Les mythes sont tenaces. Ils nous poursuivent et traversent les siècles. Parfois l’homme les déforme pour apprivoiser ses fantasmes. Le mythe de la caverne de Platon devient parfois un mythe conspirationniste[1]pour échapper à un monde trop terne. Et Babel revient plus vivante que jamais. Il y a comme une insupportable évidence à gommer. Cette évidence fait parfois peur. Elle effraie. Elle se nomme d’un nom suspect : différence. La différence déroute car elle nous oblige à renoncer à une vie par trop formatée. Elle nous contraint à risquer l’inconnu. Avec la différence nous sommes vulnérables. Il faut apprendre les codes, quitter la sécurité du savoir acquis et intégré. Alors on développe des défenses. On tente de confondre les termes. La différence devient inégalité. Quoi de plus normal que de lutter contre l’inégalité ? Je me joins bien volontiers à ce combat s’il est justement abordé. Or ici on se trompe de combat. La revendication à l’ouverture du mariage aux couples dit homosexuels me semble être plutôt le combat de l’indifférenciation. Je ne peux pas en conscience me joindre à ce combat. Combattre la différence c’est combattre la vie, la diversité. Le mariage n’est pas une question d’égalité mais de différence. Pourquoi vouloir dire qu’une personne à orientation hétérosexuelle serait semblable à une personne à orientation homosexuelle ? Ces deux personnes ont droit au même respect. Au nom de ce respect de la différence chacune à droit d’être protégée socialement. Mais au nom de ce même respect de la différence ont-elles accès à des droits similaires ? La différence ne fait pas des sous citoyens. Au contraire la reconnaissance de la différence enrichit une société au lieu de l’uniformiser à la manière de grande chaînes de restauration ou d’habillement. Assumer ce que nous sommes nous ouvre un accès de possibilité et d’impossibilités. L’homme est marqué par la limite. Il ne peut sans cesse repousser les limites au risque de se perdre et de ne plus être homme. Nous savons où ont mené des philosophies qui ont introduit des notions comme le surhomme…. Mon propos n’est pas un plaidoyer pour une institution en fin de vie. Il se veut au contraire une infime contribution pour le débat qui anime notre société pour qu’elle demeure un terreau qui favorise la différence et non l’uniformité. La différence unie si elle est accueillie dans le respect de sa spécificité. Alors de grâce que le mariage demeure une institution qui signifie l’union de l’altérité absolue : l’union d’un homme et d’une femme. Il ne s’agit pas ici de droits mais d’un miroir qui réfléchit l’image de l’homme qui ne s’accomplit réellement qu’en présence de son Autre.