Pour rencontrer le Christ, il faut entrer dans les profondeurs de l’Amour.Cela veut dire que les paroles de la consécration eucharistique doivent retentir sur toute l’humanité et sur tout l’univers : leur fin dernière, c’est cette transformation de toute l’humanité et de tout l’univers en le corps et le sang du Seigneur, nous ne pouvons les dire avec sincérité qu’en les vivant jusqu’en leur fond, et cela ne se peut qu’en nous effaçant dans le Moi du Christ qui les prononce à travers nous.
Alors, si nous pouvons dire « Ceci est mon corps », « Ceci est mon sang » avec efficacité, si vraiment le Seigneur nous devient présent par notre charité comme il s’est montré aux disciples d’Emmaüs au moment de leur charité, cela signifie que nous avons jeté toute notre vie dans des abîme de lumière et d’amour, cela signifie que nous nous sommes déracinés de nous-mêmes et que notre moi s’est effacé dans le Moi de Jésus-Christ pour que ce soit lui qui dise en nous « Je » et « Moi ».
C’est par là que la messe est une action infiniment grande, une action formidable, et le plus grand évènement de l’univers, parce qu’elle nous reconduit aux sources mêmes de la vie libérée qui ne peut jaillir que de cette désappropriation de nous-mêmes dans le Moi divin, cet Orient vers lequel nous sommes tous aimantés.