Comme tout homme il a besoin de temps de respiration, de bouffées d’amitiés, de détente. On prie beaucoup pour les vocations depuis quelques années. Mais se préoccupe t’on de la vie quotidienne de ces hommes qui essayent de vivre le plus honnêtement possible leur ministère qui donne sens à leur vie. Lorsque je constate parfois une réelle solitude de certains confrères ou leur suractivité, cela me fait mal. Il est vrai que la croix est présente dans toute vie chrétienne mais ne doit elle pas être allégée par des frères qui acceptent d’être des Simon de Cyrène ? Peut on continuer à vivre à 100 à l’heure sous le seul prétexte de l’urgence de la mission ? Il faudrait peut être arrêter le massacre ! Les tenants intégristes du don de sois sont parfois les complices d’une spiritualité qui devient inhumaine si elle est mal comprise. Donner sa vie pour ses frères et pour Dieu n’affranchi pas du respect de la nature et de l’équilibre de vie ! La Croix est la souffrance occasionnée par l’amour et non une souffrance résultant de la maladie ou d’une épreuve de la vie. La souffrance est d’abord une réalité qu’il faut combattre pour pouvoir justement vivre ce don de sois qui nous ouvre aux autres.
Repartir c’est reposer un acte de confiance en Celui qui appelle. J’ai en tête ma devise diaconale « Confiance, Lèves-toi, il t’appelle » (Mc 10, 49). Celle-ci m’a fait avancer et faire des pas que je ne me serais pas cru capable. Elle peut en faire faire à bien d’autres… Nous ne pourrons vivre notre vie chrétienne aujourd’hui qu’en reprenant conscience de notre confraternité baptismale et de la solidarité qu’elle entraîne pour chacun des membres du Corps du Christ. La vie chrétienne n’est pas un long fleuve tranquille mais une belle aventure alors « Avances au large ! » (Lc 5, 4) même si tu as peur de te noyer !
CF 2008