Que de bruits assourdissants dans notre quotidien ! Même les paroles se font cris, parfois vociférations. Peut on vraiment écouter ces sons qui sont comme expulsés d’un diaphragme trop grand ouvert ? A force de démesure notre monde devient insignifiant. A force de tout étaler sur la place publique, on jette nos paroles à la pâture du tout-venant. Il nous faut réinventer la discrétion. Cette discrétion qui rend aux paroles leur poids car données avec précaution. Mon voisin a sans doute raison d’acquiescer à la pensé d’Arragon « Je crois encore qu'on pense à partir de ce qu'on écrit et pas le contraire. » (Louis Aragon - Je n'ai jamais appris à écrire). Avant de parler il nous faudrait d’abord « l’écrire » avec notre raison pour que nos mots deviennent de véritables paroles qui nourrissent l’autre. A force de crier on est plus entendu. A force de discours vains, on est noyé dans un océan de mots qui n’ont aucuns sens. Alors de grâce ne crions plus mais parlons avec la saveur de la confidence. Faisons de nos conversations de vraies rencontres avec l’autre qui nous apporte du neuf par sa parole. N’oublions pas ce murmure d’une brise légère qui redonna le goût de la vie au prophète Eli…
CF 2008