est se laisser conduire par l’Esprit du Christ qui veut nous mener au Père. C’est une logique de mise en route. Un chemin s’ouvre devant nous et nous savons que sur ce chemin il y à Dieu qui nous accompagne. Parfois c’est le brouillard, parfois la pente est raide. N’ayons pas peur car Jésus à tout traverser pour nous mener à son Père. La souffrance, l’angoisse, la mort, la joie, la paix. Avec lui nous pouvons tout traverser. Nous le pouvons car nous ne sommes pas seuls. La solitude et la peur paralysante sont nos pires ennemis.

Regarder vers le ciel, cette patrie promise, ne nous évade pas de notre quotidien. Au contraire il nous apparaît plus urgent que jamais de vivre de ce ciel aujourd’hui et pas demain. L’Evangile des Béatitudes est là pour nous le rappeler. La sainteté, la foi, ne sont pas un refuge doré. Au contraire c’est une invitation permanente pour le croyant à se laisser transformer et à vivre des relations pétries d’Evangile. C’est la clef du bonheur. Jésus ne nous donne pas de recettes. Le bonheur c’est un don à partager avec les autres. Prenons garde à ce que notre vie n’est pas un arrière gout d’égoïsme et de vide à force de trop se regarder dans le miroir de son apparente réussite ou notoriété, de sa richesse bien précaire. Osons accueillir les 9 invitations du Christ : heureux ! Heureux serez vous si vous accueillez l’autre, si vous lui laisser une place dans votre vie. Oser la douceur, la justice… Chemin qui peut paraître utopique. C’est pourtant ce chemin que le Christ à suivi et c’est par lui qu’il a sauvé le Monde et qu’il peut nous donner la vie. Alors ce matin quel chemin ais-je envie de prendre ? La sainteté ce n’est pas un ouvrage préfabriqué. C’est d’abord une réponse libre et aimante à un Dieu qui veut nous donner sa vie à partager. Ils sont nombreux, innombrables les saints autour de nous. Savons-nous les reconnaitre ? Laissons les mots de Charles Singer nous interpeller : « Les saints ne font rien de particulier ou d’extraordinaire pour attirer les regards. Il faut être attentif pour les découvrir. Quand ils sont là, il y a du respect dans l’air, de la tolérance,  de l’amour et une autre tournure des esprits et des cœurs… Une autre lumière. Une joie et une espérance qui viennent de l’Evangile. Ils ne se cachent pas. Ils n’ont pas honte mais ils sont discrets car ils savent que les grandes moissons germent dans l’obscurité de la terre et que les grandes récoltes se préparent dans les profondeurs. Ils sont présents, discrets et humbles, comme le levain. Ils font bouger le monde. Ils existent. Il suffit d’être attentif et on les voit, nombreux, dans les lieux de chaque jour. D’ailleurs, au milieu de la foule indifférente, tu es peut-être de ceux-là ?... » 

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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 20:23

Une sourde inquiétude grandie chez les disciples de Jésus. Qu’allons-nous devenir ? Pourquoi le suivons-nous ? Nous ressemblons à des vagabonds. Qu’a-t-il à nous apporter cet homme qui est arrivé un jour dans notre vie pour nous demander de le suivre. La vie nous semblait si fade autrefois que nous nous étions pris à rêver. Plus le temps passe et plus nous nous apercevons que nous ne tirons pas de profits sonnants et trébuchants de notre vie de disciple. Mais qui est-il cet homme pour nous avoir convaincus d’aller dans cette galère ? Jésus ne cesse de rendre perplexes ceux qui croient en lui. Il nous déroute car il est Dieu. En Jésus, Dieu à pris visage humain. Un visage qui refuse la dureté, la compétition pour être le meilleur et écraser ceux qui ne peuvent pas suivre. Avec Jésus il n’y a pas de place à prendre. Il n’y a que le service à remplir fidèlement dans la prière, le souci du frère et en particulier le plus fragile. Dans la rencontre régulière du Seigneur présent en ce monde, si souvent caché mais qui veut bien se révéler si j’accepte de quitter un peu mon désir de puissance. Nous comprenons alors mieux la place essentielle des sacrements pour rencontrer Dieu tel qu’il est et non comme nous l’imaginons bien souvent. Le sacrement de baptême qui nous rappelle que Dieu nous invite à vivre unis toujours d’avantage à son Fils qu’il nous a donné pour toujours. Le Christ qui veut être le fondement de notre vie. Une vie de roi, de serviteur, de prophète qui annonce que Dieu aime l’homme et qu’il est un être de bonté, un prêtre qui est médiateur entre l’homme et Dieu. Nous aussi nous avons en Lui avec lui et par lui à être ces médiateurs permettant à Dieu d’être reconnu et aimé. Le sacrement de la confirmation qui nous rappelle que la fois chrétienne est d’abord un don de Dieu et ce don c’est l’Esprit Saint sans lequel la vie chrétienne serai un pure esclavage. Le sacrement de l’eucharistie qui rend présent pour nous et le monde le Christ ressuscité qui désir vivre avec nous à chaque seconde de notre existence. Le sacrement du pardon qui nous fait expérimenter la Miséricorde sans limite de l’amour de Dieu pour l’homme pécheur. Nous avons la chance nous les catholique d’avoir ce trésors. 7 sacrements pour vivifier notre foi, pour rencontrer et entendre notre Dieu qui n’a qu’un désir : ce faire connaitre des hommes, ses enfants. La fois repose sur des êtres bien fragiles. Pensons ce soir à Jacques et Jean.  Le Christ lui-même à voulu vivre notre fragilité et il a même portait chacun de nos péchés pour qu’il n’y ai plus d’obstacle à la rencontre d’un Père avec son Enfant en qui il à mis tout son amour. Aujourd’hui nous prions plus particulièrement pour la mission de l’Eglise et des chrétiens de part le monde. Ne pensons pas annoncer le Christ sans vivre d’abord pour nous la rencontre. Dans ce chapitre 10 de l’évangile de Marc plusieurs rencontres n’ont pas pu être vécues. L’homme riche de dimanche dernier qui était trop encombré de sa richesse pour rencontrer et écouter Jésus. Ce soir Jacques et Jean omnubilés par la peur de leur avenir…. Ce soir nous pouvons contempler la souffrance du Christ : celle de ne pas pouvoir vraiment rencontrer son frère parce que trop occupé de lui-même. Dimanche prochain, le chemin de Jésus va croiser celui d’un pauvre aveugle qui criera vers lui et le miracle aura lieu. La souffrance de Jésus pour un temps sera apaisée car un homme aura osé la rencontre qui transformera toute sa vie. Sommes nous prêts nous aussi ce soir à oser la rencontre avec le Christ ? Cette rencontre est dangereuse car elle peut nous transformer t nous mettre en route. C’est ce que nous propose notre pape Benoit XVI, serviteur des serviteurs : «La porte de la foi» (cf. Ac 14, 27) qui introduit à la vie de communion avec Dieu et permet l’entrée dans son Église est toujours ouverte pour nous. Il est possible de franchir ce seuil quand la Parole de Dieu est annoncée et que le cœur se laisse modeler par la grâce qui transforme. Traverser cette porte implique de s’engager sur ce chemin qui dure toute la vie. » Alors en ce début de l’année de la foi n’ayons pas peur et « avançons donc avec pleine assurance vers le Dieu tout puissant qui fait grâce » et soyons heureux de l’annoncer ! Duc in altum, avance au large avec Jésus !

Benoît XVI, Lettre apostolique en forme de Motu Proprio Porta Fidei, n°1

 

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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 23:35

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C’est dans un climat paisible que la liturgie nous donne de célébrer le dernier repas du Christ. Pourtant l’évènement que commémorait Jésus, ce soir là, s’était vécu dans un climat d’urgence. L’urgence du départ, de la libération. Pour Dieu il y avait urgence que son peuple retrouve sa liberté. Il y a comme un contraste entre la première lecture qui nous fait le récit du dernier repas des juifs en terre d’Exile et le dernier repas de Jésus. Il nous invite à nous assoir autour de lui, à gouter la paix qui règne autour de lui. Saint Jean nous dit qu’il fait nuit dehors alors restons un peu dans cette lumière douce. Restons un peu pour rencontrer Jésus.

 

 Avant de prendre le pain, le Seigneur prend un linge et le noue autour de la taille. « Restez en tenue de Service » tel est la posture que le Christ a choisi de garder durant tout son ministère. Un service qui aujourd’hui culmine d’humilité. Ce soir Jésus sacralise le service du Frère.  On ne pourra plus faire mémoire du Seigneur sans vivre cet humble service rendu aux personnes qui nous environnent. Ce service est possible si je reconnais en elles le Christ lui même. Il nous faut sans cesse demander à Dieu cette conversion du cœur qui nous fait reconnaitre en tout homme le Christ. Comment le reconnaitre encore dans un assassin ? Comment le reconnaitre en celui qui m’empêche de dormir en faisant trop bruit au dessus de chez moi ? Et pourtant c’est aussi pour eux que le Christ a voulu mourir. Le Christ lave les pieds de celui qu’il aime et aussi de celui qui va le livrer par un baiser. Le jeudi saint nous rappelle une réalité fondamentale pour notre vie chrétienne. Dans le sacrement de l’eucharistie sont uni le service du frère et le service de l’autel. Sans le service du frère, nous aboutissons au ritualisme. La liturgie devient un refuge, un simple moment de recueillement. On s’évade quelques instants de la terre pour rejoindre le ciel et puis on repart et on  refait comme avant, comme tout le monde. Servir son frère en négligeant le service de l’autel, c’est prendre le risque de l’activisme sans âme et d’affadir ce service au lieu de lui donner du sel. Comment ne pas penser, à ce propos, à la Veillée du samedi soir des JMJ à Madrid ? Avant de rejoindre les jeunes pour une grande veillée d’adoration, le pape s’est arrété en chemin. Il a rejoint une communauté humaine marqué par l’handicape. Une communauté où l’on essaye d’ouvrir un chemin d’espérance à ceux qui sont accueilli. Le pape a voulu le rappeler. Il ne peut y avoir d’adhésion authentique au Christ sans une adhésion authentique à la fraternité humaine. C’est ce que le pape Benoit XVI nous rappelle dans son encyclique l’amour dans la Vérité : « L’ouverture à Dieu entraîne l’ouverture aux frères et à une vie comprise comme un mission solidaire et joyeuse »[1].

 

 Le Jeudi Saint est un vaccin contre toute tentation de domination. A l’école du lavement des pieds, l’autorité devient un service, ses compétences une chance pour les autres. « Vous m’appeler maitre et Seigneur, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns les autres ». Ne jamais se considérer supérieur à celui que je rencontre voici un beau défit pour notre vie. Le Christ nous invite tous à nous regarder en frère. La mission est à ce prix. Le Christ après avoir lavé les pieds de ses disciples va prier le Père. Il va demander « que tous soient un ». Cette unité n’est possible qu’a une condition : se reconnaitre un fils, une fille aimé du Père et reconnaitre l’autre comme un frère différent de moi mais égal en dignité. Jean Paul II nous a laisser un testament spirituel avec la lettre apostolique Au début du nouveau millénaire. Dans cette lettre il nous indique une urgence absolue pour notre Eglise et pour le monde que Dieu a tant aimer qu’il lui a donné son Fils. Au n°43 de sa lettre apostolique Jean-Paul II nous dit ceci : « Avant de programmer des initiatives concrètes, il faut promouvoir une spiritualité de communion […]Une spiritualité de la communion consiste avant tout en un regard du cœur porté sur le mystère de la Trinité qui habite en nous, et dont la lumière doit aussi être perçue sur le visage des frères qui sont à nos côtés. Une spiritualité de la communion, cela veut dire la capacité d'être attentif, dans l'unité profonde du Corps mystique, à son frère dans la foi, le considérant donc comme « l'un des nôtres », pour savoir partager ses joies et ses souffrances, pour deviner ses désirs et répondre à ses besoins, pour lui offrir une amitié vraie et profonde. Une spiritualité de la communion est aussi la capacité de voir surtout ce qu'il y a de positif dans l'autre, pour l'accueillir et le valoriser comme un don de Dieu: un « don pour moi », et pas seulement pour le frère qui l'a directement reçu. Une spiritualité de la communion, c'est enfin savoir « donner une place » à son frère, en portant « les fardeaux les uns des autres » (Ga 6,2) et en repoussant les tentations égoïstes qui continuellement nous tendent des pièges et qui provoquent compétition, carriérisme, défiance, jalousies. Ne nous faisons pas d'illusions: sans ce cheminement spirituel, les moyens extérieurs de la communion serviraient à bien peu de chose. Ils deviendraient des façades sans âme, des masques de communion plus que ses expressions et ses chemins de croissance. » 

 

Carine dans quelques minutes vous vous avancerez à l’autel. Vous rejoindrez le Christ réellement présent sur cet autel pour vous reconnaitre sa seour et fille bien aimée de son Père. Prenez le temps de regarder ces visages qui seront devant vous. Ce sont vos frères et sœurs en Jésus. Accueillez chacun d’eux comme un don que vous as fait le Christ et alors vous pourrais en communion avec tous vos frères et sœurs ouvrir vos mains à celui qui veut se livrer totalement à vous par amour pour vous. Que chacun ce soir renaisse au Don de Dieu et que ce don ne reste pas enfermer en votre vie mais qu’il soit livrer lui aussi à notre monde.

 

 


Benoît XVI, L’Amour dans la Vérité, BAYARD-CERF-FLEURUS-MAME, 2009, p 128

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25 décembre 2011 7 25 /12 /décembre /2011 09:24

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« Souvent Dieu a parlé à nos pères par les prophètes sous des formes fragmentaires et variées ». Dieu n’a jamais cessé de vouloir nous parler. Il n’a qu’un désir, c’est de ce communiquer. Contrairement aux dieux de la mythologie, notre Dieu n’a pas utilisé la force et la violence pour créer. « Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Par lui, tout s’est fait et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui ». Dieu a utilisé sa Parole pour que nous advenions à la vie. Rien  ne peut se résoudre sans parole, sans dialogue. Nous le voyons bien dans notre vie. Combien de conflits dans nos familles, entre les peuples parce que nous n’arrivons pas à nous comprendre, à communiquer. Dieu nous invite à faire usage de la parole puisque nous sommes créés à son image. Mais de quelle parole suis-je porteur ? Qu’est ce qui nourrit ma vie pour pouvoir offrir une parole qui va aider à grandir, à rendre libre, à consoler, à relever, à encourager, à aimer. Car c’est bien de cela qu’il s’agit lorsque l’on parle de la parole de Dieu. Dieu nous livre sa parole en chaire et os le jour de Noel pour que sa Parole devienne la notre.Il ne retient rien il se livre totalement entre les mains humaines. D’abord entre celles de Marie et de tous ceux qui acceptent de tendre les mains tels des mendiants d’amour. Par amour pour nous Dieu s’est mis sur la paille, il a tout donnée. Dieu n’a pas craint en Jésus de naitre dans une mangeoire, dans une étable pour que nous n’ayons pas honte de notre pauvreté mais que nous puissions l’accepter et permettre à Dieu de nous rendre riches de sa parole. Désormais c’est ce fils né de Marie que nous venons écouter et adorer. Il nous faut la simplicité des bergers pour l’accueillir et le reconnaitre dans cette mangeoire. Ils seront nombreux à venir à sa rencontre mais combien seront-ils à reconnaitre la lumière qu’il est venu nous offrir ? « Le Verbe était la lumière, qui éclaire tous les hommes en venant dans le monde. Il était dans le monde, lui par qui le monde s’était fait, mais le monde ne l’a pas reconnu ». Comment te reconnaitre Seigneur lorsque tu viens à notre rencontre couché sur la paille ? Notre monde est attiré par d’autres lumières et pourtant nous portons en nous cette lumière que tu as allumé le jour de notre baptême.Jamais elle ne pourra s’éteindre. Elle est fragile alors prenons garde. Entretenons-la comme le bien le plus précieux que nous procédions. Nos frères en ont besoin. Nous même laissons nous réchauffer en ce temps où nous célébrons la fête de Noël. C’est l’hiver et la nuit est longue. C’est précisément en cette période que l’Eglise à voulu fêter cette fête où Dieu nous visite dans la discrétion d’une nuit obscure où une voix angélique a retenti pour inviter à passer de la peur en confiance. Alors laissons nous aussi désarmer par cet enfant sans défenses. Venons, nous réchauffer à sa douce clarté qui n’aveugle pas mais qui éclaire. Nous pourrons alors chausser nos pieds de chaussures inusables que l’on appelle la confiance et l’espérance. Oui qu’ils sont beaux les pieds chaussés de tels chaussures. Courrons annoncer la bonne nouvelle et vivons notre passage ver la confiance !

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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 10:25

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Saint Mathieu nous offre dans ce récit un beau condensé de la pédagogie de Jésus vis-à-vis de ses disciples. Souvenons-nous de dimanche dernier. Jésus a nourri une foule de 5000 hommes sans compter les femmes et les enfants. Les apôtres avaient du vivre un véritable acte de foi vis-à-vis de Jésus en obéissant à son ordre « donnez leur vous-même à manger ! » Les apôtres étaient sans doute grisés par ce miracle. Ils devaient se sentir invulnérable en présence de Jésus. Qu’ils doivent être extraordinaires pour avoir été choisis par cet homme extraordinaire !  Jésus va alors les faire monter dans une barque. Quitter ce lieu où la grâce à opéré. Jésus ne veut pas établir une quelconque nostalgie du passé en ses disciples. Il veut les mener plus loin vers une autre rive. Avec Jésus on ne fait pas de surplace on avance au large. Il faut quitter quand on pense être arrivé, quand on pense avoir enfin trouvé Dieu. Il faut partir… C’est l’expérience fondamentale du croyant. D’Abraham au peuple tout entier libéré de l’esclavage. Avec Dieu on ne s’installe pas ! Partir mais pour aller où ? Jésus se contente de dire « allez sur l’autre rive ». Une fois de plus les apôtres vont obéir et partir. Ils vont se retrouver dans une barque. En s’éloignant de Jésus ils vont entrer dans la nuit. Un autre quittera Jésus pour une nuit sans fin, il s’appel Judas… Jésus sé déjà par où ils vont passer. Par la tempête avec du vent et des vagues furieuses. Pourtant il va se retirer et prier. « Mais pourquoi Jésus nous a-t-il fait embarquer pour affronter cette tempête ? » Peut être nous sommes nous déjà posés cette question lancinante lorsque nous affrontons des vents contraires dans notre vie ? Et bien souvent nous n’avons pas de réponse. Ou peut être ne savons nous pas reconnaitre Jésus lorsqu’il vient à notre rencontre. L’expérience de Dieu est toujours déroutante. Il se révèle toujours de manière inattendue. Héli qui pensait servir Dieu dans la violence découvre que Dieu n’est pas dans le tremblement de terre mais dans le murmure d’une brise légère. Extraordinaire conversion qui va s’opéré dans ce cœur endurci comme il s’opère en celui de Saint Paul qui nous adresse ce cris de souffrance de voir ses frères de race ne pas reconnaitre en Jésus leur sauveur. Il est là l’enjeu de l’Evangile d’aujourd’hui. Il ne s’agit pas seulement d’un récit de miracle, la marche sur les eaux. Il s’agit fondamentalement d’un récit où Pierre va découvrir que Jésus n’est pas seulement un homme extraordinaire mais qu’il est son Sauveur en qui il peut donner sa confiance.

Revenons au récit. Jésus ne choisi pas n’importe quel moment pour rejoindre ses apôtres qui sont dans une barque qui tangue. Il choisi la fin de la nuit. Le jour va bientôt revenir sur ces apôtres inquiets et se sentant seuls pour affronter le vent et les vagues. Jésus arrive à un moment charnière. Tant que Jésus ne parle pas, les apôtres ne le reconnaissent pas. « Confiance, c’est moi, n’ayez pas peur » et Jésus fait taire la crainte qui saisi les apôtres. C’est le préalable pour sortir de la nuit. Il faut entendre cette voix qui dit à celui qui souffre : « je suis là à tes cotés dans ton combat » Ta nuit va finir si tu me laisse t’accompagner ». Comme d’habitude Pierre va en rajouter ! Jésus va saisir l’occasion pour permettre un début de conversion dans le cœur de Pierre pour que celui-ci devienne un cœur de chaire. Pierre va devoir sauter à l’eau pour rejoindre Jésus. Et voici qu’il coule. Il coule car il n’est pas encore assez fils pour vivre une totale confiance, un total abandon à son Seigneur. Et pourtant il n’y a pas d’autre chemin pour rejoindre Jésus que la confiance et l’abandon. « Si vous ne devenez pas comme ces enfants vous n’entrerez pas dans le royaume de Dieu ». Pierre pensait encore pouvoir suivre Jésus par ses propres forces. Il va devoir reconnaitre que seul il ne peut rien, que sans la main de Jésus il ne pourra pas s’en sortir. Se sera le combat de toute la vie de Pierre et aussi sa chance. Pierre est pour nous un encouragement. Sa vie d’apôtre est faite de chute et de relèvement. Ce qui est dramatique ce n’est pas de tomber mais de ne pas vouloir se relever pour aller plus loin. Jésus à rejoint la barque. Maintenant le vent et les vague se son tu. Pierre peut alors exprimer sa confession de fois qui jailli de ses tripes « Vraiment tu es le Fils de Dieu ». Et le jour se mit à éclairer ces visages fatigués par une nuit de lutte. L’autre rive est en vue.

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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 16:33

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Samedi soir, à Saint-Lô, 35 personnes se sont approchées de l’évêque. Elles ont reçues une onction de saint-chrême et ces paroles « Recevez l’Esprit Saint, le don de Dieu ». Recevoir un don, tel était bien l’enjeu des apôtres au jour de la Pentecôte, tel est l’enjeu encore aujourd’hui pour le chrétien. La vie chrétienne est fondamentalement un don de Dieu. Un don invisible à nos yeux comme l’est l’amour. L’amour personne ne le voit et pourtant il fait bien des miracles chez ceux qui en vivent. L’esprit saint est de cette nature. Nul ne peut le voir physiquement et pourtant il est bien vivant en ceux qui acceptent de se laisser habiter par sa présence. L’Esprit Saint, c’est cet élan vital que Dieu veut offrir à l’homme pour qu’il aime toujours d’avantage comme Jésus. Dans quelques heures l’évêque imposera les mains, avec les prêtres présents, sur ces 35 personnes. Il demandera à Dieu « Comme tu l’as promis, répands maintenant sur eux ton Esprit Saint ; Donne leur en plénitude l’Esprit qui reposait sur ton Fils Jésus : esprit de sagesse et de force, esprit de connaissance et d’affection filiale ; remplis-les de l’esprit d’adoration ». Pour ces confirmés comme pour chacun d’entre nous il s’agit d’ouvrir notre porte pour laisser l’Esprit Saint habiter en nous pour qu’il face de chacun d’entre nous sa demeure. Car Dieu ne désir pas simplement nous faire une visite de courtoisie mais il désire demeurer et agir en nous. Nul n’est indigne de sa présence. Dieu n’a jamais voulu s’enfermer dans un palais. Lorsque le roi David veut construire un temple digne de Dieu, celui-ci lui fait dire par la bouche du prophète Natan « Est-ce toi qui me bâtiras une maison pour que je m’y installe ? Car je ne me suis pas installé dans une maison depuis le jour où j’ai fait monter d’Egypte les fils d’Israël et jusqu’à ce jour : je cheminais sous une tente et à l’abri d’une demeure. » (2S 7, 6).  Dieu ne s’enferme pas. Il accompagne chacun à son rythme. Dieu me fait le don de sa présence à travers l’Esprit Saint. Que vais-je faire de ce don ? Saint Paul nous rappelle que « les dons de la grâce sont variés mais c’est toujours le même Seigneur ». Chacun reçoit de Dieu des dons. Ces dons ne sont pas pour nous même mais pour toute l’Eglise. C’est ce que l’on appelle les charismes. Ils sont donnés en vue de faire grandir l’Eglise qui est le corps du Christ. Chacun de nous est invité à être membre de son corps. Chacun est invité a témoigné de Jésus et de sa bonne nouvelle à sa manière selon ce que l’Esprit Saint lui donne. Ce n’est jamais un acte isolé car l’Esprit uni chacun d’entre nous pour que le Christ soit annoncer au monde. Et moi dans l’Eglise suis-je un membre qui sert l’unité, la communion ou bien parfois m’arrive-t-il d’être facteur de division, de dispute. Nul ne peut témoigner authentiquement de Jésus s’il n’est pas habité par son Esprit. « Frères, sans le Saint-Esprit, personne n’est capable de dire « Jésus est Seigneur ». La confirmation n’est donc pas un sacrement optionnel ou secondaire. Il est fondamental car il confère la présence de Dieu en chacun de nous. Heureux serons-nous si comme Saint Paul nous arriverons à dire « ce n’est plus moi qui vit mais c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20). Nous vivrons alors dans une joie profonde. Celle de savoir que l’amour de Dieu a décidé d’habiter en moi. Je pourrais alors venir y puiser des forces pour ma vie. Que l’Esprit Saint me face redécouvrir combien ma vie est un don que j’ai a aimé, à entretenir, à prendre soin et à donner avec Jésus à mes frères. Je pourrais alors regarder tous ceux que je rencontrerai comme un cadeau que j’ai à accueillir pour m’enrichir. L’Esprit Saint ne cesse d’agir en notre vie alors laissons lui toute la place qui lui revient et n’ayons pas peur de le laisser guider notre vie. Sans cesse il me poussera à avancer. C’est cette expérience que Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus fit avoir vécu le  sacrement du pardon lors d’une retraite dans son Carmel. « Mon âme était comme un livre dans lequel le Père lisait mieux que moi-même… Il me lança à pleine voile sur les flots de la confiance et de l’amour qui m’attiraient si fort mais sur lesquels je n’osais avancer » (Ms A [80v°]). Heureux serons nous si comme Sainte Thérèse et bien d’autres nous laissons l’Esprit Saint nous pousser sur le chemin de la confiance et de l’amour !

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 20:36

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La première lecture d’aujourd’hui nous rappelle le BABA de toute vie humaine et à fortiori de toute vie chrétienne. On ne peut pas se prétendre chrétien si on ignore son frère qui est dans le besoin, qui n’a pas le minimum vital. Croire en Dieu c’est se mettre au service de la vie dans ce qu’elle a de plus fragile et de plus précieuse. La foi ne nous détourne pas des autres, au contraire elle nous rend plus insupportable la souffrance et les difficultés de nos frères. Nous savons que la misère déshumanise profondément la personne et qu’elle est un obstacle à la rencontre de Dieu. Dieu ne veut pas de miséreux dans sa maison. Dans la parabole du banquet des noces, le maître de la réception jette dehors celui qui est venu en aillons, qui n’a pas la tenue de fête. La misère vous enferme dans la survie, dans le soucie du lendemain. Dès les premières années de son existence, l’Eglise a organisé des services pour venir en aide aux nécessiteux. Elle a même institué des diacres responsables de ce service. Depuis 2000 ans l’Eglise ne cesse d’inventer des services qu’elle veut rendre à l’humanité blessée. Car en Jésus, Dieu s’est penché sur les pauvres, les malades, les exclus, les marginalisés, les condamnés à mort. Aucune souffrance n’est étrangère à Dieu. Jésus à voulu la supporter pour que ses disciples sachent le reconnaitre en ceux qui souffrent. Allez à la rencontre du souffrant ce n’est pas seulement se donner bonne conscience. c’est rencontrer Dieu lui-même qui a voulu s’identifier à ces petits qui souffrent bien souvent en silence. L’Eglise n’a pas ménagé ses peines pour soulager la détresse. Créant des hôpitaux, des hospices, des écoles. Les nombreuses congrégations religieuses apostoliques sont là pour nous le rappeler. A chaque époque de l’histoire l’Eglise à su repérer les nouveaux besoins des hommes en difficulté. Car il ne s’agit pas de se substituer à la puissance publique mais d’apporter humblement, sans éclat un surplus d’humanité qui témoigne que Dieu n’a pas déserter notre monde. Aujourd’hui l’Eglise investie dans ce qui ne rapporte rien. Elle investit dans l’accueille de ceux qui souffrent la solitude, dans l’accueille de l’étranger pour lui redire qu’il a une dignité. L’Eglise ne pourra se résoudre d’être absente là où les hommes souffre et ont besoin d’une présence aimante. Mais attention notre charité n’est pas qu’une simple pièce jeter au SDF croisé dans la rue. Notre présence est d’abord une lumière qui s’approche avec beaucoup de précaution et de tact pour éviter toute condescendance. Avec ce frère vivant la précarité de la misère, de la maladie, d’une forme de souffrance nous ne sommes pas un Seigneur qui par pitié daignerai faire un geste. Non, nous sommes au nom de Jésus un frère de cet homme. Nous sommes son égal. La charité ce n’est pas simplement donner pour apaiser sa conscience mais c’est avant tout participer à l’amour de Dieu pour chaque être humain qui est son enfant. Nous pouvons alors être cette lumière du monde dont parle l’Evangile d’aujourd’hui. Cette lumière n’est pas faite pour attiré à elle-même mais pour éclairer et indiquer que le chemin n’est pas si noir, que l’ont peut se relever et avancer. Nous avons reçu le jour de notre baptême la lumière du Christ. Qu’en avons-nous fait ? Nous à t’elle aidé à avancer dans cette vie, traversée par bien des avènements heureux et des événements qui nous font trébucher ? Cette lumière nous est donnée pour que nous la fassions briller autour de nous, pour que nous allumions aussi à notre tour d’autre lumière dans la vie de personnes que nous pouvons rencontrer. Parfois il ne faut pas grand-chose pour qu’une lumière s’allume dans un cœur blessé. Ce n’est pas notre œuvre. C’est celle de Dieu. Mais sans nous, sans la lumière qu’il a allumée il ne pourra allumer d’autres lumières. Alors osons exposer notre lumière pour lui donner de l’oxygène et que nos frères qui en ont besoin puissent l’accueillir et être guidés vers un chemin de libération. Comme Paul nous nous sentons bien faibles pour porter une telle lumière. Pourtant c’est dans ces vases biens fragiles que Dieu a décidé de déposer sa lumière. Alors n’attendons pas d’êtres parfaits et sans faiblesses pour offrir cette lumière que nous portons. Soyons sans crainte et inscrivons dans notre cœurs ces paroles du psaume « Mon cœur est confiant, je ne crains pas. ».


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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 21:31

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Saint Mathieu nous montre Jésus en train de marcher.  Il se retourne et voit qu’il y a de très nombreuses personnes qui le suive. Jésus est peut être il un peut affolé de voire qu’il y a tant de monde à vouloir le voir, l’entendre, le toucher. Il décide de prendre de la hauteur. Il ne veut pas voir une masse de monde. Il veut voir chacun des visages qui composent cette foule. Jésus ne veut pas s’adresser à un tout mais à des personnes concrètes qui viennent à lui avec leur visage tantôt heureux, tantôt triste, tantôt soucieux. Il en va de même lorsque Jésus nous rencontre personnellement. Il nous accueille là où nous en sommes avec lui, avec la vie. Finalement à chaque eucharistie nous sommes un peu comme sur cette montagne où Jésus accueille la foule. Il regarde personnellement chacun de ceux qui forment l’assemblée. Avec Jésus nous ne sommes pas une somme d’anonymes. Nous sommes ses frères. Mathieu ne décrit pas la foule. Nous ne savons rien des personnes présentes, sinon qu’elles veulent rencontrer Jésus. Il est à point universel qu’il peut toucher toute personne quelque soit sa religion, son statut social, sa culture. Jésus fait face à ces visages. Certains en disent sans doute long sur un parcours de vie parsemé d’épreuves ou bien un parcours radieux qui invite à l’action de grâce. Que dire à cette foule en attente. Un code de conduite, des paroles de consolation, des reproches ? Jésus s’est peut être posé cette question. En tout cas Jésus va choisir de parler à cette foule. Il est bien la Parole en chair et en os que le Père à voulu nous adresser. Jésus va alors rejoindre les attentes de ces personnes. Heureux vous les pauvres de cœur qui pensais que la vie est affaire ce don, qu’on ne peut se l’accaparer. Durant toute notre vie nous avons à recevoir l’amour des autres et de Dieu. Un cœur qui ne retient rien mais qui offre en retour. Heureux les doux qui refusent la violence, la haine, la calomnie. Heureux les doux qui goûte déjà à la douceur de Dieu. Heureux ceux qui pleure, car aucune larmes ne sera perdue dans le cœur de Dieu. Aucune larme des visages ne sera oubliée par le Père. Heureux… Le mot est lâché. Le mot est accueilli car il sonne vrai. Il est vrai car il ouvre à chacun un chemin de profonde humanité unie à Dieu. Jésus devient parole pour les personnes présentent dans la foule car il y a une vrai rencontre. Jésus regarde chacun avec le regard du frère. Il peut instruire sans rabaisser ou humilier car il se met au même niveau. Jésus aurait peut être espéré attirer à lui le « gratin » de la société de l’époque. Et il s’aperçoit qu’il réuni autour de lui des modestes, des paumé, des « fous », des gens qui ne se suffisent pas à eux mêmes. « Ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu à choisi ». Non pas que Dieu nous veut faible mais il connait au plus profond de lui-même notre nature. Il sait que nous sommes des êtres fragiles et s’est fait lui-même fragile en Jésus. C’est pour cela que sa parole est crédible, qu’elle peut nous rejoindre et que nous pouvons y répondre. Ce texte des Béatitudes est un peu manger à toutes les sauces dans l’Eglise. On peut le lire à peut près dans toutes les circonstances de la vie : aux baptêmes, aux mariages, aux enterrements… On le retrouve à tous ces moments car c’est une source où le chrétien peut venir puiser lorsqu’il est un peu perdu dans sa recherche de Dieu. Il y retrouve un chemin accessible à tout homme qui reconnait avoir besoin de Dieu à se coté pour avancer. Merci Seigneur de nous avoir offert cet Evangile pour antihéros. Moi qui suis bien ordinaire je peux emprunter ce chemin.

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25 décembre 2010 6 25 /12 /décembre /2010 00:46

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La voici la nuit de Dieu. Cette nuit où Dieu vient à notre rencontre en chair et en os. Notre Dieu est tout puissant et il choisi de se faire l’un de nous dans ce qu’il y a de plus petit et de plus faible : un nourrisson. Objectivement un nouveau-né ce n’est pas grand-chose : 3 à 4 kilos en moyenne pour quelques centimètres. A l’échelle de la planète c’est minuscule un bébé. Mais à l’échèle des parents le nourrisson représente tout. Lorsque la maman accueille son nouveau né dans ses bras elle dispose du plus beau des cadeaux que la vie puisse lui offrir. La joie semble alors envahir son cœur car la vie est née de son corps et de son amour. Dieu nous regarde de la même manière. Nous sommes tous né de son amour. Pour lui un homme et une femme représente tout. Nous sommes si précieux aux yeux de Dieu, qu’il a voulu lui-même devenir l’un des nôtres. Lui le tout autre, le tout puissant est allé jusqu'à toucher terre et se coucher dans une mangeoire. Quel grand amour pour que le roi du monde, le Seigneur des seigneurs, accepte de descendre si bas pour que l’homme reste debout devant lui. Ce n’est plus l’homme qui se couche devant Dieu mais c’est Dieu qui se couche devant l’homme. Le mystère de Noël renverse toutes nos idées reçues sur Dieu. Ce soir notre Dieu s’est couché sur de la paille. Ce soir nous sommes comme les bergers qui entendent la voix de l’Ange : « Ne craignez pas ». Comment craindre un Dieu qui prend les traits d’un enfant ? Ce soir Dieu désarme toutes nos peurs que nous pouvons avoir de lui. Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Saint Face l’a profondément compris lorsqu’elle écrit dans sa dernière lettre « Je ne puis craindre un dieu qui pour moi s’est fait si petit. Je l’aime !… car il n’est qu’amour et miséricorde[1] ».

 

La voici la nuit de Dieu quand des pauvres sont les premiers à venir rendre visite à l’enfant. Les bergers n’ont rien à offrir en retour à leur Seigneur qui leur fait cette grâce inouïe de leur offrir son sourire. Venir vers Dieu, c’est tout simplement offrir notre présence émerveillée devant ce don immense. Dieu n’attend pas autre chose de nous. « Heureux les pauvres de cœurs : le royaume des cieux est à eux »[2]. La richesse n’offre pas un accès privilégiée auprès de Dieu. Pourtant les bergers sont venus avec une grande richesse : leur soif d’amour, d’être aimés.

 

La voici la nuit de Dieu. C’est dans une nuit paisible que les bergers se retrouvent devant Dieu. Les bruits du monde sont comme assoupis. Des portes se sont refermées et Dieu a choisi un espace sans portes pour naître parmi les hommes. Un lieu toujours accessible où la paix règne. Dans cette grotte où la famille a trouvé refuge, pas besoin d’ôter ses chaussures.  C’est dans la simplicité que Dieu à choisi de se montrer aux hommes. Il nous invite à cette même simplicité quand nous voulons le rencontrer. Pas besoin de paraître mais de ce présenté tels que nous sommes. Les bergers ne sont pas retournés chez eux pour se laver et se changer !

 

La voici la nuit de Dieu. Elle continue son œuvre dans le monde. En cette nuit de noël 1914 sur le front, les soldats allemands et anglais posent leurs armes. Ils vont échanger de la bière et du pudding. Ils vont chanter ensemble des chants de noëls. En cette nuit de noël 1995 un groupe armé du G.I.A. fait irruption dans un monastère à Thibérine en Algérie. Le climat est tendu, la peur au ventre saisi ceux qui s’apprêtent à célébrer la naissance du Sauveur. Au moment de se quitter, le prieur indique au chef du groupe que les chrétiens célèbrent cette nuit la naissance du prince de la Paix. Le terroriste change son regard et propose une poigné de main au frère prieur. Une lumière certes fragile a brillé dans la nuit de l’Algérie, sur le front de la guerre 1914/1918 en cette nuit de Noel.

 

La voici la nuit de où le silence laisse résonner la Parole « Paix aux hommes qu’il aime ».



[1] LT 266, du 25 août 1897 adressée à l’abbé Bellière

[2] Mt 5, 3

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