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  • Christophe FEREY
  • Bonjour, je m'appelle Christophe, j'ai 34 ans et je suis  prêtre pour le diocèse de Coutances et Avranches depuis le 10 juin 2007. J'ai été ordoné par Mgr Stanislas LALANNE
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1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 20:37

Certains d’entre nous se sont rendus dans une église mercredi. Il se sont levé et ont marché vers un prêtre pour recevoir des cendres et une parole « Convertissez-vous et croyez à l’Evangile ». Nous entendons à nouveau, ce matin, cette même parole dans la bouche de Jésus : « convertissez vous et croyez à la Bonne Nouvelle ». Peut être que nous-nous habituons un peu trop aux formules liturgiques qui nous sont familières. Et pourtant  chaque année nous sommes invités à vivre ce temps qui rompt avec l’ordinaire de nos jours. La conversion ce n’est pas d’abord choisir tel ou tel effort qui bien souvent d’ailleurs n’est pas tenu. La conversion c’est d’abord vivre une rencontre qui va transformer notre vie comme elle à pu transformer celle de Saint Paul. Avons-nous conscience que lorsque nous venons à l’eucharistie le dimanche, c’est pour vivre une conversion ? Pas celle d’une transformation de défauts en qualité mais une rencontre qui nous permettra repartir avec un esprit nouveau, un regard neuf et renouvelé. L’eucharistie ce n’est rien d’autre qu’une rencontre et une communion avec celui qui est mort et ressuscité pour que tout ce qui nous éloigne de Dieu soit détruit.

 

Désormais, plus rien ne peut nous empêcher de vivre avec Dieu. Une fois pour toutes, Dieu s’est donné en son Fils pour que nous puissions enfin retrouver notre liberté d’enfants de Dieu qui était entravé par le péché c'est-à-dire nos fermetures de cœur. Le Cœur de celui que nous célébrons à chaque eucharistie demeure ouvert pour que personne ne puisse être exclue de la vie de Dieu. Jésus est allé jusqu'à nous rejoindre dans nos lieux de morts. Désormais tout est assumé par Dieu et la vie avec lui nous est promise si nous l’acceptons. Un mur a été brisé et un chemin ouvert. Allons nous l’emprunter ? Pour suivre ce chemin dans notre vie quotidienne nous n’avons pas d’autre choix que de rencontrer Celui qui nous l’a ouvert. A chaque eucharistie nous redisons que le Christ s’est livré pour la multitude. Comment ne pas être saisies par de telles paroles ? En tout cas le pauvre prêtre que je suis ne peut pas s’y habituer. En venant communier, au corps du Christ, nous venons en compagnie de toute l’humanité rachetée et sauvée. Comment alors regarder ensuite son voisin de travers ? Voire en l’autre un rival.

 

Et finalement, si notre conversion n’était ni plus ni moins de pouvoir regarder en chaque personnes un frère ou une sœur que le Christ a sauvé ? Regardons la croix et cet homme cloué au boit. Notre vie à la suite du Christ est semblable à cet homme. Cet homme n’a que ses bras, ses mains et son cœur ouverts à offrir aux hommes. Venir communier au corps du Christ c’est repartir avec ces bras, ces mains et ce cœur ouverts et accueillant à tout homme. Sommes nous prêts à nous laisser transformer par Celui qui est venu nous sauver en nous donnant sa vie ? La vie chrétienne c’est une vie constamment ouverte, toujours prête à accueillir du neuf, de l’inédit. Le Christ n’a pas voulu maintenir ses disciples dans un cocon protecteur. Il est les envoient dans le monde pour être porteurs de cette bonne nouvelle : Dieu aime tout homme et veut le sauver. Cette bonne nouvelle peut alors donner sens à toute vie puisque tout ce que nous faisons avec Amour demeurera pour l’éternité. Mais avant d’être porteur d’une nouvelle il faut d’abord la recevoir.

 

Bien souvent nous percevons le carême comme un temps de pénitence. Et si pour une fois, ce temps était celui où nous prenions le temps de découvrir l’action de Dieu en nos propres vies en en quoi la foi en Christ est pour nous personnellement une bonne nouvelle ?

Nous pourrons alors être d’authentiques porteurs de cette bonne nouvelle. Nous manquons souvent de simplicité dans ce domaine. Connaissez vous l’histoire de foi de votre voisin qui est à vos cotés dans cette église ? Dans quelques instants nous ferons communion en venant tendre nos mains pour recevoir l’eucharistie. Que cette communion fraternelle nous aide à grandir en fraternité. Alors votre communauté paroissiale deviendra un signe, une petite lumière pour ceux qui cherche une lumière dans leur vie.  Que ces 5 semaines qui nous séparent de Pacques soient pour nous l’occasion de nous laisser visiter par Celui qui veut nous habiter pour faire de nous d’heureux porteurs d’une bonne nouvelle pour nos frères. N’ayons pas peur d’inscrire dans notre cœur ces mots du psalmiste « Seigneur, enseigne moi tes voies, fais moi connaître ta route. Dirige moi par ta vérité, enseigne moi, car tu es le Dieu qui me sauve ».

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25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 22:25


Dans quelques instants, nous nous lèverons et nous irons recevoir des cendres et une parole « Convertissez-vous et croyez en l’Evangile ». Que peut bien vouloir dire une telle démarche en 2009, en ce temps de tous les possibles et aussi de tous les dangers ? Comment comprendre le signe qui nous est proposé par l’Eglise et qui rejoint toute la tradition biblique ?

Quelle est donc cette longue tradition ? Celle d’un peuple qui continue à entendre cet appel déchirant d’un Dieu qui ne peut se résoudre à voir l’homme se perdre et souffrir. « Revenez à moi de tout votre cœur » (Jl 2, 12). Cet appel, il est encore vrai pour nous aujourd’hui, en 2009. Il est même peut être plus actuel que jamais. Devant la folie des hommes, Dieu  n’a d’autre ressources que de se révéler tel qu’il est pour permettre à l’homme, qui le reconnaît et l’accueille, d’ouvrir son cœur et de prendre un chemin qui le rendra plus humain. Alors si vous voulez prendre ce chemin soyez les bien venu. Mais attention ce chemin n’est pas fait pour ceux qui refusent l’aventure. Cette aventure si vous l’acceptez, sera d’abord de redécouvrir en profondeur qui est ce Dieu qui nous tend la main et veut nous accompagner sur les chemins de notre vie. Notre démarche de carême n’aura de sens que si elle nous permet de rencontrer Celui « qui est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour » (Jl 2, 13). Loin de nous attendre au virage, Dieu veut pouvoir enfin nous rencontrer tel que nous sommes avec nos faiblesses et nos richesses. Accepter de recevoir un peu de cendre sur notre front, c’est finalement reconnaître certes notre fragilité, mais surtout qu’au sein même de cette fragilité il y a un trésors qui y est déposé. Bien souvent ce trésor est recouvert de cendre et il a besoin d’un peu de souffle pour resplendir à nouveau.


Et si ce carême était pour nous une respiration pour reprendre du souffle ? Car bien souvent nous nous essoufflons à force de donner, de vouloir croire par nos propres forces et nous oublions bien souvent l’essentielle : la rencontre avec un Père qui nous attend chaque jour sans ce décourager. Combien de fois avons-nous jeûné de cette rencontre. Et si le carême nous permettait de rompre ce jeûne mortifère pour un chrétien ? Si au contraire ce carême était nourrissant au lieu d’être un lieu aride comme on le pense souvent. Mais ne nous faisons pas d’illusion, le carême est un combat car nous traversons un désert pour rejoindre une nouvelle terre. Quiconque qui a traversé un désert dans sa vie sait qu’il ne peut pas le traverser seul. C’est pourquoi nous sommes invités à venir en communauté pour vivre le départ de cette marche de 40 jours. Ce chemin, nous allons le vivre ensemble et en même temps chacun avancera selon son rythme et prendra peut-être une route différente. Mais l’essentiel est d’atteindre la destination : la joie de Pâques qui passe par la nuie de la Passion.


Ce chemin que nous prenons aujourd’hui est balisé. Une balise n’est jamais un passage obligé mais un reperd si on ne veut pas se perdre. Tout d’abord il y a la prière qui nous invite à un cœur à cœur avec Dieu qui voit dans le secret. Le cœur qui nous permet d’aimer n’est t’il pas le lieu le plus secret de l’homme ? Pourquoi ne pas se retrouver entre plusieurs croyants pour vivre ce temps et s’encourager mutuellement ? Il y a ensuite ce temps d’accueille de la Parole qui vient nous bousculer et nous faire avancer. La paroisse vous propose plusieurs rencontres durant ces 5 semaines. Autre balise : le jeûne qu’il soit de nourriture ou de tout ce qui peut nous isoler et nous replier sur nous même. Peut être que dans ce temps, où la consommation insatiable semble devenir une idole, le jeûne retrouve toute sa pertinence. Il est l’occasion pour nous, de créer le manque qui nous permettra peut être l’ouverture de notre cœur pour redécouvrir que l’essentiel de toute vie humaine réside dans la relation à autrui. Une relation qui invite à un don réciproque qui nous enrichi mutuellement et qui parfois peut nous redonner confiance et nous réconforter. Cet enrichissement va au-delà du consommable, il nous donne une épaisseur humaine. Il nous offre un regard renouvelé sur tout homme. Car finalement, le carême c’est apprendre à regarder comme Dieu qui regarde au-delà des apparences. Est ce que je prends le temps de regarder de manière nouvelle les personnes avec qui je vie ou que je rencontre régulièrement. Suis-je encore capable de m’en émerveiller ou d’être surpris par elles ? Alors si nous vivons une telle démarche d’ouverture de notre cœur, tous nos gestes de partages, de solidarité prendront sens. Nous deviendrons alors les « ambassadeurs du Christ », c'est-à-dire porteurs de son message pour qu’il agisse en ceux que nous rencontrerons. Alors n’ayons pas peur de prendre la route car c’est le moment favorable.

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22 février 2009 7 22 /02 /février /2009 20:49


A l’orée du carême, voici que Saint Marc nous propose une rencontre entre Jésus et un homme paralysé. De cet homme, nous ne savons rien sinon qu’il est porté par 4 hommes. 4 hommes qui sont près à vivre l’impossible pour que la rencontre ai lieu. Qu’elle est donc cette foi qui pousse ces hommes à y croire à ce point ? Ils vont jusqu'à ouvrir le toit d’une maison pour passer. Leur foi va bousculer tous les obstacles sur le passage. Combien de temps ce malade est il cloué sur le brancard ? Personne ne le sait. Peut on imaginer ce qu’il endure ? Le regard des autres qui ne voient en lui qu’un pêcheur. « Il faut bien qu’il y ai une raison pour qu’il soit dans un tel état » se disent les croyants de l’époque. « Ce pécheur, car il ne peut qu’être pécheur, n’a que ce qu’il mérite ! ». Pourtant, 4 hommes décident de le porter et de braver la foule. Jésus dans la maison regarde ces quatre hommes qui unissent leurs efforts pour qu’enfin le paralysé revive. Leur force se met au service d’une vie nouvelle qui est en germe et qui veut s’offrir. Jésus regarde ce toit ouvert comme une fenêtre sur le ciel nouveau annoncé par le prophète Isaïe.  Un monde nouveau est en germe. Alors que chacun vit pour lui-même, il y a ces quatre hommes qui portent cet homme blessé par la vie. Le chacun pour soit devient fraternité. 4 hommes ont osé croire que cet homme puisse être digne de la rencontre avec Dieu. Nous-mêmes en sommes nous convaincu ? Tout homme quel qu’il soit est digne de la rencontre avec Dieu. Personne n’est tombé trop bas pour être exclu de Dieu. Nous ne savons rien de ces quatre hommes sinon qu’ils unissent leurs efforts pour ouvrir le ciel à cet homme qui n’attendais peut être plus rien de la vie. Nous même nous sommes invités à devenir ces hommes et ces femmes qui osent croire que la vie peut être plus forte que les forces de mort qui parfois envahissent l’homme. Sommes nous prêts à porter un regard de frère sur toute personne rencontrée ? Ce regard peut parfois ouvrir un chemin pour celui qui le reçoit. Au-delà de l’apparence, il y a cette réalité que le Christ nous rappelle ce matin : devant nous, il y a un fils bien aimé par un père qui n’a d’autre désir que de pouvoir enfin le serrer dans ses bras pour lui redire combien il l’aime. La première parole de Jésus envers cet homme sera « mon Fils ». Cette Parole vient restaurer en l’homme l’image abîmée par tant de luttes. Le paralysé n’est plus seulement ce malade clouer sur sa civière mais il est bien une personne digne de respect. Ce qui peut nous étonner ici c’est que Jésus ne commence pas par une guérison physique. Il commence peut être par ce qu’il y a de plus important : le pardon que Dieu veut offrir à tout homme qui vient vers lui. Ce pardon vient guérir et pacifié notre mémoire. Parfois notre passé nous hante, nous paralyse et nous empêche de regarder vers l’avenir et d’avancer dans la vie. En pardonnant, Dieu redonne un avenir à celui qui était emmuré dans le passé, dans la culpabilité ou la tristesse. Désormais, pour cet homme, le passé est pardonné et il peut désormais accueillir cette parole d’Isaïe « ne vous souvenez plus d’autrefois, ne songez plus au passé ». Nous avons parfois besoin de guérir nos blessures du passé pour que ce passé n’envahisse plus le présent. Et si le carême nous permettait d’entendre cette parole du Père relayée par le Christ ? « Mon fils, tes péchés sont pardonnés ». Par le sacrement du pardon nous sommes relevés et nous pouvons reprendre la route. Le pardon n’efface pas le passé, il le cicatrise. La cicatrice est alors une trace de la blessure mais aussi le signe de la guérison. Alors sommes nous prêts à demander à Dieu qu’il nous guérisse de tout ce qui nous rive sur notre passé ? Finalement, le Carême ce n’est rien d’autre que d’entendre Dieu nous dire « Lève toi, prend ton brancard et rentre chez toi ». Alors n’ayons pas peur de cette rencontre que nous propose le Christ, même si nous avons l’impression que nous ne pourrons pas quitter ce brancard qui nous empêche d’avancer depuis tant d’année. Nous pourrons alors sans crainte revenir chez nous c'est-à-dire oser nous habiter pleinement. Réconciliés avec nous-même, avec Dieu et les autres. Comme Saint Paul nous pourrons nous dire « Celui qui nous rend solides pour le Christ, dans nos relations avec vous, celui qui nous a consacrés, c’est Dieu ; il a mis sa marque sur nous, et il nous a fait une première avance sur ses dons : l’Esprit qui habite nos cœurs ». Que cet Esprit visite chacun de nos cœurs et nous aident à prendre le chemin du Carême. Que ce temps soit pour nous un temps de conversion où nous entendrons le Seigneur nous dire « Mon Fils, Ma Fille, que j’aime tant, enfin je peux te rencontrer ».  Alors peut être que nos déserts intérieurs pourront fleurir.

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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 17:28


Voici qu'au coeur de l'année jubilaire consacrée à Saint Paul, une des colonnes de l'Eglise, nous fêtons sa conversion. Comment comprendre ce géant de la foi sans prendre en compte l'événement qui a bousculer sa vie et qui a fait de lui l'apôtre des nations ? Prenons quelques instants pour y découvrir ce que cet événement peut nous dire pour notre propre foi. Paul est rempli de Zèle et d'amour fou pour Dieu. Il va jusqu'à envoyer des hommes, des femmes, des enfants en prison et certains à la mort au nom de ce zèle. Il ne peut supporter que l'on porte atteinte à la pureté de la foi qu'il a reçu de ses pères. Il est en quelque sorte le dépositaire de la vérité sur Dieu. Il a fréquenté les meilleurs maîtres religieux de son époque. Et le voici parti plein d'assurance vers Damas pour accomplir sa mission. Sur ce chemin de certitude il va tomber. Paul va devoir accepter que quelqu'un le relève. Alors que Paul était dans la nuit de la haine, de la certitude de détenir la vérité, une lumière va venir éclairer ce qui était resté caché à ses yeux. Tombé à terre, vulnérable, dépouillé de sa certitude, Paul va pouvoir accueillir une parole qui va le retourner. « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » Enfin, Paul accède à l'écoute de la Parole au lieu d'en rester à sa rage qui l'aveugle.

Ce Dieu qu'il croyait inaccessible vient à lui.

Ce que Paul vit sur ce chemin, chacun de nous peut le vivre si nous acceptons de quitter nos certitudes sur Dieu. Il échappe toujours à ce que je crois savoir sur Lui. Il est toujours plus grand que ce que je crois. Quand je penses l'avoir saisit, il s'échappe pour me mener plus loin. Soyons comme Paul des amoureux et des aventuriers qui savent prendre parfois des chemins non balisés, quitte à perdre de l'assurance. C'est parfois en ce perdant que nous faisons les plus belles découvertes. Quand on côtoie des jeunes il faut savoir parfois, comme Paul, accepter de perdre des certitudes sur Dieu ou sur la vie pour entrer en dialogue. Les jeunes qui fréquentent les différents lieux que leur propose l'Eglise présente à Cherbourg sont comme une cure de jouvence pour ceux qui les accompagnent. Alors merci à vous jeunes qui êtes présents ce matin dans cette église, pour vos questions et réflexions. Surtout ne soyez jamais satisfais de réponses toutes faites. Merci, car par votre recherche vous êtes comme des aiguillons pour notre propre foi.

Il est vrai qu'aujourd'hui, peut être plus qu'avant, il y a de quoi être déstabilisé lorsqu'on est croyant. Paul le fut dans sa quête de Dieu. Cette rencontre avec le Crucifié va complètement le bouleverser et  lui faire perdre tous ses repères de croyant.

Alors qu'il aurait pu sombrer dans le désespoir, Paul va se laisser prendre par la main et accepter que d'autres l'initie à la foi. Nous-mêmes, face à nos doutes, nos interrogations, avons nous des lieux où nous pouvons les formuler et trouver des frères qui nous aiderons à nous raffermirent ? Plus que jamais nous avons à découvrir en notre voisin de chaise est un frère embarqué avec moi  dans cette aventure de la foi. Dans la tempête, nous avons à redécouvrir que seuls, nous sommes sûr de sombrer. Paul l'avais bien perçus lorsqu'il invite les chrétiens de Corinthe à faire taire leur divisions. « Le temps est limité », nous rappelle Paul, alors ne le gaspillons pas dans de veines querelles. Au contraire resserrons les liens d'unité et de fraternité dans nos communautés paroissiales. Pour cela nous avons à contempler la figure d'Ananie qui se rend au chevet du persécuteur. Il a du découvrir au fond de  lui même qu'on ne peut pas enfermer un homme dans ce qu'il fait, dans ce qu'il parait être. Parfois nous jugeons nos frères car il sont trop ceci, trop cela, pas asser cela. Et s'ils avaient avait quelque chose à nous dire sur Dieu ?

Et s'ils étaient eux même une lettre que nous adresse le Christ ?

Soyons heureux si comme Paul, nous avons découvert qu'être chrétiens ce n'est pas seulement connaître son catéchisme par coeur mais que c'est fondamentalement accueillir dans sa vie une personne vivante. Cette personne c'est le crucifié qui nous fais signe de rejoindre tout homme pour lui offrir cette nouvelle de bonté radicale : tout homme est un être aimé de Dieu. Cet amour est capable de vaincre le coeur le plus endurcis. Finalement la conversion de Paul est la vengeance de Dieu sur la violence et la haine. Au lieu de détruire celui qui persécutait les disciples de son Fils, Dieu va retourner Paul et en faire son apôtre infatigable pour l'annonce de son amour inconditionnel pour tout homme. Avec Paul, osons redire ensemble les paroles du Psaume : « son amour envers nous s'est montré le plus fort ; éternelle est la fidélité du Seigneur ».

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3 janvier 2009 6 03 /01 /janvier /2009 22:07


La liturgie nous fais faire le grand écart. Elle nous balade d'un lieu à l'autre. Alors que Dimanche dernier, nous avions quitté Béthléem pour Jérusalem ; nous voici revenus à la case départ ! Nous revoicis à Béthléem, la Maison du Pain en Hébreux. La liturgie serait elle incohérente et illogique ? Si nous nous bornons à la simple logique géographique, nous pouvons répondre oui. Les textes n'aurais alors été choisis que pour la simple et bonne raison de ne pas oublier un seul épisode de la vie de Jésus. Or je pense que la liturgie veut nous permettre d'entrer plus profondément dans le mystère qui est célébré à travers elle.


Nous pouvons tout d'abord nous interroger ce qu'ont en commun les différentes personnes présentent dans le récit de dimanche dernier et celui d'aujourd'hui.


Tout d'abord, cela fait des années que ces personnes attendent. Sans ce décourager, elles savent que le Sauveur va venir et qu'elles le verront. Elles ne sont pas dans une démarche de certitude mais dans une démarche de recherche. Elles ne sont sûr que d'une chose : le Seigneur se rendra présent dans leur vie. Ces personnes s'y préparent et demeurent disponibles pour l'heure de la rencontre. Elles ne sont donc pas dans une attitude passive. L'un (Syméon) se tient prêt à prendre le chemin lorsque l'Esprit Saint viendra lui indiquer que le jour est enfin arrivé. Les mages ne cesse de scruter le ciel pour découvrir enfin une étoile qui leur indiquera le chemin à parcourir. Et nous, sommes nous aussi en recherche ou bien pensons nous avoir déjà fait le tour du mystère de Dieu ? Un mystère pour les chrétiens c'est une réalité que l'on aura jamais fini de comprendre. Comme les mages ou Syméon, sommes-nous attentifs aux signes de la présence du Seigneur dans nos vies ? Etre chercheur de Dieu c'est finalement se préserver de tout extrémisme puis que je considère que je ne possède pas la vérité mais que cette vérité est contenue en celui que je cherche. Avec Dieu je n'aurai jamais le dernier mot. Nous entrons dans un dialogue constant. Sans cesse, quand je penses l'avoir trouvé, il s'échape et m'invite à le retrouver là où je ne l'aurait pas imaginé. Ainsi nous pouvons entrer en dialogue avec les hommes et les femmes de ce temps. Comme eux nous sommes en recherche. Bien mieux ces personnes avec qui je dialogue me feront peut être découvrir quelque chose de Dieu que je n'avait pas encore soupçonné. Simplement n'oublions jamais qu'une étoile brille et qu'elle peut nous guider si nous maintenons notre regard sur elle.


Suivre l'étoile, c'est poser un acte de confiance comme les mages qui se mettent en route vers l'inconnu. Sommes nous prêts à quitter nos certitudes, nos habitudes de croyants pour nous laisser guider par l'étoile et à nous laisser surprendre par la direction qu'elle nous fait prendre ? Bien souvent nous n'aimons pas trop être dérangés. Nous aimerions tellement que notre chemin soit tracé d'avance comme on programme l'itinéraire sur le GPS avant de partir ! Avec Dieu nous ne sommes pas dans la programmation. Rien n'est écrit d'avance. Si j'accepte de partir, il me faut alors consentir à me laisser guider et à ne pas tout maîtriser. C'est souvent en se perdant, en quittant un axe bien baliser que l'ont fait les plus belles découvertes. Nous sommes bien placés pour le savoir, nous qui habitons dans cet avant goût du paradis qu'est la Manche. Il faut savoir quitter la nationale ou la grosse départementale si nous voulons découvrir les beautés cachés que recel notre beau pays. Il en va de même pour Dieu. Il ne se laisse voir et comprendre qu'aux aventuriés, à ceux qui ose passer outre leur préjugés et leur vérités toutes faite. Les mages partent à la rencontre d'un roi et ils se retrouvent dans une étable. Devant ce mystère d'un Dieu qui se met à nos pieds ils n'ont d'autre attitude que le Silence et ouvre leur regard sur le mystère de Dieu qui se donne à tout homme qui veux l'accueillir dépouillé de ses certitudes.


Ce matin demandons la grâce, à l'enfant de la crêche, qu'à l'image des mages et de Syméon nous restions des chercheurs qui seront s'émerveiller que Dieu ne finisse jamais de nous surprendre. Alors, en ce début d'année, bonne route en compagnie de l'étoile et qu'elle vous guide sur le chemin de l'amour de Dieu et des frères.

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25 décembre 2008 4 25 /12 /décembre /2008 00:17

  

Cette nuit il y a du monde. Beaucoup d'hommes et de femme ont pris la route et un enfant à naître les accompagne. L'ont il remarqué ? La salle commune est pleine à raz bord dans cette petite bourgade de Judée sans importance. Il y a surtout beaucoup de bruit. On s'affaire et on ne remarque pas qu'il y a une famille qui cherche refuge pour vivre ce qu'il y a peut être de plus beau dans la vie : une naissance. Devant ce bruit, le Fils de Dieu va aller se trouver une demeure digne de lui. Il l'a trouvera dans le pli de ce rocher où le silence et la paix de la nuit vont envelopper ceux qui vont venir le reconnaître comme leur Sauveur. Si le Seigneur a décidé de naître loin du tumulte et de l'agitation, c'est peut être pour nous une invitation à prendre parfois le large et d'oser le silence. Il y a tant de bruits, de Paroles entendue au cours d'une journée qu'on ne sais même plus celle qui a pu nous toucher, nous éclairer... Prenons nous ce temps dans nos vie pour nous assoir et arrêter de nous affairer ? Laissons nous la parole de ceux que nous rencontrons résonner en nous ? Comme les bergers suis je prêt à m'approcher sans bruit de ceux qui viennent à ma rencontre et découvrir le trésors qu'ils ont à me donner ?


C'est précisément dans le silence de la nuit que les bergers vont reconnaître cette lumière et que la Parole pourra surgir. Une parole, ce n'est pas qu'un son entendu et oublier aussitôt. Une parole, c'est ce qui rejoint le cœur de celui qui a su l'accueillir. Elle s'inscrit dans la vie de celui qui a prit le temps de l'écouter. Que dit cette parole ? « Ne craignez pas car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : aujourd'hui vous es né un Sauveur ». Ne craignez pas ! Voilà ce que ne cesse de répéter les anges, les envoyés de Dieu et que relayera Jean-Paul II à son tour. Cette parole, lorsqu'elle est reçu met en route. Elle met en route Marie sur le chemin de l'accueille de son Fils. Désormais elle marche sans peur sur les chemins de la vie. « Ne craignez pas » et voici que les Bergers, des parias, ose croire que Dieu va enfin venir les visiter et se mettre à leurs pieds. L'attente durait depuis si longtemps. On osait plus y croire et voici cette parole inattendue de la part de Dieu « ne craignez pas ». Ils partent vers la grotte et découvrent cet enfant. La nuit de Noël il nous faut quitter nos richesses, nos savoirs et nous laisser saisir par cet enfant dans le silence de cette nuit où tous les bruit sont comme assoupis. Combien seront-ils cette nuit à te reconnaître mon Dieu sous les traits d'un enfant ?

Comment te reconnaître quand ma propre nuit est une lutte quotidienne ? Comment être touché par cet enfant, si je suis dans l'abondance ? Serait ce dans le dépouillement d'un berger qu'il faut te reconnaître ? Les bergers de l'évangile n'ont rien à offrir à t'offrir, mon Dieu, sinon leur présence aimante et émerveillés.


Ce soir, les anges de Dieu viennent redirent aux hommes et aux femmes qui viennent à la rencontre du Fils de Dieu coucher dans la mangeoire : « Paix sur la terre aux homme qu'il aime ». Tout est dit. Dieu aime l'homme et lui offre son Fils pour qu'il nous donne sa paix. Puissions repartir tout à l'heure avec ce trésor et l'offrir à tous ceux que nous rencontrerons. Nous offrirons alors le plus beau des cadeaux.

 

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30 novembre 2008 7 30 /11 /novembre /2008 18:53

« Veillez donc, car vous ne savez pas quand le maître de la maison reviendra ». En ce jour où nous entrons dans le temps de l’avent, le Seigneur nous adresse un appel à la vigilance. Pour lui, il n’y a pas d’autre attitude à tenir dans l’attente. Il nous faut veiller pour ne pas nous laisser surprendre lorsqu’il vient. Sa venue ne doit pas nous inspirer de la crainte. Bien au contraire ! Le Christ pleure lorsqu’il constate que le Peuple vers qui il était envoyait ne le reconnais pas comme son Sauveur. « Quand Jésus fut près de Jérusalem, en voyant la ville, il pleura sur elle ; il disait : « Si tu avais reconnu en ce jour celui qui peux te donner la paix ! » Cette veille à laquelle nous invite le Christ n’est autre que l’invitation à le reconnaître lorsqu’il vient à notre rencontre pour nous donner sa Paix. Veiller c’est entrer dans l’espérance d’un retour et d’une visite.  Celui qui a expérimenté cette attente du retour d’un fils ou d’une fille, d’un parent, d’un ami très cher connais la joie immense qu’il y a de revoir cet être si cher ; de pouvoir l’étreindre et l’accueillir de nouveau chez sois. Il faut peut-être avoir vécu cette expérience pour entrer plus profondément dans le sens de cet Evangile. Nous avons même à devenir des portiers pour nos frères qui veulent entrer dans la Maison. Savons nous les regarder comme des frères invités eux aussi à entrer ; ou les regardons-nous comme des étrangers qui n’ont rien à faire avec nous ? Dieu veut descendre à notre rencontre pour enlever de notre regard ces hautes montagnes qui bouchent notre vue. Ces montagnes aujourd’hui sont nombreuses. Nous pouvons nous demander ce qui nous empêche de voir avec des yeux qui orientent notre regard vers l’avenir ? Le drame pour chacun de nous serai de nous retourner et de ne plus voir que le passé. Or Dieu n’est jamais présent dans notre passé mais dans notre avenir. Sommes nous capable d’être porteurs d’un avenir qui n’est pas écrit d’avance mais qui s’offre à celui qui accepte de ne pas marcher seul sur la route ? Parfois nous pouvons avoir peur de marcher avec un inconnu, surtout s’il fait nuit. Or Dieu veut être notre compagnon de route. Il veut chasser toute peur. Pourtant bien souvent nous avons peur de sa rencontre… La peur vient souvent de l’ignorance de l’autre. Et si ce temps de l’Avent était pour nous l’occasion de redécouvrir combien ce Dieu que nous rencontrons chaque dimanche à travers sa Parole et son Eucharistie aime ses enfants que nous sommes ? Si nous lui demandions la grâce de nous révéler son vrai visage ? Et si nous pouvions comme Isaïe découvrir ce Père qui n’a qu’un désir être notre rédempteur c'est-à-dire Celui qui vient nous sauver de toute mort ? Et si nous pouvions faire cette prière, comme Isaïe, chaque jour afin qu’elle devienne vivante en nous « Tu es, Seigneur, notre Père, notre Rédempteur : tel est ton nom depuis toujours ». Depuis toujours Seigneur je recherche ton nom. Viens Seigneur te révéler à mon cœur. Je te cherche depuis si longtemps. Ma marche sera moins dure si tu es à mes cotés… Je pourrai alors chaque jour attendre dans la joie ta venue pour que mon cœur puisse laisser toute la place à ta paix promise. La paix n’est pas qu’un vœu pieux si nous laissons le prince de la Paix régner en nous. Alors laissons le nous visiter. Nous pourrons nous laisser façonner entre les mains du potier qui veux nous révéler la beauté qu’il y a à ce laisser créer chaque jour par son amour. Comme les bergers de Bethléem, laissons nous surprendre par la venue du Seigneur dans nos vies. Il n’a qu’un désirs nous offrir sa paix par son Fils, alors veillons !

 

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2 novembre 2008 7 02 /11 /novembre /2008 20:21


            Depuis plusieurs jours, les étales des fleuristes regorgent de fleurs. Les clients ont un large choix pour fleurir les tombes de leurs défunts. Les teintes des fleurs vont du vif au pastel. Finalement ces couleurs sont à l’image des couleurs de notre vie. Une naissance, un mariage, une bonne nouvelle et notre vie se teint de jaune vif. Un deuil, une maladie, une épreuve et notre vie se teint de mauve. Ainsi va notre existante belottée par les flots de la vie. Les textes de la liturgie d’aujourd’hui nous le redisent fortement. Ils n’éludent pas la souffrance qui s’abat sur toute vie. Et pourtant, ces textes refusent que l’homme soit écrasé et enfermé par cette souffrance. Ces texte nous invitent à mettre au cœur de notre vie une vertus essentielle : l’espérance. Mais qu’est ce que l’Espérance pour des chrétiens ? En tout cas elle ne nous évade pas de notre condition humaine. Au contraire elle nous rend encore plus attentifs à ce qui fait notre vie et celle des autres. L’espérance c’est cette petite graine que Dieu a déposée le jour de notre baptême. Cette graine ne grandit pas de manière magique. Elle a besoin de soins, de lumière et d’eau. Dieu est comme ce jardinier qui, sans ce lasser, viens se pencher sur la terre de notre jardin pour la cultiver amoureusement. Les jardiniers le savent bien. Pour obtenir de beaux légumes et de belles fleurs il faut être patient et accepter que le temps face son œuvre. Ainsi Dieu ne désespère jamais de ses enfants. Le Père sait qu’ils traversent bien des épreuves et que la petite graine qu’il a semée est parfois mal en point. Mais cette graine est une semence indestructible. Où en est ma graine d’espérance dans ma vie ? Comment je l’aide à pousser ? L’espérance parait bien dérisoire dans un monde qui espère de moins en moins. Et pourtant sans espérance, l’homme peut il avancer ? Sans espérance, Sœur Emmanuelle aurait elle eu l’audace à 62 ans de vivre dans un bidonville au milieux des pauvres pour être témoins de l’amour du Père ? Sans espérance, les parents se lancerait ils dans l’aventure de mettre au monde et d’éduquer des enfants ? Finalement, vivre d’espérance, c’est avoir un regard d’avenir sur tout homme et toute chose. Rien n’est jamais désespéré. L’espérance devient alors un moteur pour nos vies. Chacun de nos gestes peuvent devenir des petites graines d’espérance pour les autres.

         Finalement cette tenue de service que nous propose le Christ aujourd’hui, ce n’est rien d’autre que l’espérance. Plus que jamais nous avons à soutenir l’espérance de nos frères qui peinent sur le chemin de la vie. Etre serviteur, c’est entrer dans une attitude active. Celui qui sert est constamment attentif au besoin de l’autre. Nous avons a cultiver notre attention aux autres, à mieux connaître ce qui fait leurs vies, leurs joies, leurs peines et leurs espérances. C’est ce à quoi nous invite notre évêque à travers la lettre qu’il nous adresse. « Pratiquons l’hospitalité  à l’égard de toutes les personnes qui croisent notre chemin, avec douceur et bienveillance. Engageons la conversation, avec bonté et patience, pour comprendre « les lettres du Christ » que sont nos contemporains. L’annonce de l’Evangile demande qu’aujourd’hui l’Eglise se fasse conversation ».

        Comme le Christ nous avons à poser ce regard qui redit à celui que nous croisons : « ta vie à un sens ». Face à la mort, nous sommes bien démunie. La perte d’un être cher est souvent un déchirement. Et pourtant une lumière brille. Elle est bien fragile, un souffle trop fort et elle pourrai s’éteindre. Cette lumière que l’on nomme espérance est à protéger comme la prunelle de nos yeux. Quand la flamme semble s’éteindre cherchons ceux qui ont la lumière. Alors de grâce vous qui avez cette lumière ne la cachez pas, elle peut être vital pour certains. Tout à l’heure nous avons déposé une lumière en mémoire des défunts de cette année. Seigneur vient ranimer en nous cette flamme qui vient de toi, lumière dans nos obscurités, qu’elle éclaire ce pas que nous avons à faire chaque fois que notre espérance est mise à mal. Donne nous le joie de nous mettre autour de la table que tu nous a préparé pour que nous puissions recevoir les vivre pour nourrir notre espérance. N’ayons pas peur. Chaque jour le maître de la maison vient à notre rencontre pour nous servir. Seigneur comme le psalmiste je veux t’adresser ces paroles : « Seigneur tu es ma lumière et mon salut : de qui aurais-je-crainte ? Seigneur tu es le rempart de ma vie ; devant qui tremblerais-je ? Espère le Seigneur, ô mon âme, sois fort et prends courage ; espère le Seigneur »

 



Mgr Stanislas LALANNE, Vous êtes une lettre du Christ !, lettre pastorale, 26 octobre 2008, p 12

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12 octobre 2008 7 12 /10 /octobre /2008 01:09

Aujourd'hui, nous sommes invités à entendre l'histoire passionnée d'un père animé d'un amour fou pour ses enfants. Voyez plutôt le projet : offrir à chacun un festin auquel nul n'est exclut. Personne ne doit se sentir rejeter ou mépriser. Il en va de même pour notre vie en Eglise. Le pape l'a rappelé lors de sa rencontre avec les évêques français à Lourdes « Nul n'est de trop dans l'Église. Chacun, sans exception, doit pouvoir s'y sentir chez lui, et jamais rejeté.  » Nous avons donc à devenir toujours plus les relais du Père qui n’a qu’un désir : voir ses enfants rassemblés en une seule famille unie. La joie de Dieu ne sera complète que lorsque le projet initial, qui nous a été présenté dans la première lecture, sera réalisé. Cette joie promise pourra être accueillie sans réserve lorsque le Père aura essuyé toute larmes sur nos visages. Parmi nous, sans doute, il y a des membres de notre communauté qui porte des poids et des souffrances. Comment accueillir une telle parole quand on est affronté à la souffrance ? Cette question nous avons à la porter lorsque nous rencontrons des souffrants. La première lecture nous rappelle que Dieu n’est pas bienveillant avec la souffrance. Il veut soulager l’homme et le consoler. « Heureux ceux qui pleurs ils seront consolés ». Ce n’est pas le faite de pleurer qui nous rend heureux mais c’est de savoir que nous serons consolés pour accéder à la joie promise. Nous ne sommes pas des condamnés à la souffrance. En cela le service des visites aux malades, les aumôneries d’hôpitaux et des prisons est indispensable pour le témoignage de l’Amour de Dieu envers les souffrants. Chaque visiteur devrait inscrire en son cœur ce texte d’Isaïe et plus particulièrement ce verset « Le Seigneur essuiera toute larmes sur tous les visages ».

Avec Dieu nous sommes libérés contrairement à celui qui veut nous éloigner de cette joie et qui veut nous posséder. C’est ce que j’ai dit au nom du Christ à Steven que j’ai baptisé tout à l’heure « Père tout-puissant, tu as envoyé ton Fils unique dans le monde pour délivrer l’homme, esclave du péché, et lui rendre la liberté propre à tes fils »[2]. Ce qui nous appartient, à nous les baptisés, c’est la liberté ! Alors, ne la cédons pas pour des idoles qui pourraient bien nous tromper et nous empêcher de répondre à l’invitation au festin que nous adresse le Père. Les invités, dans la parabole de l’Evangile, n’ont plus cette liberté de répondre à l’appel du roi. Ils sont accaparés par leurs occupations. L’un par son champ, l’autre par le commerce… Aujourd’hui nous sommes affrontés à de nouvelles idoles. Le pape l’a rappelé lors de son voyage en France. Il a notamment parlé de l’Argent qui devient en quelque sorte le roi de nos vies. Sans cesse nous avons à nous demander ce qui gouverne notre vie. Nous avons tous nos aliénations. Nous pourrions demander dans la prière que Dieu nous éclaire sur ce qui nous rend esclave et qu’il nous aide à nous en libérer. La crise financière est là pour nous le rappeler. Quand ce n’est plus l’homme qui est centre des décisions, quand c’est l’argent, le pouvoir, le sexe qui gouverne, l’homme devient esclave et ne peut plus maîtriser sa vie. Pourtant ces trois exemples ne sont pas mauvais en soi. Nous avons tous besoin d’argent, le pouvoir doit aider les hommes a vivre ensemble de manière harmonieuse et la sexualité est un élément d’épanouissement du couple. Mais ils doivent être à leur juste place dans nos vies. Ils ne doivent pas régner en maîtres absolus. Alors pourquoi ne pas prendre un peu de temps durant notre semaine pour regarder ce qui gouverne notre vie personnelle. Au lieu de suivre des mirages qui nous laisse un goût amer après le plaisir bien rapide qu’ils procurent, suivons ce roi qui nous invite au festin où nul n’est exclut, où chacun aura sa part de bonheur. Ne cherchons rien d’autres sinon a répondre à l’invitation du roi pour son festin où nous serons rassasiés. Nous pourrons dire avec le Psalmiste « Le Seigneur est mon Berger, je ne manque de rien, sur des près d’herbe fraîche, il me fait reposer » (Ps 22)


[1] Discours du pape Benoît XVI, lors de sa rencontre avec les évêques de la conférence des évêques de France, 14 septembre 2008, à Lourdes

 

[2] Rituel du baptême des petits enfants, prière d’exorcisme et de délivrance, n°124

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5 octobre 2008 7 05 /10 /octobre /2008 17:44

La liturgie de la Parole de Dieu de ces dimanches est bien en phase avec la saison, puisqu’on y parle de vigne. La vigne, on la retrouve dans beaucoup de pays. Elle à une dimension universelle. Même à Cherbourg, j’ai pu voir de la vigne ! Si vous connaissez un vigneron, vous êtes peut être surpris du soins extrême qu’il apporte à son vignoble. Il est comme cet ami que nous avons rencontré dans la première lecture « Mon ami avait une vigne sur un coteau plantureux. Il en retourna la terre et en retira les pierres, pour y mettre un plant de qualité. » La vigne cacherait elle un trésors pour qu’on en prenne un tel soin ? Ce trésor est un trésor qui se partage… C’est celui de l’amitié et de la fête. Il n’y a pas de fête sans vin. Le vin prend alors une sorte de dimension sacrée lorsque le Christ lui-même va prendre la coupe de vin, la bénir et prononcer cette parole inouïe : « Ceci est mon sang ». Depuis nous faisons mémoire de sa mort et de sa résurrection en prenant du vin et en redisant les paroles que le Christ à prononcées. Nous les redirons sans cesse jusqu’à ce qu’il revienne. Ce vin, c’est le symbole de la joie que Dieu veut nous offrir. Cette joie c’est la vie même de Dieu. C’est ce que la liturgie rappelle lorsqu’un défunt est accueilli à l’entrée de l’église « Nous te prions pour notre frère qui nous as quittés : qu’il trouve auprès de toi la paix et la joie avec tous ceux que tu appelles à entrer dans ton Royaume »[1]. Tous, nous sommes invités aux noces de l’Agneau…. Mais quelle tristesse lorsque ce vin n’est pas bu ! La joie ne peut se répandre dans les cœurs. Alors nous rencontrons cette colère de Dieu qui s’exprime à travers les prophètes. Cette colère, elle n’est que l’expression d’un amour fou. Dieu n’est pas un spectateur passif lorsqu’il voit ses enfants s’empêtrer dans la souffrance ou se laisser aller à faire le mal. Quel père, quelle mère aimant vraiment ses enfants, pourrait rester inactif lorsqu’il voit un de ses enfants abîmer sa vie ? Mais Dieu ne peut pas abandonner ses enfants à leur sort. « Mon père et ma mère m’abandonnent, le Seigneur me reçoit » (Ps 26, 10). Ainsi Dieu ne va jamais abandonner ses enfants. Il va inlassablement leur envoyer des prophètes pour qu’ils reviennent vers lui. Dans l’évangile nous voyons le mode opératoire de Dieu. Il n’est pas un marionnettiste qui jouerai avec sa marionnette. Lorsqu’il a créé l’homme, Dieu lui a donné ce qu’il avait de plus précieux : sa liberté. Ainsi, dans la parabole des vignerons homicides, Dieu confie son domaine à des vignerons et part en voyage. Il leur fait confiance et leur laisse le champ libre. Il n’est pas celui qui viendrait contrôler toutes les cinq minutes ses employés. Avec Dieu nous sommes invités à l’autonomie. C’est à nous de disposer de notre vie pour qu’elle devienne ce domaine que Dieu a préparé pour nous. Mais les décisions que nous avons à prendre, pour vivre en Fils de Dieu, il n’y a que nous qui pouvons les prendre. Pourtant Dieu ne se résout pas à nous voire refuser la vie promise. Sans cesse il va la proposer. Il va aller jusqu'à s’offrir en son Fils. Alors que l’homme s’enfonce dans la désobéissance, le Christ va offrir son Oui à son Père. Ce oui contient toute l’humanité qui devient sauvée car l’homme est restauré dans sa ressemblance à Dieu. Sur la Croix le Christ est nu et devient en quelque sort une transparence vis à vis de son Père. Adam et Eve se cachent dans le jardin après avoir désobéis. Ils ont peur de ce père qui les aime sans conditions. L’homme et la femme ont été mordus par le serpent qui leur a transmis le venin de la peur. Sans cesse nous avons à lutter contre la peur. La peur de l’autre que nous considérons souvent comme une menace. La peur de Dieu que nous pensons bien souvent comme un juge sévère. Quand la crainte nous guette : fixons notre regard sur la croix. Comment craindre un Dieu qui nous a tout donner jusqu’à son Fils ? Nous pourrons alors accueillir ces paroles de Saint Paul : « Frères, ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, dans l’action de grâce priez et suppliez pour faire connaître à Dieu vos demandes. Et la paix de Dieu, qui surpasse tout ce que l’on peut imaginer, gardera votre cœur et votre intelligence dans le Christ Jésus. […] Ce que vous avez appris et reçu, ce que vous avez vu et entendu de moi, mettez-le en pratique. Et le Dieu de la Paix sera avec vous ». Les derniers mots entendus lors de l’eucharistie sont « allez dans la paix du Christ ». Alors n’emportons rien d’autre sinon la Paix de Dieu et transmettons là. Nous goûterons alors au fruit promis par le maître de la vigne.



[1] Oraison pour l’accueil préalable à l’église, missel des défunts

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