Ac 10, 34-43 Ps 117 Cl 3, 1-4 Jn 20, 1-9
Nous venons de vivre une semaine au cours de laquelle nous avons suivi Jésus dans ses derniers moments de vie. Il a été arrêté, abandonné, torturé, mis à mort. Hier nous étions plongés dans un silence où tout semblait figé. Le Christ est mort. L’affaire est réglée. Les disciples sont plongés dans le désespoir. Il n’y a plus rien à attendre de ce Jésus en qui on avait fondé tant d’espérance. Et pourtant, on aurai tellement aimé y croire…. La nuit tombe sur le tombeau scellé d’une lourde pierre. Des femmes sont restées malgré tout fidèles. Elles veulent lui rendre un dernier hommage. Marie-Madeleine se met en route de bon matin. Que son pas doit être lourd de tristesse, d’angoisse, d’incompréhension. « Pourquoi la haine a-t-elle englouti l’espoir et l’amour ? » Elle arrive au tombeau. La pierre, qui emmurait tout espoir, a été descellée. Marie-Madeleine se retrouve face à un trou béant. Cette pierre constitue la réponse du Père. A la violence qui se déchaîne sur son Fils, le Père donne la réponse. Celui que l’on croyait abandonné de Dieu, triomphe de notre dernier ennemi : la mort. Le Père nous adresse aujourd’hui un message : le mal ne peut triompher de l’Amour. Tous nos actes peuvent alors prendre sens. La résurrection du Christ est annoncée chaque fois que nous ne cédons pas au mal. Toutes nos actions motivées par l’amour deviennent des annonces de cette résurrection qui donne la vie à tout homme. Le Christ a accepté, pour nous sauver, de visiter tous nos tombeaux. Hier soir Glwadis, Garance et Jean-François ont reçu le baptême. Le Christ est venu enlever définitivement de leur cœur la pierre qui les empêchaient pleinement d’aimer à la manière de Dieu. Il leur a donné de participer dès aujourd’hui à sa mort et à sa Résurrection. Nous mêmes depuis notre baptême, nous ne cessons de mourir à ce qui nous éloigne de Dieu pour renaître à sa vie. Cette pierre qui souvent nous enferme dans le pessimisme, l’angoisse face à l’avenir, au replis sur nous même a été fissurée et ne pourra plus nous maintenir dans la mort.
Le disciple qui « a vu et a cru » n’a cessé d’annoncer la Bonne Nouvelle. Fidèlement les apôtres ont rapporté aux hommes tout ce qu’ils ont vu comme nous le rappelle la première lecture de ce matin. Jésus est « passé en faisant le bien ». Cette œuvre d’Amour et de Salut n’a pu être engloutie par la mort. Depuis 2000 ans, des millions de femmes et d’hommes ont l’audace de croire en cette Bonne Nouvelle. Celle-ci projette une lumière nouvelle sur toute vie. Nous ne pouvons plus désespérer de personne. La promesse de Pâques est adressée à tout homme de bonne volonté. Même plongé dans le plus grand abîme, il n’est pas un homme ou une femme qui ne soit rejoint par la promesse de Pâques. Tout homme est appelé à vivre au près du Père. Nous qui sommes baptisés et confirmés nous avons la charge d’être porteur de cette promesse pour tous ceux qui doutent, qui souffrent. Tous nos gestes et paroles doivent être un reflet de cette lumière qui a jaillit le jour de Pâques. Laissons notre cœur être fissuré pour permettre à la lumière de jaillir et d’éclaire nos frères qui ont besoin de cette lumière. La manifestation du Ressuscité est un envoi. A la fin de la messe le diacre vous dira « allez dans la paix du Christ ». Cette formule liturgique, qui nous semble si banale à force de l’entendre, est le parachèvement de toute rencontre avec le Réssucité : il nous envoie annoncer ce que nos oreilles ont entendu, ce que nos yeux ont vu.
Demandons la grâce ce matin d’être de vrais témoins du ressuscité en paroles et en actes comme nous y invite le psalmiste : Rendez grâce au Seigneur : il est bon ! Eternel est son amour ! Qu’ils le disent ceux qui craignent le Seigneur : Eternel est son amour ! ».
Christ est ressuscité, Alléluia !
Il est vraiement ressuscité, Alléluia !
AMEN
Christophe FEREY
8 avril 2007