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  • Christophe FEREY
  • Bonjour, je m'appelle Christophe, j'ai 34 ans et je suis  prêtre pour le diocèse de Coutances et Avranches depuis le 10 juin 2007. J'ai été ordoné par Mgr Stanislas LALANNE
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30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 00:01


L’Avent vient de débuter et une fête s’offre à nous. Celle d’un apôtre, le premier appelé par Jésus : Saint André. Sur une parole André va poser un acte de foi, suivre Jésus et entraîner à sa suite Simon, son frère, qui deviendra Pierre le premier des Apôtres. « Venez derrière moi et je vous ferai pêcheurs d’hommes » (Mt 4, 19). C’est sur une parole de Jésus qu’il se met en route que sa foi naît, serte balbutiante mais bien présente dans ce cœur de pêcheur des bords du lac de Galilée. Dans la première lecture, saint Paul nous offre une parole étonnante « C’est donc que la foi naît de ce qu’on entend, c’est l’annonce de la Parole du christ » (Rm 10, 17). Notre foi naît de la parole du Christ. Alors profitons du temps de l’Avent pour nous offrir une cure de la Parole de Dieu pour que notre foi grandisse et s’épanouisse et que nous en soyons nous même les fidèles et joyeux porteur pour que notre foi puisse naître dans le cœur d’autres frères. Bon Temps de l’Avent avec la Parole du Christ et laissons nous surprendre et guider par elle.

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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 19:56


Cette semaine, c'est "le" Saint Paul que j'aime bien qui s’offre à ceux qui viennent à la messe. Saint Paul nous parle de l'amour fraternel. Aujourd’hui il nous lance cette invitation : « Frères, ne gardez aucune dette envers personne, sauf la dette de l’amour mutuel, car celui qui aime les autres a parfaitement accompli la Loi. » Qui paye ses dettes s’enrichie dit le dicton, et pourtant… Saint Paul nous invite à garder une dette : celle de l’amour. Nous n’aurons jamais fini d’aimer. C’est une dette irremboursable. Tant mieux ! Avec l’amour on ne peut pas faire d’économie alors n’hésitons pas à dépenser l’amour qui est en nous. Rassurons nous, plus nous dépenserons, plus nous aurons de l’amour à donner. Une logique déboussolante pour tout économiste normalement constitué ! La nuit est tombée sur ma journée. Seigneur je te la confie. Je sais que je suis rempli de dettes. Mais je n’ai pas peur du créditeur. Seigneur vient refaire mes réserves d’amour pour demain et donne moi une nuit qui refera mes forces.

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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 21:05

L’évangile de ce dimanche est comme une gifle pour celui qui le lit en continu. Nous étions comme époustouflés par le récit de la transfiguration, de la libération d’un enfant muet qui retrouve la parole. Puis peu à peu ça se gâte pour le lecteur. Une querelle pour savoir qui est le plus grand. L’annonce insupportable du maître qui informe pour la deuxième fois qu’il va mourir dans la souffrance. Aujourd’hui c’est le comble ! Les disciples sont scandalisés car quelqu’un qui ne fait pas partie du cercle chasse des démons au nom de Jésus. Ils étaient trop heureux de posséder ce pouvoir pour eux même. Ils avaient peut être oublié le récit du livre des Nombres que nous avons entendu dans la première lecture. Ils n’avaient sans doute pas encore entendu Jésus leur dire que « le vent souffle où il veut » (Jn 3, 8). Pour celui qui habite au bord de la mer, il n’y a nul besoin de lui en faire la démonstration. L’action de Dieu nous échappe bien souvent. Elle prend parfois des chemins bien mystérieux. Comme cette femme qui chercha Dieu à travers le Bouddhisme et qui au lieu de faire le vide en elle a ressenti une présence et frappa à la porte d’un presbytère et commença un chemin de foi qu’elle continue encore aujourd’hui. Jésus ne veut pas ici abolir le discernement nécessaire. Il veut seulement nous mettre en garde contre la tentation de vouloir se croire les propriétaires de l’action de l’Esprit Saint.

 

Jésus met aussi en garde contre le scandale. On pourrait se dire au premier abord que c’est l’hôpital qui se moque de la charité. Car Jésus n’arrête pas de faire scandale. C’est d’ailleurs ce qui le perdra et le conduira à la Croix. Ce scandale dont parle Jésus n’est pas le signe de contradiction que nous avons à être en ce monde. Ce scandale vise ceux qui par leur attitude ne respectent pas les « petits »  dans leur foi. Nous sommes parfois bien narquois vis-à-vis de ceux qui mettent un cierge, qui ont besoin d’une médaille, d’eau bénite. Prenons garde à ne pas les scandaliser ou à les faire chanceler par une attitude de « pur » croyant. La foi chrétienne pure n’existe et n’existera jamais. Les croyants sont des hommes et des femmes avec leurs fragilités et leurs limites. Personnellement je suis souvent ému d’accueillir un frère ou une sœur qui me demande un peu d’eau bénite, de bénir une médaille, une maison… Après tout Jésus n’a jamais hésité à bénir ceux qu’il rencontrait. Il nous a donné le signe de sa présence à travers deux « choses » bien matérielles : le pain et le vin. Alors, vous les plus avancés dans la foi ne soyez pas pour vos petits frères  une pierre sur laquelle ils risquent de tomber. C’est bien souvent par les petits, les pauvres que nous grandissons dans l’amour de Dieu et de nos frères.

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25 septembre 2009 5 25 /09 /septembre /2009 21:57


« Pour vous qui suis-je ? » Cette question nous es posée régulièrement par Jésus. Nous pourrions la banaliser. Et pourtant elle nous ai posée chaque fois que nous venons vers Lui. Ce soir des adolescents sont venus pour rencontrer Quelqu’un. Qu’on-t-il découvert de Lui ? Lui seul le sait. En tout cas j’espère qu’en repartant ils ont découvert un plus que croire, c’est d’abord avoir confiance en une personne qui veut nous révéler combien il nous aime.

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18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 18:58


« Certes, il y a un grand profit dans la religion si l’on se contente de ce que l’on a ».  Quel est donc ce profit dont nous parle Paul dans sa lettre à Timothée ? Paul ne nous le dit pas. Par contre il nous invite à nous contenter de ce que l’on a. Pourquoi vouloir plus que notre mesure ? Paul nous invite à ne pas être rivés sur une recherche du « toujours plus » mais déjà de profiter de ce que nous avons. Deux tentations nous guette dans notre vie : se comparer et vouloir toujours quelque chose de mieux. Quand j’ai un ordinateur j’espère déjà avoir le prochain qui m’offrira une technologie dernier cris.. Je « bave » sur mon voisin qui a un ipod alors que moi j’ai un portable qui date de ?... eux je me souviens plus mais j’aimerais bien avoir l’ipod et j’oublie la grande joie que j’ai vécue lorsque j’ai reçu ce bien. Car il n’est pas mauvais en soi de posséder et de profiter de ce qui est mis à notre disposition quand on peut se le permettre. Simplement, Paul nous offre une belle perspective en nous invitant à nous contenter de ce que nous avons. Plus que de se contenter, profitons au maximum des moyens que nous possédons pour nous ouvrir aux autres.


Le danger de se comparer et de vouloir toujours plus n’est pas non plus absent de notre vie spirituelle. Parfois nous avons vécu tels grâces et nous en attendons plus ou nous nous complaisons à témoigner d’elles pour être admirer. Plutôt que de nous contenter d’une grâce qui nous a aidé à mieux aimer Dieu et notre prochain nous devenons gourmand. Nous transformons alors Dieu en un distributeur automatique. Dieu donne à chacun selon sa mesure. Nous aimerions tant ressembler à un tel qui a une si belle aisance à parler en public ou qui semble être un super priant capable de passer une heure devant le Saint Sacrement alors que moi…. Et si ce soir nous nous arrêtions ne « ne nous soumets pas à a la tentation » du Notre Père… Tentation de vouloir toujours plus, de se comparer à d’autres… Une tentation qui finalement nous éloigne des autres et de Dieu alors qu’un trésors nous attend si nous savons nous « contenter de que nous avons ».

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18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 07:30

Hier la liturgie de la Parole nous offrait deux pierres précieuses. D'abord une invitation pour les prêtres à se souvenir du don reçu qu'ils ont à transmettre. "Ne néglige pas le don qui est en toi... quand l'assemblée des anciens a imposé les mains sur toi". Comment ne pas se rappeler se moment si émouvant quand une centaine de mains viennent se poser sur votre tête. Toutes ces mains posées en un geste fraternel me rappellent que mes propres mains sont faites pour bénir et "sanctifier" à travers les  sacrements. Elles sont surtout le signe que c'est bien l'Esprit Saint qui a l'initiative.  Paul invite aussi son cadet à la persévérance. Paul est lucide. Il a traversé bien des épreuves depuis que lui même est devenu ancien dans l'Eglise. Et pourtant il a tenu bon. Par quelle force ?.... Mystère... Peut être par tout l'amour qu'il a reçu et donné au cours de sa vie apostolique. Comme Jésus qui a laissé cette femme lui mouiller les pieds de ses larmes. Cette femme n'avait que ses larmes à offrir. Les larmes sont souvent l'expression la plus intime de notre coeur. Le plus souvent nous nous cachons pour pleurer de tristesse ou bien elles coulent de joie aux grands jours de notre vie. Elles sont en quelque sorte un débordement de notre coeur. Quelle mère n'a pas pleuré pour un de ses enfants ? Combien de larme coulent au sortir d'un confessionnal ? Combien de larmes chez des fiancés qui disent enfin ce oui pour la vie ? Ces larmes, dans l'Evangile, ne sont pas seulement un liquide salé mais bien une partie de sois même. "si ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, c'est à cause de son grand amour. Mais à celui à qui on pardonne peu montre peu d'amour". Peut être faut il savoir que l'on a besoin du pardon de l'autre pour pouvoir aimer authentiquement. Souvent nous portons un regard dur sur l'autre alors qu'il aurai besoin d'un regard de miséricorde. Apprends moi Seigneur à ne jamais désespéré de ton amour. Apprends moi a regarder, même quand ce n'est pas facile, l'autre comme un être aimable et aimer.

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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 10:16


Pendant deux jours la liturgie nous propose une fête et une mémoire qui nous place devant une réalité bien lourde pour notre condition humaine : la souffrance. Que d’ambiguïtés peuvent entretenir de tels rendez vous liturgiques. D’autant plus si le prédicateur entache ses homélies de dolorisme. Je ne suis sans doute pas le mieux placé pour parler de ce mystère. Pourtant se taire serait une démission. Je dois vous avouer que je ne supporte plus cette phrase dans la bouche d’un prêtre : « il nous faut offrir nos souffrances ». Elle résonne comme un coup de poignard asséné à celui qui résiste et combat sa douleur. Regrettable, car le reste de l’homélie était très belle.

 

Je pensais que le christianisme et en particulier le catholicisme était sorti de sa période doloriste. Je constate que nous avons encore des relents malodorants. Des texte bibliques souvent mal compris, une tentation de donner du sens à ce qui n’en a pas. Le prédicateur s’est appuyer sur « Je trouve ma joie dans les souffrances que je supporte pour vous, car ce qu’il reste à souffrir des épreuves du Christ, je l’accomplis dans ma propre chair, pour son corps qui est l’Eglise » (Col 1, 24). La souffrance dont il est question ici n’est pas une souffrance résultant d’une maladie, d’une blessure psychique ou d’un handicape. Il s’agit de la souffrance inhérente à la condition de disciple du Christ. Paul écrit ici de sa prison. Il y est enfermé à cause de sa prédication de son appartenance à l’Eglise. Les souffrances dont parle Paul proviennent de sa condition de témoin du Christ qui aime jusqu’au bout. Le sens de la souffrance chrétienne nous est donné dans la prière eucharistique n°3 « Que l’Esprit Saint fasse de nous une éternelle offrande à ta gloire… ». La deuxième invocation à l’Esprit Saint nous informe que le chrétien est invité par la force qui l’habite à devenir une offrande, un don pour ces frères. A aimer authentiquement toute personnes rencontrer. Aimer nous fait rencontrer la souffrance. Qui pourrai dire sincèrement le contraire ? Que nous soyons mariés, célibataire, prêtre, enfant, jeune, âgé nous avons à porter ce poids de la souffrance du rejet, du renoncement par amour. Le fondateur du foyer de charité de Tressein dit un jour « Je ne connais pas de plus grandes souffrances que celles vécues au sein d’un couple. Car se sont des blessure qui rejoignent le plus intime de la personne ». Jésus nous invite à ne pas fuir la souffrance de l’amour mais au contraire à la vivre avec lui à ses cotés. C’est pour cela que nous avons besoin de passer d’une instabilité affective à une stabilité aimante avec les autres.

 

Le Christ sur la croix n’a pas offert sa souffrance physique. Alors qu’a-t-il offert ? De nouveau, laissons la liturgie nous éclairer sur ce mystère. « Au moment d’être livré et d’entrer librement dans sa passion » (P.E n°2). « Nous qui étions perdus, incapables de nous rapprocher de toi, tu nous a aimés du plus grand amour : ton Fils, le seul Juste s’est livré entre nos mains, et fut clouer sur une croix » (Prière eucharistique pour la réconciliation n°1). Le Christ n’a pas offert ses souffrances, il s’est offert lui-même à son Père et pour les hommes. Or souffrir avec le Christ c’est s’offrir avec lui par amour. C’est aimer l’autre même si je n’ai pas de sympathie pour lui. Souffrir avec le Christ c’est aimer sans calcul et vivre toutes les conséquence d’un tel amour. Un amour exigent mais qui fait grandir.

 

Dès lors la souffrance humaine liée à la maladie, à l’exclusion, à l’handicap n’est pas à offrir mais à combattre. Le chrétien n’est pas résigné face à la souffrance. Souffrant de la soif sur la croix, Jésus n’offre pas cette soif, il cri « j’ai soif ». Il veut être soulagé de cette souffrance. La souffrance loin d’être une chance est mortifère pour celui qui la subie. Le Christ n’a pas fait de discours sur la souffrance. Il a soulagé des malades, libéré des personnes tourmentées. Nous-mêmes, si nous en avons le charisme nous avons à être aux côtés de ceux qui souffrent pour leur redire qu’ils ne sont pas abandonné dans leur combat. Et surtout évitons tout langage ambiguë, insupportable pour le souffrant. Soyons du coté de ceux qui soulagent plutôt  que du coté de ceux qui maintiennent nos frères dans une souffrance implacable qui les déshumanisent. Dieu n’a qu’un désir, c’est que nous soyons en bonne santé car il faut être en forme pour aimer. Si nous sommes affrontés à la maladie, à une épreuve, osons crier vers Dieu notre souffrance. Acceptons l’aide de personnes compétentes et compatissantes. Et si nous le pouvons, prions aussi pour ceux qui traversent une épreuve similaire à la notre.  C’est une manière pour nous dans notre combat de le vivre avec nos frères qui n’ont pas la chance de connaître celui qui nous a tant aimés qu’il n’ous a donné son Fils unique.

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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 22:06



Pour la première fois, depuis mon ordination diaconale, j’entends les textes de la Parole de Dieu dans le cadre de la messe dominicale. Depuis je les relis de temps en temps. Elles sont bien rudes ces paroles ! C’est peut-être pour cela que je les aime bien. Si j’avais choisi les textes de l’ordination je ne les aurais sans doute pas sélectionnés ! Ils m’ont été comme offerts. Alors j’essaye d’en faire quelque chose dans ma vie d’homme, de disciple et de prêtre.

 

« Le Seigneur Dieu m’a ouvert l’oreille et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé ». Depuis que je suis ordonné diacre j’ai essayé de garder l’oreille ouverte à la parole, même si elle ne paraît pas être du miel. C’est souvent quand elle nous résiste qu’elle devient pour nous un socle. Parfois nous sommes aux prises avec cette parole. Elle nous résiste, on ne voudrait qu’elle soit dans la Bible. Et pourtant elle y est et je dois l’accueillir pour ce qu’elle : une Ecriture sainte reflétant Dieu. Cette écriture à besoin de devenir Parole de Dieu qui se dit par la bouche et peut-être surtout dans les actes du quotidien. Vaste chantier ! Finalement je suis heureux que Dieu n’ait pas choisi des personnes qui correspondent totalement à la Parole qu’ils annoncent. C’est un rappel que ce n’est pas nous que nous annonçons. Je suis d’abord au service de cette Parole qui peut aider à grandir, à guérir, à soulager, à être dans la joie…. Je suis étonné de devoir annoncer cette parole dans toutes les circonstances de la vie humaines, qu’elles soient heureuses ou tragiques.

 

« J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. Je n’ai pas protégé mon visage des outrages et des crachats ». Dieu ne veut pas de visage de pierre pour l’annoncer. Il arrive parfois que je rencontre des personnes qui vident leur sac sur l’Eglise ou sur les prêtres. Plutôt que de se durcir, j’apprends à encaisser, à écouter et à essayer de montrer un visage qui reflète un peu d’amour qui n’est pas le mien. Parfois on est surpris lorsqu’on laisse une personne cracher son venin de constater qu’ensuite il y a de l’espace pour un dialogue ou une faille qui peut toucher le cœur. Parfois on reste face à un mur et alors qu’est ce qu’on peut être triste de ne pas pouvoir montrer ce Dieu qui nous fait vivre et qui nous aime.

 

« Voici le Seigneur Dieu qui vient prendre ma défense : qui donc me condamnera ? ». Cette lecture du prophète Isaïe se termine sur une note d’espérance et invite à la confiance. Celui qui m’a appelé ne me laisse pas seul. Dans la tourmente il est bien présent même si parfois on se sent bien seul ! Je sais que Dieu est toujours sur le terrain de la vérité. Il m’invite à avoir confiance en sa parole et à ne pas avoir peur d’en vivre et de l’annoncer.

 

La lettre de Saint Jacques est un peu une épine dans mon pied. Elle me rappelle sans cesse au quotidien et à inscrire cette parole que j’annonce dans ma propre vie. « Tu prétends avoir la foi, moi, je la mets en pratique. Montre-moi donc ta foi qui n’agit pas ; moi, c’est par mes actes que je te montrerai ma foi. » Quel abîme entre ce que j’annonce et mes actes ! Et pourtant j’ai reçu mission d’annoncer cette Parole. Finalement c’est un beau lieu de conversion !

 

L’Evangile est bien copieux. Aujourd’hui je ne retiens que deux phrases de Jésus.

 

« Pour vous qui suis-je ? » Cette question je ne me la pose pas chaque matin. Pourtant je sens bien que j’ai pas fini de me la poser. Plus j’avance sur le chemin de la foi et plus j’ai l’impression que le chemin est bien long tellement on peut être surpris par Dieu. Telle parole qui me bouscule, telle rencontre qui m’interroge…. Le plus important je pense avec Dieu c’est d’accepter de se laisser surprendre et accepter que le chemin n’est pas fini quand j’ai fait une nouvelle découverte. C’est peut être pour cela que j’aime tant la fantaisie….

« Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix, et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra : mais celui qui perdra sa vie pour moi et pour l’Evangile, la sauvera ». J’ai mangé tout à l’heure à la même table qu’une personne en fauteuil roulant. Comment peut elle accueillir une telle parole ?... Et pourtant cette parole est bien présente dans l’Evangile. Tout d’abord il y a quelqu’un qui marche devant nous. Il est le premier à porter la croix et à en faire un chemin. Il ne demande pas d’aimer la croix. Il demande de la porter. Il ne demande pas de porter une croix mais de porter la croix. Personne ne peut aimer la croix. Jésus lui-même a demandé à son Père d’éloigner de lui cette croix. Et pourtant quand elle s’est présentée à lui, il ne s’est pas dérobé. Il a assumé sa charge d’amour. Car finalement c’est cela la croix : assumer notre charge d’amour au nom du Christ. La vie chrétienne est crucifiante car elle témoigne d’un amour reçu et offert gratuitement sans attendre de merci. C’est peut-être finalement là, la véritable croix chrétienne. Accepter de recevoir d’un autre une vérité, l’amour et de l’offrir sans espérer de retour « sur investissement » ? Le chrétien, depuis son baptême est devenu le frère d’un crucifié qui est ressuscité. Quelque soit le prix de notre amour vécu nous espérons qu’il débouche sur plus de vie. Est-ce facile de tout faire sans attendre un merci ? La croix était l’instrument pour supplicier les esclaves. Or lorsqu’un esclave rend service à son maître il n’a pas à réclamer un merci puis ce que c’est un dû pour son maître. L’amour chrétien va jusque là : le désintéressement. Avouez que cet amour là nous le redoutons et parfois le refusons. Nous en crevons presque si les autres ne nous manifestent pas un peu de reconnaissance… Et pourtant, c’est bien à cet amour que le Christ nous convie… C’est impossible, si nous ne laissons pas le Seigneur venir nous habiter par sa parole… C’est ce que comprend saint Paul lorsqu’il dit « je suis crucifié avec le Christ ; et ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi. Ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré pour moi ». Le Christ s’est livré pour nous pour que nous même nous puissions nous livrer à nos frères pour leur annoncer cet amour qui va jusqu’au bout. On découvre alors que la croix est un chemin qui mène à la vie. Aucun couple ne peut faire l’économie de la croix, aucun célibataire ne peut non plus en faire l’économie s’il veut vivre l’amour authentiquement chrétien… Mais rassurons-nous. Nous ne pouvons porter seul la croix. Nous avons besoin des uns et des autres pour nous aider à porter la croix que le Christ à prise sur ses épaules. Nous tomberons en chemin. Accepterons-nous la main qui se tend pour nous relever ? Alors n’ayons pas peur et continuons le chemin…

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10 septembre 2009 4 10 /09 /septembre /2009 22:47


« Je vous le dis, à vous qui m’écoutez : aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent. Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient. » (Lc 6,27-28). Certains vont me dire que j’en fais des tonnes pour cet appel et cet ordre de Jésus. J’ai déjà prêché sur ce verset et offert une méditation dans ce même blogue. Pourtant s’il y a bien un abîme entre la religion chrétienne et les autres c’est bien ce verset qui pousse l’amour au paroxysme. Je pense qu’il n’y a pas un seul philosophe ou un chrétien qui oserai dire de lui-même « aimez celui qui vous fait mal, qui veut vous tuer, vous détruire ». Cette parole on aimerai tellement la gommer de l’Evangile et pourtant elle est bien présente. Elle est même une condition fondamentale pour suivre Jésus.  Il dira plus tard « Tout homme qui vient à moi, qui entend mes paroles et qui les met en pratique, je vais vous montrer à qui il est comparable. Il est comparable à un homme qui bâtit sa maison : il a creusé, il est allé profond et a posé les fondations sur le roc. Une crue survenant, le torrent s’est jeté contre cette maison mais n’a pas pu l’ébranler, parce qu’elle était bien bâtie ».

 

Etre disciple de Jésus c’est d’abord se mettre à creuser sans cesse cette Parole qui nous est offerte au jour le jour. Parfois nous tombons sur des paroles qui nous paraissent aussi solides que le silex. Comment alors continuer ? Si la roche est dure, elle n’en est que plus précieuse. Plutôt que  d’abandonner le forage nous sommes invités à prendre cette pierre et d’en faire un socle pour notre vie. Le seul capable d’une telle parole c’est Celui qui la vie. Jésus ose une parole que personne ne peut vivre naturellement. S’il peut la dire c’est parce qu’il l’aura mise en pratique.  Cette pierre dure, que l’on ne peut fendre, il va s’y heurter au Jardin des Oliviers, la veille d’offrir ses mains à la Croix. Il se retrouve à terre et découvre que sans l’Amour du Père il ne pourra pas se relever. Nous découvrons alors qu’aimer nous relève et nous fait affronter notre ennemi debout. Mais qui sont nos ennemis ? Qui sont ces personnes à qui nous aimerions leur rendre « la money de leur pièce » ? On n’ose pas se poser ce genre de question ». Et pourtant, les paroles de Jésus nous invitent à ne pas voire notre monde où « tout le monde il est gentil ». Le Christ nous invite à être lucide et à reconnaître que cette parole est insupportable lorsque que quelqu’un nous fait souffrir. Reconnaître en l’autre un ennemi c’est déjà faire un pas. C’est accepter, sans culpabiliser, que je puisse avoir en moi des sentiments contradictoires, de ne pas en avoir peur mais de les maîtriser. Car finalement l’ennemi n’a qu’un désir : nous détruire ou nous clouer au sol. Or aimer son ennemi se n’est pas être inactif. L’amour est actif ! Aimer c’est faire des petits pas chaque jours sans se croire arrivé. Le petit pas que je peux déjà faire c’est de reconnaître qu’il puisse y a voir des personne qui me font souffrir et le crier à Dieu qui a reçu le propre cris de son Fils « Mon Dieu, Mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ». Se tourner vers Dieu c’est déjà une victoire sur la haine qui voudrai nous enfermer et nous amener sur son terrain. La liturgie à l’audace de nous faire prier pour ceux qui nous font du mal. « Dieu de miséricorde infinie, tu veux que nous aimions ceux qui nous font souffrir : apprends-nous à garder ton commandement nouveau en rendant toujours le bien pour le mal, en aidant les autres à porter leur croix » (Prière d’ouverture de la messe Pour ceux qui nous font souffrir). Le Christ ne pourra porter sa croix que parce qu’il y aura sur son chemin des hommes et des femmes qui seront à ses coté pour lui rappeler qu’il n’est pas abandonné. Une femme qui lui redonne une face humaine. Un homme qui prend sur lui une partie de la croix. Qui l’accompagne jusqu’au Calvaire. Le Christ n’a pas fait l’économie de l’entraide fraternelle. Alors si un jours nous sommes confronté à ce commandement d’aimer ceux qui nous font souffrir, ne restons pas seul. Hurlons notre souffrance au Père et demandons à des frères de nous soutenir dans la nuit.

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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 21:58


« Dites aux gens qui s’affolent : Prenez courage, ne craignez pas[1]. » Tels sont les premiers mots que nous entendons aujourd’hui à la messe de ce dimanche. En ces temps de rentrée il peut être bon de les méditer. Bien souvent on s’affole, on a peur parce que qu’il y a de la nouveauté. Entrée d’un enfant en CP, en sixième, en seconde. Changement d’Etablissement. Pour les adultes, il faut parfois changer de poste ou se réorienter. D’autres connaissent la dure réalité du chaumage. Bref nous sommes tous confronté à du neuf en ces temps de reprise. Il faut aussi habiter de nouveau rythme de vie au quotidien. Pourtant la première lecture nous invite non pas à avoir peur, à se replier sur nous même. Au contraire c’est une lecture pleine d’espérance et de promesse.

 

Ce que nous réserve cette nouvelle année nous ne le savons pas. Ce que nous savons, c’est que des surprises nous attendent. Alors prenons courage et ne craignons pas de parcourir cette nouvelle année. L’Eglise ressemble parfois à un bureau des pleurs. On se lamente sur ce si ou cela. On passe alors à côté de ce qui est en trin de naître. Nous devons accepter que la logique de Dieu ne soit pas forcément la notre. La première lecture nous parle de la Vengeance de Dieu. Cette vengeance c’est de redonner vie à ce qui est mort. Dans l’Evangile nous voyons Jésus redonner vie à un sourd et muet. Quand on est privé de communication on est comme mort car vivre c’est être en relation avec d’autres. Le chanteur Grégoire l’a bien compris lorsqu’il dit dans sa chanson « Merci » : « car ce qui tue c'est le silence ». Alors ne craignons pas puisqu’en Jésus Dieu s’est mit du coté de la vie. Prenons le temps en ce début d’année scolaire de prendre un peu de temps pour nous remettre à l’école de celui qui nous réunis chaque dimanche. Nous découvrirons peut être que nous n’avons pas a avoir peur mais au contraire que nous avons à grandir dans la confiance que Dieu est bien à l’œuvre dans l’Eglise et dans le monde. Laissons-nous réinterroger par l’Evangile comme cette foule témoin d’une renaissance. Bien souvent nous passons à coté de Jésus sans le voir, sans prendre le temps de l’écouter. Alors si nous ne voulons pas nous décourager essayons au cours de cette année de prendre des temps de pose avec Dieu. A chacun de trouver les moyens pour y parvenir.

 

Aujourd’hui laissons retentir en nous la Parole de Jésus « Effata ! » « Ouvre-Toi ! ». Seigneur viens ouvrir mon cœur, mon intelligence, tout ce qui fait ma vie pour que tu y sois présent et agissant. Vient combattre en moi tous mes désirs de fermeture. Donne moi des yeux qui savent regarder, des oreilles qui savent écouter, des mains qui s’ouvre pour accueillir et offrir, un cœur qui aime toujours d’avantage, des pieds qui n’on pas peurs de me faire avancer à ta suite. Alors merci Seigneur de m’invité à ne pas craindre mais au contraire à oser sortir de mes peur, de mon mutisme, de ma misère car j’ai du pris à tes yeux.



[1] Is 35, 4

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