
« Celui qui croit en lui échappe au jugement, celui qui ne veut pas croire est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu ». Comment accueillir une telle parole sans être habités par un sentiment de crainte et d’angoisse ? En tout cas cette phrase me réinterroge sur ma manière de croire et sur la signification de ce mot. Si je consulte le Larousse 2002, j’y trouve cette définition : « 1 Tenir quelque chose pour vrai, admettre comme réel, certain. Croire une histoire. Je crois ce que vous me dites. 2 Tenir quelqu’un pour sincère. On a cru les témoins ». Cette définition vous satisfait elle ? C’est ce que je me suis demandé. J’ai ensuite ouvert le catéchisme de l’Eglise catholique et voici ce que j’ai trouvé « Croire n’est possible que par la grâce et les secours intérieurs du Saint Esprit. Il n’en ai pas moins vrai que croire est un acte authentiquement humain. Il n’est pas contraire ni à la liberté ni à l’intelligence de l’homme de faire confiance à Dieu et d’adhérer aux vérités par Lui révélées. » Ou bien encore « Pour être humaine, la réponse de la foi donnée par l’homme à Dieu doit être volontaire ; en conséquence, personne ne doit être contraint à embrasser la foi malgré soi ». Et pour moi qu’est ce que croire ? Qu’est ce que cela veut dire pour ma vie ? Suis-je un imbécile pour croire de telles balivernes dans ce siècle où la science semble pouvoir élucider tous les mystères ? Si je suis un imbécile alors il y a au moins plus d’un milliard d’hommes et de femmes complètements idiots. L’Eglise nous rappelle une vérité fondamentale : pour croire il faut être libre comme ces fiancés qui décident de se faire confiance et de s’unir par le mariage en toute liberté. Est il alors idiot de faire confiance à une parole qui se vit jusqu’au bout ?
Pour moi, croire, avoir la foi, c’est d’abord accueillir dans ma vie un don. Ce don nous est rappelé dans l’Evangile d’aujourd’hui « Dieu à tant aimé le monde qu’il lui a donné son Fils ». Dieu a pris le risque inouï de nous offrir son Fils et de le voir rejeté par les hommes. Comment en effet reconnaître le Fils de Dieu, Dieu lui-même, en cet homme ? Alors que bien souvent nous voyons Dieu comme un être inaccessible, il va à la rencontre de l’homme en s’abaissant. Dieu s’abaisse jusqu’au plus misérable en rejoignant un malfaiteur sur la croix. Désormais avec le Christ, aucunes de nos misères n’est un obstacle pour être rejoins par Dieu. Finalement, croire c’est ce laisser rejoindre par ce Dieu qui n’est que tendresse et patience. Etre patient c’est être comme ce cultivateur qui sait qu’un arbre ne grandit pas en un jour et qu’il donne ses fruits en son temps. Etre patient demande aussi de prendre soins et de s’ajuster au pas de l’autre. Les parents le savent bien. Un enfant pour devenir un adulte responsable à besoin de temps et de confiance. Il ne peut pas faire tous les pas souhaité d’un seul coup. Il faut respecter sa croissance psychique et physique. Dieu agit de même envers l’homme. Sans se lasser Il l’accompagne sur son chemin de vie. Croire, devient alors un compagnonnage de tous les instants. Nous n’avons plus alors à avoir peur de nos errements car Dieu est riche en miséricorde comme nous le rappelle Saint Paul ce matin. A chaque fois que nous tombons nous pouvons toujours nous relever en nous présentant tels que nous sommes à ce Dieu qui n’a qu’un désirs : nous reconnaître comme son Enfant Bien aimé.
Ainsi nous n’avons pas peur de la lumière. Nous savons qu’elle ne nous brûlera pas ! Au contraire, elle éclairera toute notre vie pour qu’elle puisse briller pour ceux qui doutent, qui désespèrent, qui s’enferment dans la culpabilité. Le jugement de Dieu n’est autre que cette lumière qui éclaire toute chose et permet à la vérité de gagner sur le mensonge. Ce jugement remet la confiance au cœur de notre vie. Alors n’ayons plus de crainte et soyons heureux de croire. Aujourd’hui c’est le dimanche de la joie. Sans doute parmi nous, il y a des frères qui se sentent loin de cette joie promise. Et pourtant cette joie, n’est pas forcément d’arborer un visage rayonnant, avoir un sourire qui découvre toutes les dents. La joie chrétienne c’est d’abord cette joie de savoir qu’à nos cotés il y à Dieu, Celui qui nous a dit « et moi je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps ». Alors ce matin revêtons cette joie d’accueillir en notre vie « Celui qui est riche en miséricorde ». Osons sortir de notre nuit pour aller vers la lumière. Elle nous attend. Alors qu’attendons nous ?