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  • Christophe FEREY
  • Bonjour, je m'appelle Christophe, j'ai 34 ans et je suis  prêtre pour le diocèse de Coutances et Avranches depuis le 10 juin 2007. J'ai été ordoné par Mgr Stanislas LALANNE
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6 février 2010 6 06 /02 /février /2010 17:07

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L’armement Simon père et fils est au bord de la rive. Les ouvriers de l’entreprise familiale ont travaillé toute la nuit. Sans doute sont ils un peu découragés par une nuit de labeur pour rien. Ils n’ont aucun poisson dans leurs filets. Et voici qu’un importun arrive dont on ne sais où et commence par réquisitionner une barque de l’entreprise. Quel toupet celui là ! On est écrasés de fatigue et il faut maintenant subir le discours de cet homme puisque la foule s’est massée et ne peut pas nous laisser partir. Si au moins nous avions péché du poisson, nous aurions pu le vendre facilement ! Mais qui est il cet homme pour en attirer tant ! Il veut que je l’emmène dans ma barque pour prendre un peu de distance. J’ai peut être hintéré à être bien avec lui si je ne veux pas que la foule m’en veuille. Et voilà que ça dure des heures cette affaire. On n’est pas couchés ! Alors que je commençais sérieusement à m’assoupir, voilà que l’homme me parle. Il me parle à moi alors qu’il y a une foule !!! Moi qui pensait qu’il m’avait oublié et ne s’inquiétait pas de mes difficultés. Il me demande de faire ce que je n’ai pas réussi à faire toute la nuit ! Et s’il disait vrai ? Et si sur sa Parole je réussissais à prendre du poisson. Une telle occasion ne se représentera pas deux fois! Moi qui est l’habitude de tout faire par moi-même, d’être mon chef, je vais devoir faire confiance à un homme. « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais sur ton ordre, je vais jeter les filets ». Simon inaugure une nouveauté dans sa vie : la confiance. Il n’est plus le maître mais le serviteur d’une parole. Il va lancer les filets à la demande d’un autre, alors qu’il est normalement le maître, le propriiétaire des filets. Sans doute son acte de confiance va dépasser son espérance puisque les filets se remplissent et sont prêts à se briser. Les barques sont lourdes et il faut maintenant revenir vers le rivage. Pierre se trouve saisi car il découvre que l’efficacité ne dépend pas seulement des efforts personnels mais qu’elle réclame aussi la confiance en une parole qui fait avancer et poser des actes dont on ne mesure pas toujours la portée. Pierre se retrouve devant un homme dont la parole à la force de la confiance. Pour la première fois peut être, Pierre semble accepter de se laisser conduire par un autre. Et en même temps il découvre l’abîme qui existe entre lui et cette Parole qui l’a fait avancé tout à l’heure. « Seigneur, éloigne toi de moi, car je suis un homme pécheur. » L’effroi s’empare des hommes. Ils sont comme cloués sur place. Alors Jésus va poser une nouvelle parole qui va les délivrer de la peur et les faire avancer de nouveau. « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras ». Nous pouvons alors revenir sur la rive pour débarquer et prendre le chemin de celui qui nous a offert une parole. Pierre doit laisser ce qui était pour lui l’assurance d’être un chef puisqu’il était à la tête de son entreprise. Il va devoir lâcher prise sur la maîtrise de sa vie.  Durant toute sa vie il sera sans doute tenter de revenir à ses barques. C’est tellement plus confortable lorsque que l’on est du coté de la direction. Mais c’est tellement plus beau de devenir un frère guidant d’autres frères par une parole. C’est finalement cette expérience que font ceux et celles qui sont saisi par un appel. Ils doivent lâcher les reines de leur vie pour se mettre en route sur une parole ! Désormais ils acceptent que quelqu’un puissent guider leur vie. Comme Pierre ils leur arrivent d’être tentés de reprendre les reines et alors le fonctionnarisme, la tentation du pouvoir les guettent. Le prêtre n’échappe pas à ce combat spirituel. Il doit chaque jour se remettre en face de la Parole qui un jour lui a dit « veux tu me suivre ? ». En cette année sacerdotale je vous invite à prier pour les prêtres que Dieu vous a donnés. Ils ne sont pas parfaits, ils sont simplement des hommes habités par un appel qui les invitent à oser jeter leurs filets. Ces filets sont fait de leur humanité. Dieu ne transforme pas leur nature mais il les ordonne à la confiance et à l’amour d’un Dieu qui est aux cotés de l’homme et qui ne l’abandonnera jamais. Le prêtre n’a rien d’autre à offrir que sa confiance et son amour pour affirmer, parce qu’il est, que Dieu aime tous les hommes et qu’il veut les sauver. Cette confiance n’est pas réservée aux seuls prêtres. Elle est aussi offerte à tous ceux qui comme Pierre accepte de lâcher prise et de se laisser accompagner par une parole. C’est ce que nous venons affirmer à chaque eucharistie. Puissions nous êtres habités par cette prière que le prêtre dira tout à l’heure après le Notre Père « Délivre-nous de tout mal, Seigneur, et donne la paix à notre temps : par ta miséricorde, libère nous du péché, rassure nous devant les épreuves en cette vie où nous espérons le bonheur que tu promets et l’avènement de Jésus-christ, notre Sauveur ». Nous pourrons alors entendre le Seigneur nous poser cette question "Qui enverrai-je ? Qui sera notre messager", peut être répondrons nous comme Isaï " Moi je serai ton messager : envoie moi"

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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 22:00

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« Cette parole de l’Ecriture, que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit ». Quelle prétention pour un homme que d’affirmer que ce qu’il vient de dire s’accomplit le jour même ! Quelle stupéfaction pour les auditeurs de Jésus ! « Faisons le taire celui-là ! Comment peut il être aussi prétentieux ?! » Jamais un homme jusqu’ici c’était accaparer la Parole, c’était identifié à elle. Seul Dieu à le pouvoir de dire : « Aujourd’hui cette parole de l’Ecriture d’accompli ». Il nous est donc demandé ce matin de poser un acte de foi. Reconnaissons nous en Jésus le Fils de Dieu, Dieu lui-même, ou bien est il pour moi un simple prophète qui récite à l’identique une parole qu’un autre lui a dite ou dictée ? Qui est pour moi Jésus ? Est il seulement un homme extraordinaire qui nous à laisser un model de vie ou bien est il plus que cela ? Aujourd’hui peut être plus qu’hier nous avons à être au clair avec notre foi si nous voulons être crédibles et dialoguer avec ceux qui ne partagent pas notre foi. Or que nous apprends l’Evangile d’aujourd’hui ?

 

Pour que le Christ puisse dire « Cette parole de l’Ecriture, que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit », il faut qu’il soit lui-même cette parole. Il a autorité sur elle Il en est l’auteur. Toute sa vie va être parole. Une vie qui va dire Dieu à travers ses actes, ses mots, ses attitudes. Depuis toujours le Père a laissé son Fils devenir sa Parole. Que nous apprend la parole sur Dieu ? D’abord que Dieu fait ce qu’il dit. En Genèse Dieu dit « Que la lumière soit » la lumière existe. Quand Dieu me dit « je t’aime », le Fils donne sa vie pour moi sur la Croix. Lorsque que Dieu me dit, à travers le sacrement de la réconciliation reçu individuellement, « je te pardonne tous tes péchés » ; je ne pourrais pas le croire si Jésus n’avait pas pardonné à ses bourreaux qui lui enfoncèrent les clous dans ses mains et ses pieds. Avec Dieu, l’Amour n’est pas seulement un concept ou une idée philosophique. Il est accompagné d’actes concrets qui se voient et qui s’entendent dépassant le simple sentiment. Jésus peut incarner cette parole car il est habité par l’Esprit Saint. « L’Esprit du Seigneur est sur moi car il m’a consacré par l’onction ». Il est donc le Seul prophète habilité à prendre la Parole ; à être lui-même la Parole. Etre consacré veut dire littéralement appartenir à celui qui me consacre. Or le Fils appartient tout entier au Père. Alors il n’est plus libre ? Se serai méconnaître la vrai nature de Dieu. En lui il n’y a aucun désir de possession, il n’y a qu’un désir de libération. Il va allait jusqu'à poser un interdit à Adam pour qu’il soit libre de transgresser sa Loi. Sans interdits, la liberté n’existe pas car dans ce cas je ne peux pas me déterminé face à la loi. La loi existe parce que nous sommes des hommes et des femmes libres. Toute démocratie qui se respecte est un état de droit.  Or Dieu n’a jamais pu se résoudre à abolir la liberté humaine. Il acceptera que le Peuple puisse lui être infidèle et adorer d’autres dieux ce qui le conduira à l’Exil. C’est pour cela que nous voyons dans la première lecture le peuple pleurer. Il découvre le gouffre qui s’est installé entre lui et la Loi du Seigneur. Une loi pour permettre aux croyants d’être libres. Mais Dieu ne regarde pas en arrière ce qui l’intéresse c’est notre présent, là où se joue notre avenir par les choix que nous faisons. Dieu leur fait alors cette déclaration à travers son prophète « Ce jour est consacré au Seigneur votre Dieu ! Ne prenez pas le deuil, ne pleurez pas ! ». Nous même depuis notre confirmation nous sommes consacré au Seigneur. Nous lui appartenons et l’annonçons car l’Esprit Saint habite en nous. Chaque fois que nous disons le Notre Père, nous lui demandons que sa volonté se fasse dans notre vie. Or sa volonté c’est de faire reculer la tristesse dans notre propre vie et dans celle des personnes que nous rencontrons. Depuis notre confirmation nous sommes envoyez pour porter la Bonne Nouvelle à nos frères et la manifester par notre vie. Demandons au Seigneur de venir ravivez en nous le don qu’il nous as fait le jour de notre confirmation. Demandons lui de nous apprendre la véritable liberté que son Esprit Saint suscite en nous. Viens Seigneur chasser en nous toute peur. Viens Seigneur nous rappeler que c’est dans nos frères que nous te découvrons et en particulier les plus pauvres, les petits. Viens Seigneur inscrire en nous ta parole « La joie du Seigneur est votre rempart ! »

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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 08:16

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« Debout Jérusalem ! ». Une formule choc qui peut résumer à elle seule l’attitude du chrétien et du juif. Debout pour être vivant, pour marcher. Une autre injonction suit la première : regarde !. Je vais pouvoir me tenir debout parce j’ai le regard éveillé qui sait voir l’indicible dans les évènements de ma vie. Avant de se mettrent en route, les mages ont scruté le ciel. Ils ont du être patients et ne pas se décourager. Comment découvrir la bonne étoile au milieu de tant d’autres ? Comment reconnaître aujourd’hui mon chemin au milieu de tant d’autres possibles. Il nous faut apprendre la patience et affiner notre regard pour pouvoir marcher sur un chemin, qui n’est pas tracé d’avance, mais qui conduit vers quelqu’un qui peut nous ouvrir une porte. Mais avant d’arriver à la porte, il faut se laisser conduire par une lumière. Parfois elle peut disparaître à nos yeux… Notre foi est un peu comme la relation de l’enfant à sa mère. Une maman connaît par le cœur son enfant. Souvent elle est capable de deviner quand cela ne va pas. Elle sait voir les choses au-delà des mots ou des apparences. Qu’est ce qui se cache à travers tel évènement, qu’à t’il à me dire ? Les mages n’étaient pas seuls. Ils étaient plusieurs. Plusieurs pour regarder et remarquer la bonne étoile qui les guidera. Ainsi va la vie chrétienne. Elle n’est pas faite pour des solitaires. Dieu n’a jamais voulu d’individus qui travaillent pour leur compte. Il a voulu un peuple. D’abord Israël qui continue sa fidélité à l’Alliance. Puis la promesse s’est élargie à tout homme qui accepte qu’une lumière puisse guider sa vie sans imposer le chemin. Une foule d’individus est à la merci du premier venu et de l’aveuglement. Un peuple est organisé et suit celui qui est légitime pour le conduire à bon port. Ainsi notre foi se vit au sein d’un peuple. Chacun est différent et s’enrichi de l’autre. Le peuple est toujours près à accueillir de nouveaux venus. Ils ne sont pas une menace mais une richesse. On ne peut pas se tenir debout et en même temps se replier. Il faut choisir. Faire parti d’un peuple, cela permet aussi de découvrir la lumière que je ne voie pas forcément. Cette lumière je ne la possède pas, elle m’est offerte si j’accepte de la partager avec les autres membres du peuple. Les mages ne sont pas partis individuellement. C’est ensemble qu’ils sont partis pour aller vers Celui qui leur a ouvert la porte. Nous même nous sommes invités à nous tenir à la porte pour entrer et être reçus par le Créateur de la lumière qui nous guide. Nous sommes aussi invités à rester près de la porte pour accueillir ceux qui auront découvert cette même lumière. Car cette lumière est offerte à tous. Le peuple de Dieu est répandu à travers toute la terre. Nous sentons nous membre de ce peuple ? Nous sentons nous solidaire de chacun des membres de notre communauté ? Prions nous les uns pour les autres ? Prenons nous le temps de découvrir la vie de notre communauté ? Car sans le soutien de la prière, de l’attention de chacun nous ne pourrons aller à bon port. Alors chacun pourrai choisir en sortant de cette église une intention qu’il pourrai porter dans sa prière chaque jour. Les frères et sœurs au travail qui essayent de rendre le Christ présent là où ils vivent. Les familles qui sont la première communauté chrétienne pour les enfants et les parents. Les catéchistes et animateurs en lien avec des jeunes, les membres des équipe d’accompagnement des familles en deuil, les prêtres qui vous sont offert pour guider et nourrir la communauté… Chacun peut trouver une intention particulière. Elle n’est pas seulement utile mais surtout vitale.  Ce matin nous ne sommes pas une somme d’individualité. Nous sommes un peuple rassemblé par le Seigneur pour repartir guidés par une lumière que nous recevons de Dieu. Cette lumière vais-je l’étouffer ou au contraire la laisser éclairer ma vie et celle des autres ? N’ayons pas peur de nous mettre chaque jour debout et de nous mettre en route pour aller à la rencontre des autres. C’est là où nous découvrirons la lumière. Comme Israël n’ayons pas peur d’accueillir ces mots du prophète Isaïe pour nous même « Debout, Jérusalem ! Resplendis […] Regarde […] sur toi se lève le Seigneur, et sa gloire brille sur toi » (Is 60, 1-2).

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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 19:54

« Me voici je suis venu pour faire ta volonté. » Une phrase et voici résumé toute la vie du Christ sur cette terre et auprès de son Père. Le Fils n’est venu que pour une chose : faire la volonté de son Père. Tout est dit et en même temps nous sommes invités à contempler ce que fut la vie du Christ à travers les Evangiles et les autres écrits bibliques. Nous y découvrirons une des « obsessions » de Dieu : ne jamais abandonner l’homme qu’il a créé avec et par amour. C’est le sens de la première lecture entendue tout à l’heure. Le prophète Michée rappelle que Dieu tient parole. Il a promis d’envoyer un Sauveur et il le fera ! C’est le propre de Dieu de dire ce qu’il fait. Quand le Christ dit à un homme je te guéris, aussitôt la guérison s’opère. Il en va de même pour les sacrements. Quand le prêtre dit  au nom du Christ « ceci est mon corps », « ceci est mon sang » et bien cela se réalise immédiatement grâce à l’Esprit Saint. Nous sommes alors invités à un acte de foi. Croire que les paroles prononcées dans cette Eglise se réalisent pour nous ! Quelle gageure ! Se serait vraiment une gageure si on oubliait que c’est l’Esprit-Saint lui-même qui nous fait reconnaître le Christ à travers sa Parole, les sacrements et les frères et sœurs rencontrés… Malgré les obstacles, l’Esprit saint agit en nous comme il a agit en Marie, le model de tout chrétien.

 

C’est aussi le model pour toute mission. Mais au fait en quoi consiste la mission du Chrétien ? Pour répondre à cette question redoutable tournons nous vers celle que nous avons rencontrés dans l’évangile de ce matin. Nous voyons Marie qui part rapidement. Pourquoi un tel empressement à partir ? Que c’est il donc passé ? Elle nous donne un enseignement ce matin. Elle à prit le temps de prendre son temps pour accueillir une parole bouleversante. « Veux tu accueillir en ton sein Celui que le Père vous envoie pour vous sauver ? » Ce temps passé à accueillir l’ange nous appelle à une première conversion. Pas de mission sans s’arrêter pour entendre pour soi la Parole de Dieu. Pas de mission possible sans l’accueille du Christ à travers les sacrements et plus particulièrement l’eucharistie et le sacrement du pardon reçu individuellement. Paul VI nous dit ce-ci dans son exhortation apostolique « Annoncer l’Evangile aux hommes de ce temps » : « L’annonce, en effet, n’acquiert toute sa dimension que lorsqu’elle est entendue, accueillie, assimilée et lorsqu’elle fait surgir dans celui qui l’a ainsi reçue une adhésion du cœur. Adhésion aux vérités que, par miséricorde, le Seigneur a révélées, oui. Mais plus encore, adhésion au programme de vie — vie désormais transformée — qu’il propose. Adhésion, en un mot, au Règne, c’est-à-dire au “ monde nouveau ”, au nouvel état de chose, à la nouvelle manière d’être, de vivre, de vivre ensemble, que l’Evangile inaugure. Une telle adhésion, qui ne peut pas demeurer abstraite et désincarnée, se révèle concrètement par une entrée palpable, visible, dans une communauté de fidèles. Ainsi donc, ceux dont la vie s’est transformée pénètrent dans une communauté qui est elle-même signe de la transformation, signe de la nouveauté de vie : c’est l’Eglise, sacrement visible du salut » Ainsi la mission est l’adhésion profonde au Christ, à son Evangile et à l’Eglise qui est le corps même du Christ. A quelques jours de fêter la naissance de notre Sauveur nous pouvons nous interroger chacun où nous en sommes de notre adhésion au Christ ? Une telle adhésion doit nous mettre sur la route de la mission qui est de permettre que le Christ soit présent là où nous vivons. Car la mission du Chrétien, ce n’est pas seulement les services d’Eglise qui sont bien sûr essentiels pour son existance, mais c’est d’abord et avant tout l’engagement en faveur de nos frères au nom même du Christ pour leur permettre de découvrir à leur tour ce trésor que nous avons-nous même découvert et que nous essayons, chacun à notre manière, de vivre. Regardez bien de près l’Evangile. Vous y verrez quantité d’hommes et de femmes qui après une rencontre avec le Christ se mettent en route. Devenir missionnaire c’est se mettre en route vers ses frères et y découvrir peu à peu l’action de l’Esprit saint à travers eux. Quelle joie, par exemple, d’accompagner des jeunes et de les voir se transformer et grandir parce qu’une parole, une attitude leur à dit toute la confiance que Dieu leur offre. Alors mettons de bonnes chaussures aux pieds car le chrétien est un marcheur. Bonne marche à la suite du Christ et surtout n’oublions pas les poses ravitaillement sinon nous tomberons.

 

Que la fête de Noël nous donnes de redécouvrir à quel point Dieu nous aime puisqu’il nous offre ce qu’il a de plus précieux. Merci Père pour tant d’amour donner. Sera-il reçu ?

Evangeli Nuntiandi n°23

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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 22:07


Dimanche dernier, Luc nous invitait à veiller et à prier en tout temps pour ne pas être surpris. Mais pourquoi veiller et prier ? Nous avons la réponse ce matin. Nous sommes invité à veiller et à prier pour que dans notre désert intérieur puisse retentir une voix, un cri. Le porte voix dans l’évangile n’est pourtant pas d’apparence très glorieuse. On nous dit dans un autre évangile que Jean-Baptiste est vêtu d’une tunique en poils de chameau ! Alors que Saint Luc nous parle de l’empereur Tibère, de son gouverneur, de princes et de grand prêtre, Dieu choisi un homme de basse condition pour porter sa Parole à ceux qui voudront bien être touchés. Au premier abord, cette parole ne semble pas être très attirante ! Jean-Baptiste proclame un baptême de conversion pour le pardon des péchés. Mais pourquoi se convertir ? Ne sommes nous pas déjà croyant depuis longtemps ? Alors est-ce que cette page d’Evangile me concerne ? Nous pouvons nous demander ce que signifie profondément la conversion. Ce mot veut dire littéralement se retourner, faire un demie tour. L’Evangile nous en offre de beaux exemples. Marie-Madeleine qui au matin de Pâques se retourne lorsqu’elle entend le ressuscité prononcer son nom. L’annonce de la Résurrection de son maître et ami la retourne littéralement. D’ailleurs dans le récit elle le fait physiquement. Autre exemple. Le centurion au pied de la Croix qui s’écrit « Vraiment celui-ci était le fils de Dieu ». Combien d’hommes et de femmes encore aujourd’hui sont « retournés » par une rencontre avec Dieu ? Chaque année plus de 2000 jeunes et adultes sont baptisés parce qu’un jour une parole, une rencontre les a bousculés et les a mis en route.


Nous même, si nous sommes habités par la Parole de Dieu, nous sommes invité à bien des retournements. Nous n’aurons jamais fini de découvrir l’immense amour que Dieu nous porte. Chaque jour nous avons à le redécouvrir pour nous même et pour les autres. En nos vies il y a encore bien des ravins à combler ! Mais rassurons nous, Dieu y travaille si nous le laissons agir car finalement la conversion c’est se laisser faire par Dieu qui veut nous mener à travers le désert pour nous offrir sa vie. C’est l’expérience fondamentale qu’a vécu Saint Paul sur le chemin de Damas. Lui qui était un  croyant juif zélé va découvrir que Dieu, Yahvé l’inaccessible, est aussi Jésus le Fils qui a pris notre condition humaine. Il va devoir se laisser faire et guider pour redécouvrir avec des yeux neufs ce Dieu qu’il voulait servir. Il va devoir accepter que Dieu puisse l’aimer au point de se livrer à la mort pour lui. Saint Paul ira jusqu'à dire « Ma vie aujourd’hui dans la condition humaine, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et qui s’est livré pour moi. » (Ga 2, 20). C’est ce que chacun d’entre nous peut dire avec Paul à chaque messe. A chaque eucharistie Dieu nous aime et se livre pour chacun d’entre nous. Comment ne pas être retournés par une telle nouvelle ? Comment ne pas être transformé par une telle déclaration d’amour de Dieu ? Quelle foi avons-nous en ce Dieu que nous recevons dans nos mains ou notre bouche à chaque eucharistie ? Acceptons nous d’être transformés par cette rencontre ? Un tel don doit nous permettre de quitter notre robe de tristesse et de revêtir le vêtement de joie de notre baptême. Nous pourrons alors accueillir pour nous même cette prière de Paul que nous avons entendus tout à l’heure : « Frères, chaque fois que je prie pour tous, c’est toujours avec joie, à cause de ce que vous avez fait pour l’Evangile en communion avec moi, depuis le premier jour jusqu’à maintenant. Et puisque Dieu a si bien commencé chez vous son travail, je suis persuadé qu’il le continuera jusqu’à son achèvement au jour où viendra le Christ ». Alors laissons Dieu achever en nous ce qu’il a commencé le jour de notre baptême. Demandons lui la grâce de notre propre conversion pour toujours mieux le connaître pour nous en émerveiller et en être des témoins joyeux ! Dieu vient à notre rencontre alors ne la manquons pas et préparons notre cœur pour le recevoir dans la paix et la joie. Ainsi nous marcherons « sans trébucher » jusqu’à la nuit de Noël où Dieu nous donne rendez vous pour célébrer la faiblesse qu’il a accepter de vivre pour nous. Merci mon Dieu pour tant d’amour, qu’il est grand ton mystère !

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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 22:20


« Je regardais ». Ce sont les premiers mots de la première lecture. Peut être qu’ils suffisent pour résumer la fête liturgique que nous célébrons ce matin : le Christ Roi. Un roi qui sera dépouillé de sa dignité. Un roi qui se rend présent au cœur de la nuit de Daniel, au cœur de son épreuve. Le fils de l’homme marqué pour toujours par les blessures de la passion se présente devant un Vieillard qui lui remet la Royauté sur toute chose. Le fils de l’homme peut régner car il est allé jusqu’au bout de sa passion pour ses frères les hommes. Cet enfant chéri par un père qui lui donne tout, est livré entre les mains des hommes qu’il a créé libres et par amour. Dieu va jusqu’au bout du don en offrant son propre fils. Ce Fils est présenté devant Pilate. Pilate, qui rêvait de le rencontrer, va pouvoir enfin découvrir ce Jésus qui attire à lui des foules de malades, de pêcheurs, d’infirmes, de petites gens ou de gens riches en recherche. C’est donc lui que l’on accuse d’être le roi des juifs ! Il a fière allure celui-là ! Un roi ligoté à la merci du bon vouloir de l’occupant…. Le dialogue s’instaure. « Es tu le roi des juifs ? » Jésus ne répond pas directement à Pilate. Cette royauté dont Jésus veux se prévaloir n’est pas à entendre, elle est à voire et elle culmine au calvaire. La royauté de Jésus n’est pas exercée sur un trône mais sur un instrument de mort. Pilate s’impatiente et repose pour la deuxième fois cette question « Alors, tu es roi ? » Jésus répond ainsi « Tu l’as dit : Je suis roi. Je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Tout homme qui appartient à la vérité entend ma voix ». La voici la royauté de Jésus : rendre témoignage à la Vérité. Le pape Benoît XVI dans sa dernière encyclique nous le redit avec force dans son introduction. « L’amour dans la vérité, dont Jésus, s’est fait le témoin dans sa vie terrestre et surtout par sa mort et sa Résurrection, est la force dynamique essentielle du vrai développement de chaque personne et de l’humanité tout entière. L’amour – caritas – est une force extraordinaire qui pousse les personnes à s’engager avec courage et générosité dans le domaine de la justice et de la paix. C’est une force qui a son origine en Dieu, Amour éternel et vérité absolue. […] Défendre la vérité, la proposer avec humilité et conviction et en témoigner dans la vie sont par conséquent des formes exigeantes et irremplaçables de la Charité ». L’authentique témoignage de la foi s’enracine dans la vérité. Comme Pilate nous avons envie de poser cette question « mais qu’est ce que la Vérité ? ». Jésus se tait. Il ne parle plus. Il réserve ses dernières Paroles de miséricorde pour ces misérables qui vont le clouer sur la croix. Ses dernières paroles pour offrir le salut à un criminel crucifié à ses cotés. Ses dernières paroles pour oser crier à la face du monde sa solitude face à la mort et rejoindre tous ceux qui doute de la présence de Dieu face au malheur qui s’abbat sur eux. Dernières Paroles pour nous offrir marie sa mère qui devient la notre pour nous accompagner chaque jour de son amour maternelle. Dernières Paroles de confiance « entre tes mains je remets ma vie, mon Esprit ». Le point d’orgue : l’esprit donner à ceux qui osent accueillir une telle vérité qui se donne à voire dans l’impuissance totale de celui qui n’est plus que don pour son Père et ses frères les hommes. Nous sommes donc les témoins de cette vérité qui redis que toute personne humaine est digne de respect quelque soit sa condition, ce qu’elle a fait. Une vérité qui nous invite à aimer en parole et en acte nos frères les plus fragiles, ceux qui n’ont pas droit au chapitre. Nous comprenons alors mieux le combat de l’Eglise pour la défense de la vie de la conception à son terme. Jésus, jusqu’au bout va défendre cette vie. Non pas en rendant le mal pour le mal mais en offrant ses paroles de vie et de réconfort. Avec Dieu, il y a un chemin possible de conversion pour un bourreau. Avec Dieu, il y a toujours un chemin de vie même lorsqu’il n’y a plus d’espoir apparent. Alors soyons les témoins fidèles de cette Vérité absolu que le Christ nous a livré au Calvaire et en se présentant victorieux de la mort le matin de Paque. Rassurons nous. Ce témoignage n’est pas fait pour des super héros mais pour des humbles qui écoutent la voix de Celui qui est venu nous révéler une telle vérité de vie et d’amour.  Alors tournons nous vers la Croix. Contemplons la avec Amour et redisons à tous ceux que nous rencontrons combien ils sont aimer par ce roi qui s’est fait l’esclave de chacun d’entre nous. Merci Jésus pour tant d’amour.

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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 21:04


L’homme qui est devant vous et qui vous parle n’a jamais connu la guerre. Cet homme est né en 1975. Son pays est en paix. Une paix qui a un prix. Lorsque je vois un monument aux morts, je  ne peux m’empêcher d’avoir une pensée pour tous ces jeunes et moins jeunes qui un jour sont partis sans rien avoir demandé. Ils ont quitté des parents, une femme ou une fiancée, des enfants et ils sont revenus entre quatre planches. Certains garderont des séquelles à vie. Je pense aussi à ceux qui un jour on dit « ça suffit ». On a payé  assez cher! Ces hommes et ces femmes ont vécu la guerre dans ce qu’elle a de plus atroce. Plus rien à leurs yeux ne devait justifier un conflit armé. De cette intuition est née l’Union Européenne. Des peuples autrefois ennemis sont devenu amis et frères. Ce matin le président de la république française sera aux coté de Mme le chancelier de la république fédérale d’Allemagne. Que de chemin parcouru depuis 1918 où la revanche prévalait ! A un armistice humiliant pour le vaincu a succédé la réconciliation. Le pardon a fait place à la haine de l’ennemi. Comment cela est il possible ? Le pardon n’est pas oubli mais permet la reconnaissance de la vérité sur ce qui s’est passé. La paix est fragile nous le savons bien. Les 10000 militaires français en opérations extérieures nous le redisent. La paix est d’abord à cultivée autour de nous avant de la rêver pour le monde entier. La Parole de Dieu nous le rappelle avec force ce matin, il n’y a pas de paix possible sans la justice. Comment être en paix avec son voisin s’il n’a pas de quoi vivre ? Comment aspirer à vivre en paix si je n’ai pas appris en famille le pardon qui retisse les liens qui se sont distendu par la dispute. La foi chrétienne ne protège pas de la barbarie. En chacun de nous il y a un combat à mener. C’est celui de la fraternité au lieu du replis sur soit. Nous pouvons nous interroger ce matin sur notre attitude vis-à-vis des autres. Est-ce que j’essaye de mieux le comprendre ou bien je l’ignore ou le voit comme une menace. La paix ne né pas naturellement. Elle se cultive et fleuri là où on l’entretien. Le premier lieu où j’ai à l’entretenir c’est dans mon cœur. Dieu nous invite à devenir des hommes de paix, de miséricorde et de justice. Le chrétien est aussi un homme de mémoire puisque à chaque eucharistie il fait mémoire de la mort et de la Résurrection du Christ. Cet acte de mémoire ne nous enferment pas dans le passé mais au contraire oriente toute notre vie vers l’avenir, celui d’une vie en Dieu où il n’y de place que pour la paix. Merci à vous qui entretenez le devoir de mémoire pour que ma génération et celle de nos enfants puissent vivre en paix en sachant que celle-ci à un prix. Que ce devoir de mémoire n’entretienne aucune rancune mais qu’elle soutienne tous les efforts de paix. Alors ceux qui sont tombés pour la paix ne seront pas morts pour rien. Tout à l’heure le prêtre dira ces paroles « Ton Esprit travaille le cœur des hommes : et les ennemis enfin se parlent, les adversaires se tendent la main, des peuples qui s’opposaient acceptent de faire ensemble une partie du chemin. Oui c’est à toi que nous le devons, si le désir de s’entendre l’emporte sur la guerre, si la soif de vengeance fait place au pardon, et si l’amour triomphe de la haine ». Que cette prière devienne réalité en chacun de nos cœurs.

 

 

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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 22:03

 Deux veuves, trois sacrifices. Trois sacrifices qui prennent une valeur infinie aux yeux de Dieu. Pourquoi prennent ils une telle valeur ? Précisément car ils sont fait sans calculs. Le premier est le fait d’une veuve qui subi comme tout le monde la famine. Une famine peut être encore plus cruelle pour une veuve qui n’a plus d’autre ressource que d’aller chercher du bois pour se chauffer et cuir le peu qu’il lui reste. Sur une parole, elle va oser donner le peu dont elle dispose. « N’ai pas peur… ». Alors qu’il ne lui reste à manger que pour deux, la veuve va donner au prophète tout ce qui lui reste. Elle donne tout en pensant qu’elle va mourir, elle et son fils. Quelle démarche de foi ! Parce qu’elle a cru à une parole, la voici riche d’une abondance de vie. Sa cruche ne désemplie pas parce qu’elle a oser donner le peu qui lui restait. Mystère du don gratuit.

Autre veuve, autre endroit. Dans la cohue du temple, une pauvre veuve s’approche mésirablement du tronc et donne le peut dont elle dispose. Deux piécettes, un don dérisoire. Personne ne la remarque sauf peut être celui qui sait voir dans les cœurs. Dieu lui-même en Jésus, remarque cette pauvre femme qui donne, qui ouvre la main pour lâcher le peu qu’elle possède. Ces deux piécettes sont légères et pourtant si lourdes. Lourdes de tout l’amour qu’elles contiennent. L’amour ne retient pas il donne tout. Or cette veuve donne de son nécessaire. Pour elle ce n’est pas un simple petit don en passant. C’est tout ce qu’elle possède. Jésus l’a bien compris. Pour lui ce sacrifice est une parabole de ce qu’est Dieu par nature. Un être qui se donne pour… C’est ainsi que dans la lettre au Hébreux nous lisons « il est entré dans le ciel même, afin de se tenir maintenant pour nous devant la face de Dieu ». Dieu ne calcul pas.

Il donne ou plutôt il se donne lui-même tout entier pour chacun d’entre nous. Tout à l’heure le prêtre dira dans la prière eucharistique : « Ceci est mon corps livré pour vous », « ceci est la coupe de mon sang, le sang de l’Alliance nouvelle et éternelle, qui sera versé pour vous et pour la multitude… ». Qu’il est grand ce mystère de la foi ! On  ne peut rien comprendre si on enlève le mot sacrifice pour parler de l’eucharistie. A chaque eucharistie Dieu nous redit c’est pour toi que je suis aller jusqu'à ce don. Je ne pouvais te donner plus, puis que je me suis donné moi-même pour toi. Alors cessons d’avoir peur de ce mot. Le sacrifice chrétien n’est autre qu’un don sans mesure où s’il y a une mesure c’est celle de l’Amour donner et reçu. C’est ce que produit l’eucharistie dans nos vie. Après la consécration le prêtre poursuivra et fera cette prière sur chacun d’entre vous « Que l’Esprit Saint fasse de nous une éternelle offrande à ta Gloire… ». Une question se pose à nous à chaque eucharistie.

Prenons nous au sérieux les paroles prononcées par le prêtre au nom de toute l’Eglise  et de Jésus lui-même ? Sommes nous prêt à devenir cette offrande pour la Gloire de Dieu ? Tous qui que nous soyons, nous avons a devenir ce que nous recevons dans la communion. Des être faits pour le don. Pour le recevoir et le donner. En cela les couples mariés nous le redisent par leur vie, malgré les difficultés. Je suis toujours heureux lorsqu’un couple choisi la troisième formule d’échange des consentements. « Je te reçois comme époux (épouse) et je me donne à toi ». C’est ce qu’à souhaiter le Christ pour son Eglise. Pour lui c’est une parole sans retour. Sa fidélité est sans faille malgré les errements de l’Eglise. Le Christ s’est livré pour elle car il l’aime. Et nous, aimons nous l’Eglise ? Cette Eglise qui est notre famille où nous recevons les vivres pour devenir à notre tour un don pour nos frères.

Nous connaissons bien les difficultés du moment. Cessons de nous y appesantir mais faisons mémoire de la passion et de la Résurrection du Christ. Elle est là  notre espérance. Obéissons au Christ lorsqu’il nous commande « Vous ferez cela en mémoire de moi ». Un commandement d’avenir pour découvrir toujours plus profondément combien nous sommes aimés et appelés à aimer. Alors n’ayons pas peur de nous approcher de l’autel et d’y recevoir le corps du Christ. Il est notre nourriture pour notre route pour que nous puissions à notre tour nous donner sans calcul. Faisons notre les parole du psalmiste « Heureux qui s’appuie sur le Dieu de Jacob, qui met son espoir dans le Seigneur son Dieu ». Nous ne serons jamais déçus

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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 20:44


Sans doute chacun d’entre nous a pu se rendre en pèlerinage dans un cimetière, pour faire mémoire d’un être cher qui est décédé et dont nous souhaitons honorer la mémoire. Et nous avons raison car chacune de ces lumières qui brillent sur l’autel nous rappellent que nous sommes des héritiers de la vie de ceux qui nous ont précédés. Les textes de la Parole de Dieu nous invitent à nous interroger sur le sens que nous donnons à notre propre vie. Car finalement cette messe, c’est aussi pour nous permettre de vivre notre aujourd’hui. Je fais mémoire de ceux qui étaient avant moi pour garder quelque chose de leur existence pour ma vie d’aujourd’hui. La première lecture nous rappelle que nous ne sommes pas obligés de dépasser les 100 ans pour avoir une vie réussie et féconde. Cet extrait du livre de la Sagesse me rappelle que c’est maintenant et pas demain que j’ai à décider de ce que je veux faire de ma vie. Une vie repliée sur elle-même ou au contraire une vie qui se donne pour les autres. Paul l’a bien compris. Le pire qui puisse arriver à un homme ou à une femme, c’est le replis sur sois. Paul insiste : « Frères, aucun d’entre nous ne vit pour soi-même, et aucun ne meurt pour soi même ». Notre vie n’a de sens que si elle est orientée vers les autres. La véritable mort c’est lorsque nous n’avons plus aucune relation. Paul peut se permettre de nous rappeler cette réalité fondamentale car il fait référence au Christ. Or la vie du Christ, c’est une vie constamment tournée vers son Père et vers ses frères. La clef du bonheur et d’une vie réussie se situe à ce niveau. Une vie tournée vers Dieu et vers nos frères. C’est ce que représente la croix du Christ et qui donne du poids à nos vies. Mouvement vertical et horizontal qui se rencontrent pour devenir le point d’équilibre de nos vies d’hommes et de femmes. Loin de nous désengager de la vie humaine, la vie chrétienne devient un moteur pour être solidaire de chacun de nos frères.

 

Face à la mort d’un proche nous sommes bien démunies. Le chrétien n’est pas plus blindé qu’un autre face à la souffrance et à la mort d’un être cher. Il nous faut alors fixer notre regard sur ces petites lumières allumées tout à l’heure. Lumières bien fragiles mais qui nous redisent que dans la nuit du doute, il y a une lueur et une présence. Si nous ouvrons notre cœur nous entendrons peut être le Christ nous redirent à chacun « Tous ceux que le Père me donne viendront à moi,  et celui qui vient à moi, je ne vais pas le jeter dehors. » Alors ce soir venons à Lui et osons croire que nos défunts sont à ses cotés. Ses bras et ses mains sont ouverts pour qu’aucun homme ne soit perdu mais qu’il soit accueilli, consolé, aimé et puisse vivre enfin libéré de tout ce qui l’empêchait d’aimer pleinement. Que cette espérance nourrisse notre prière pour nos défunts.

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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 06:01


Si j’étais publicitaire, je crois que j’aurais utilisé ce slogan pour la Toussaint : « la sainteté vous va comme un gant ». Saint Jean ne dit pas autre chose en disant que : « Dieu a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu et nous le sommes ». L’enjeu est là. Accepter d’être des fils et des filles pour Dieu. Nous le savons bien la qualité de parents ne s’acquière pas. Elle se fonde sur une relation d’amour et de confiance. Il ne suffit pas d’être un géniteur pour être père. Il ne suffit pas d’être présent à la maison pour être reconnu comme un père ou une mère. Il faut que l’enfant vous reconnaisse comme ses parents. Il en va de même pour la Sainteté. Nous pouvons alors nous poser la question de notre relation à Dieu. Est il pour nous un père qui nous aime et nous fait confiance ? Avons-nous envie de l’aimer ou bien au contraire de nous éloigner de lui ? Rassurons nous ! Des parents dignes de ce nom ne rejetteront jamais leurs enfants même si ceux-ci semblent les avoir rayés de leur mémoire. Une des grande qualité de Dieu c’est la patience…. Alors même si nous nous sommes éloignés de lui, il sera toujours temps de revenir à la maison. Saint Jean a bien cerner la difficulté du chrétien lorsqu’il dit : « ce que nous serons ne parait pas encore clairement ». Nous sommes en devenir. Tout n’est pas écrit d’avance. Nous sommes tous appelés à la sainteté. Mais nous sommes en route vers elle. Nous résistons bien souvent à cet amour d’un père ou d’une mère qui nous aimes sans conditions. Nous-nous sentons souvent indigne de cet amour ou bien nous pensons que nous sommes assez riche pour nous passer de l’amour de Dieu. Le concile Vatican II nous rappelle que nous sommes en chemin vers cette sainteté offerte à tous. « Tous ceux qui croient au Christ, quels que soient leur condition et leur état de vie, sont appelés par dieu, chacun dans sa route, à une sainteté dont la perfection est celle même du Père » (LG 11).

Cette route dont parle le concile n’est pas une route où l’on recherche une perfection humaine. Si c’est cela le chemin de la sainteté, je préfère arrêter tout de suite ! Nous devons prendre cette route avec nos défauts et notre nature. Sainte Thérèse de Lisieux l’a bien compris lorsqu’elle dit dans sa lettre n° 243 (adressée à sa sœur Marie) : « ‘Mais dès que j’ai dit : Mon pied a chancelé, votre miséricorde, Seigneur, m’a affermi !... (Ps 93) » Oui il suffit de supporter avec douceur ses imperfections. Voilà la vraie sainteté ! » Dès lors la sainteté n’est pas un chemin où l’on s’efforce d’être parfaits. C’est un chemin sur lequel je laisse l’amour de Dieu me transformer. Il ne s’agit pas de se complaire dans ses défauts ou ses faiblesses mais de s’accepter tel que l’on est et d’arrêter de se rêver. C’est peut être aussi tout le travail des parents et éducateurs. Comment aider l’enfant à s’accepter tel qu’il est et les parents d’accepter leur enfant tel qu’il et non comme ils rêveraient qu’il soi ?... On peut alors accueillir l’Evangile des Béatitudes qui ne fait pas l’éloge d’une vie parfaite. Dans cet évangile il y a place pour la faiblesse. On peut pleurer en voyant l’autre malheureux. On peut oser la douceur qui est bien souvent perçue comme une faiblesse dans ce monde brutal qui ne laisse pas beaucoup de place au faible. Le Christ ne fait pas ici l’apologie de la faiblesse mais il redonne la première place à l’amour qui est de se laisser habiter par l’Esprit du Christ.

Seul le Christ a pu vivre totalement ces 9 béatitudes. Elles sont un chemin. Sur ce chemin nous pouvons rencontrer des obstacles, le découragement. Les grands saints l’ont bien compris et vécu. La sainteté ne se conquière pas, elle s’accueille jour après jour. Même lorsque je tombe je peux me relever. C’est peut être là, la véritable sainteté : découvrir que sans l’amour de Dieu, qui me relève, je ne peut pas marcher vers la sainteté. Il ne s’agit plus de faire des choses mais bien de laisser Dieu agir en moi y compris dans ma faiblesse.

Finalement la Sainteté est un chemin de confiance. La confiance en celui qui est à mes cotés chaque jour et qui ose lui-même me faire confiance pour être un reflet de son amour. Alors comme Thérèse de Lisieux nous pouvons redire « C’est la confiance et rien que la confiance qui doit nous nous conduire à l’amour » (LT 197). Alors qu’attendons nous pour devenir des saints ?

 

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