Deux pour le prix d’un ! Tel pourrait être le slogan de l’Evangile que nous propose la liturgie d’aujourd’hui. Un slogan qui colle bien avec la période des soldes d’aujourd’hui. Deux passages qui semblent assemblés de manière accidentelle. Et pourtant ils me semblent très liés. Essayons d’y voir plus clair. Tout d’abord l’auteur de l’Evangile selon saint Mathieu nous invite à comprendre que Jésus est réellement Celui qui accomplit toutes les promesses de la première Alliance. Jésus est bien cette lumière qui traverse le peuple qui habitent au carrefour des nations.
Après ce petit préambule je vous propose de méditer sur trois aspects que nous livre ce passage d’Evangile. Certains éminents homélistitiens me rétorqueront qu’il y en a deux de trop mais bon ne soyons pas avars aujourd’hui !
Jésus invite à la conversion. C’est le premier acte ministériel qu’il pose dans cet évangile. Cette invitation n’est pas l’œuvre d’un « illuminé » mais de quelqu’un qui a passé du temps dans le désert. Il a pris le temps du silence et d’affronter le combat spirituel. « Convertissez vous, car le Royaume est tout proche » n’est donc pas une parole creuse mais une parole habitée. Cette parole n’a pas pris une ride. Le combat permanent du chrétien est de se convertir, de sans cesse découvrir un plus qui est Dieu. Un disciple de Jésus ne peut jamais se satisfaire de la relation qu’il entretien avec Dieu. Il doit toujours un peu plus l’accueillir dans sa vie et le faire vivre concrètement en lui. Nous ne sommes pas des robots. La porte ne s’ouvre pas automatiquement. Il n’y a que nous qui puissions l’ouvrir. Alors osons la conversion, elle n’est pas un chemin de croix mais un chemin où nous attends des surprises à chaque virage.
Jésus rejoint quelques hommes. Se sont des laborieux. Leur travail est rude et pas toujours rémunérateur à la hauteur de leurs espérances. Ces hommes n’ont rien d’extraordinaires ils sont ce qu’il y a de plus banals. Ils ne sont ni riches ni pauvres. Simplement des travailleurs. Jésus passe à un moment où la journée se termine. Jésus avait il prévu de les rencontrer ? Nous ne le savons pas et nous ne le seront jamais. Peut-être est il intriguer par leur activité. Lui qui est un terrien travaillant le bois. Jésus rejoint ces hommes dans la banalité de leur vie. Jésus sort d’une longue période de solitude. Peut être ressent il le besoin que ressent tout homme : la compagnie d’autres hommes. Jésus ne prend pas la peine de faire connaissance. Il les invite directement. « Venez derrière moi ». L’histoire ne nous dit pas ce que Pierre et André ont pensé. Peut être « Il est fout ce type ». On ne le sera jamais. On nous rapporte seulement leur attitude. Ils ne posent pas de question. Ils ne font qu’une chose. Ils se mettent à suivre Jésus. Ce geste fou va bouleverser complètement leur vie. Elle est peut être là la conversion. Laisser Jésus nous dire « Viens derrière moi ». Viens derrière moi pour que je t’apprenne ma vie non pas de manière extérieur mais en laissant vivre ma Parole en toi. On ne peut pas annoncer la Parole si elle ne vie pas en nous.
Jésus guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple. Les récits de guérison représentent une bonne part des évangiles. Pour Jésus une personne malade n’est pas seulement quelqu’un qui souffre. Elle est véritablement en danger. Car la souffrance recouvre tout. La personne malade est en péril car elle peut ressentir douloureusement le silence de Dieu et se croire abandonnée de lui. Une personne malade n’a qu’une obsession : ne plus souffrir. Plus rien d’autre ne compte. Jésus en guérissant les malades qu’il rencontre leur redonne la part essentiel de leur humanité qui est d’aimer et d’être aimer. Une capacité qui ouvre l’accès à Celui qui sans cesse vient à la rencontre de l’homme pour lui dire « me voici ». « Me voici pour faire en moi ta volonté d’amour, de paix de joie, de bonheur ». L’Eglise ne cesse d’être présente là où souffre l’homme, car Dieu ne se renoncera jamais à lui dire « Me voici ».
Cet Evangile forme un tout, il nous invite à maintenir notre porte ouverte, à accueillir l’appel du Christ à le suivre et à devenir témoin de sa présence en étant habités de sa présence.
Bon dimanche et bonne semaine à tous.