Lorsque nous traversons des pleines en ce moment, nous les voyons recouvertes de céréales et autre végétaux qui servirons à nourrir où à produire de l'énergie renouvelable. Ces pleines qui en hivers semble mornes, prennent des allures de promesse. On pressent qu'elles offriront tout le rendement qu'espère l'agriculteur qui a dû travailler patiemment sa terre pour qu'elle devienne féconde. Il lui a fallut labourer et semer, surveiller la croissance des plantes. Nous contemplons ici toute la patience du semeur. Alors que nous vivons dans une période marquée par la vitesse, la frénésie, nous sommes invités à redécouvrir la patience et le temps de Dieu. Ce temps de vacance peut être favorable pour ralentir et accepter de vivre à un autre rythme. Une Parole doit prendre vie en nous mais il faut du temps car nous sommes en enfantement depuis notre baptême et notre confirmation. Saint Paul nous le rappelle ce soir : « Nous avons commencé par recevoir le Saint-Esprit, mais nous attendons notre adoption et la délivrance de notre corps ». Du coté de Dieu tout est fait. En Jésus, sa Parole, il nous a tout donné. Mais cette parole, bien souvent, tombe sur un sol encombré de ronces. Elles étouffent la parole au lieu qu'elle puisse produire son fruit en nous. Les ronces peuvent être multiples. Tant de soucis viennent appesantir notre vie. Le premier des soucis est celui de l'avenir. Peut être que nous aurions à redécouvrir l'importance d'accueillir le présent. Je me souviens d'une phrase entendue lors d'une retraite. « Le passé est pardonné, le futur ne t'appartiens pas. Seul le présent t'appartient ». Bien souvent nous sommes inquiet pour l'avenir ou bien nous sommes rongé par le passé. Nous ne voyons plus alors ce qui s'offre à nous dans le moment présent, là où nous pouvons accueillir du neuf dans notre vie. Comment accueillir une parole si nous ne sommes pas présent à l'autre ? Nous le sentons bien dans nos relations quotidiennes. Bien souvent nous ne sommes pas présents aux personnes que nous rencontrons. Nous pensons à autre chose. Quand je demande à une personne « comment ça va ?», bien souvent je n'attends même pas la réponse. Si dans notre quotidien nous ne prenons pas le temps d'être présent à ceux que nous rencontrons comment serons nous présent à la parole que Dieu nous adresse chaque jour ? Cet instant présent nous échappe constamment et pourtant nous avons toujours à grandir dans notre disponibilité à l'accueillir. Victor SION, un religieux carme grand connaisseur de sainte Thérèse de Lisieux nous dit ce si dans son ouvrage « la grâce du temps présent » : « Ainsi chaque minute de notre vie est à son tour la minute indispensable. Nous n'atteignons Dieu que dans chaque instant : dans celui-ci et dans le suivant. Notre existence toute entière n'est que la continuation de ces instants. C'est ce qui lui confère son apparente continuité. De ce contact avec Dieu dans chaque instant naît alors un instant perpétuel, une union constante avec Dieu à travers tout chose. Bien qu'absorbée par la vie active, l'âme demeure avec Jésus dans un renouvellement inaltérable, dans une profonde solitude avec lui seul. Elle peut écouter sans cesse la présence de Dieu en chaque événement et en toutes circonstances »[1]. Ces quelque mots nous rappelle que Dieu n'est ni dans notre passé ni dans un avenir hypothétique mais aujourd'hui à l'instant même. Il ne se décourage jamais. Il continu à semer, quelque soit le terrain. Si nous laissons Dieu agir en nous comme un cultivateur patient, notre terre encombrée pourra devenir peu à peu une terre accueillante, sans obstacle pour la semence. A notre tour nous pourrons devenir des semeurs. Le semeur sème à pleine poigné et finalement le résultat lui échappe. Alors n'ayons pas peur de semer à pleines mains des semences d'amour dans la vie de nos amis, de notre conjoint, de nos enfants. Nous ne savons jamais ce que deviendra cette semence mais nous avons à porter ce même regard que Dieu porte sur notre vie : une promesse d'avenir.
[1] Victor SION, La grâce de l'instant présent, la chance d'un chrétien, Ed. des Béatitudes, 2007, P 20