Oser s'aventurer sur l'autre rive. Le temps d'un voyage et la complicité se vivifie. Plus de deux heures de route et les fous rires fusent dans la voiture. Les vieux complices savourent leur bonheur d'être ensemble l'espace de 230 kilomètres. Passer le pont, c'est entrer dans un autre pays. Géni humain qui se joue des obstacles pour relier. Déjà le mal du pays me prend. Pourtant nous sommes partis. Pas question de faire demie tour. Deux jours nous attendent pour faire connaissance. L'Eglise a conviés des chrétiens à vivre dans une même province. Elle est décrétée il faut maintenant l'habiter. Les uns sont attirés vers l'Ouest, les autres vers Paris. Une identité nous relie : la Normandie. Je découvre encore un peu plus qu'il n'existe pas une Normandie mais des pays si différents les uns des autres. Je découvre combien les mentalités ne sont pas les même d'un pays à un autre et pourtant nous sommes invitéà travailler ensemble. Je n'aime pas ces rencontres de jeunes prêtres où l'on refait le monde et l'Eglise. Où l'on n'a pas fait le deuil d'une Eglise parfaite. Où l'idéal doit être présent en son intégralité. Où l'on taille des costumes bien trop large pour chacun. Je découvre qu'entre la Haute et la Basse Normandie il y a beaucoup plus qu'un fleuve qui nous sépare. Quelle joie de revenir dans mon pays et de retrouver en soirée des couples qui ne refont pas le monde mais qui essaye de tracer leur chemin semé d'obstacle. Une belle confiance qui permet de partager des évênement lourds à porter. Une équipe qui s'est aussi s'ouvrir à un nouveau couple qui cherche un lieu où poser le sac. Décidément je me sent heureux d'être prêtre diocésain au service de ce diocèse qui m'a vu naître.