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Homélie du troisième dimanche de l'Avent année C

« Que devons-nous faire ? » A cette question de la foule, Jean-Baptise répond par une invitation à changer de vie. Peut-être avons-nous tenté de le faire durant ces trois dernières semaines. Nous avons essayé de vivre tel ou tel effort concret. Cela est bien car le Seigneur veut pour nous une vie qui nous rend heureux et surtout qui rend les autres heureux. Décider d’évoluer sur certains points de notre vie suppose une mise en route. Celle-ci n’est possible, que si un jour il y a une parole d’Amour qui nous est adressée. Cette parole nous l’avons entendue le jour de notre baptême. A chaque baptême, le Père nous dit « Celui-ci est mon fils bien aimé en qui j’ai mis tout mon amour ». Le Père nous reconnaît comme son fils car nous devenons par le baptême frère de son Fils. Nous avons, ici, la différence fondamentale entre le baptême de Jean-Baptiste et celui que célèbre l’Eglise. Le baptême de Jean était un baptême de conversion. Celui que nous avons reçu nous  donne l’Esprit du Christ et nous fait participer à la vie même de Dieu.

 

 

 

 

La question du départ, « que devons nous faire ? », nous devons la poser à la lumière de notre baptême reçu dans l’Esprit Saint. Paul nous donne une réponse : « Frères, soyez toujours dans la joie du Seigneur, laissez moi vous le redire : soyez dans la joie » (Phi 4, 4). Accueillir son baptême c’est d’abord accueillir dans sa propre vie la joie de Dieu. Le baptême nous entraîne à devenir des « serviteurs de la joie de Dieu » (Joseph cardinal  Ratzinger). Cette joie n’est pas un illusionnisme qui nous ferait oublier le mal dans le monde. Au contraire la joie chrétienne nous rend le mal encore plus insupportable car il est une négation de Dieu. La joie de Dieu s’est pleinement manifestée en Jésus-Christ.  Nous l’avons découvert durant la première semaine de l’Avent. Ainsi dans l’Evangile de Luc nous avons rencontré Jésus « Exultant de joie sous l’action de L’Esprit Saint » (Lc 10, 21). Jésus exulte de joie car beaucoup de petits ont découvert le Père en sa personne. La joie de Dieu, c’est que l’homme découvre son vrai visage : celui d’un Père qui se donne sans cesse pour ses enfants et leur donne le Salut. La joie chrétienne est à jamais marquée par le don du Christ qui va donner sa vie pour tout homme. La joie du Christ a su intégrer la souffrance de la Croix qui est le sommet de la révélation de l’Amour de Dieu pour tout homme. Il est bon, dans ce monde qui voudrait un bonheur obligatoire et interdire toute tristesse, de ré-accueillir au plus profond de nous-même la joie que Dieu nous a offert lors de notre baptême. Cette joie, beaucoup de jeunes la recherche. Beaucoup souffrent en secret. Saurons-nous leur communiquer notre joie profonde ? A propos de la joie chrétienne, Timothy RADCLIFFE[1] nous dit « Le contraire de la joie ce n’est pas la tristesse, mais la dureté de cœur qui exclut tout sentiment, autrement dit un cœur de Pierre.[…]La joie du chrétien peut contenir en elle-même la tristesse parce qu’elle va au-delà du bonheur du moment présent. Elle a sa source dans une histoire aux dimensions de la vie du Christ, qui se déroule du baptême à la résurrection, englobant le vendredi saint comme un moment qui s’inscrit dans tout un mouvement[2] ». La joie chrétienne nous invite donc à ouvrir sans cesse notre cœur à nos frères. Notre joie peut-elle être parfaite, si un de nos frères ou sœur reste sur le bord du chemin ? La présence ce matin du responsable diocésain de la pastorale des migrants doit nous le rappeler. La question « que devons nous faire ? » ne doit-elle pas être complétée par cette autre question que Dieu adresse à Caïn « qu’as-tu fait de ton frère ? » (Gn 4, 10).

 

 

 

 

Que cette dernière semaine avant Noël, soit pour nous l’occasion d’Accueillir la joie de Dieu qui se donne à nous. Comme Isaïe nous pourrons dire : « Voici le Dieu qui nous sauve : j’ai confiance, je n’ai plus de crainte. Ma force et mon chant c’est le Seigneur ; il est pour moi le Salut ».

 

 

 

 

Christophe FEREY

 

 

 

 



[1] Dominicain, ancien maître des Dominicains

[2] T. RADCLIFF, dans « Venez et voyez », actes du congrès sur la nouvelle évangélisation de Bruxel Toussaint 2006, Fidélité, p 69

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