La fête de la sainte famille nous plonge dans l’intimité et la banalité d’une famille de Nazareth. Les évangiles sont muets sur cette période de la vie de Jésus. Pourtant elle fut sans doute essentielle. Jésus comme tous les enfants à du apprendre à grandir. L’amour de ses parents a sans doute été pour lui un reflet de l’Amour de Dieu son Père. Il a grandit au milieu de parents ouvert à l’appel de l’Esprit, prêts à partir pour l’inconnu. Etre parents aujourd’hui c’est aussi partir vers un inconnu. Comme pour Jean-Baptiste on peut se demander « que deviendra cet enfant ? » La famille n’est pas seulement le lieu de la subsistance. Elle est d’abord le lieu où chacun apprend à se construire et à devenir lui-même. Le Christ a du passer par un lent apprentissage pour devenir cet homme qui se présente au baptême de Jean-Baptiste. L’Eglise à récemment réaffirmer l’importance de la famille pour l’épanouissement humain. Le cardinal Ricard, lors de l’Assemblée plénière des présidents des assemblées épiscopales à Fatima au moi d’Octobre dernier, disait ceci « « Il faut aider la famille à devenir ce qu’elle est : une petite Eglise domestique, un lieu où on apprend à être aimé et à aimer, à vivre la communion dans la différence, à s’initier à l’expérience de foi avec tout ce que cela comporte. ». Cet idéal est traduit dans la lettre que Paul adresse au Colossiens « revêtez votre cœur de tendresse et de bonté, d’humilité, de douceur, de patience. Supportez vous mutuellement, et pardonnez si vous avez des reproches à vous faire. Agissez comme le Seigneur : il vous a pardonné, faites de même. Par-dessus tout qu’il y est l’amour. » (1C 3, 12-13). La famille est le premier lieu où nous faisons l’apprentissage de notre humanité. Paul pointe une condition indispensable pour cet apprentissage : l’Amour qui n’est possible qu’avec le pardon. Sans pardon l’amour est impossible. Il ne s’agit pas d’un pardon « à la petite semaine » mais d’un pardon dans la vérité. Ce pardon n’occulte pas les blessures ni les fautes mais il permet à celui qui a chuté de se relever et de grandir. Plus nous grandissons dans l’Amour et plus nous grandissons dans la vérité. Cette vérité doit me rendre libre puisqu’elle me révèle peu à peu tel que je suis. Nous pouvons nous demander ce matin dans quelle mesure nos familles sont des lieux où chacun, en particulier les enfants et les jeunes, peuvent grandir en liberté ? Etre libre ce n’est pas aller au grès de ses envies. Il s’agit de poser des choix qui vont m’humaniser. Les parents deviennent alors les serviteurs de la liberté de leur enfants, adultes en devenir. Parfois, servir la liberté d’un enfant, c’est savoir lui dire non et lui expliquer pourquoi on refuse certaines demandes. Aujourd’hui il y a un vrai défit pour nos jeunes. Ils sont confronté plus que jamais à cette interpellation de Dieu que nous lisons dans le Deutéronome « Vois: je mets aujourd'hui devant toi la vie et le bonheur, la mort et le malheur [...] Choisi donc la vie » (Dt 30, 15.19). Dieu a créé l’homme libre. Cette liberté n’est pas sans risques. Alors n’hésitons pas à éduquer à la responsabilité et à aider nos enfants et nos jeunes à assumer jusqu’au bout leur choix dans la durée. Parfois il peut être bon de les aider à persévérer dans le choix d’une activité qu’ils ont choisi et qui dure tout au long de l’année. Il en va de même pour le catéchisme. Faire ce choix pour des parents, c’est permettre à l’enfant de découvrir ce qu’il a reçu le jour de son baptême et lui permettre un jour de choisir. Eveiller un jeune à la liberté c’est l’aider à sortir de l’indécision ambiante. Eduquer à la liberté c’est aussi aider un jeune à sortir du carcan du groupe et à oser refuser certaines pratiques qui vont le fragiliser. Comment ne pas souffrir de voir tant de jeunes sombrer dans une consommation excessive d’alcool parce qu’ils sont entraînés par un groupe ou par la mentalité ambiante ? Beaucoup de jeunes n’osent pas refuser car ils ont peur d’être jugé et d’être rejeté par le groupe. La famille est le lieu essentiel où chacun doit être reconnu et aimer pour ce qu’il est. Les enfants et les jeunes y puiseront alors des fondations pour leur vie d’adulte en ayant apprit la confiance et le respect de chacun comme l’évoque la première lecture.
Chacune de nos familles peuvent devenir une « Sainte Famille » dans lesquelles chaque membre est perçu comme un don pour chacun. Que le Seigneur ce matin affermisse l’unité de nos familles et face régner en nos cœurs sa paix afin de former avec Lui un seul corps.
CF2007