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  • Christophe FEREY
  • Bonjour, je m'appelle Christophe, j'ai 34 ans et je suis  prêtre pour le diocèse de Coutances et Avranches depuis le 10 juin 2007. J'ai été ordoné par Mgr Stanislas LALANNE
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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 20:57

Le Fils Prodigue d'Arcabas


A chaque événement important de la vie de l’Eglise, le pape accorde une indulgence souvent plénière (150ème anniversaire des apparitions à Lourdes, Jubilé de l’an 2000, Année du Sacerdoce…). Pourtant les indulgences n’ont pas bonne presse chez beaucoup de catholiques. Essayons d’y voire plus claire.

 

Les indulgences sont nées au XIème siècle. A l’époque la pénitence était tarifée. Pour telle péché, telle peine. Certaines peines étaient très dur et pouvait durer plusieurs années. L’Eglise, consciente de la difficulté proposa des indulgences qui réduiraient la peine moyennant une démarche de conversion. Pour mémoire la première indulgence plénière fut accordée aux chrétiens qui participeraient à la première croisade.

 

Les indulgences ont connues bien des péripéties au cours des siècles. Pourtant aujourd’hui elles semblent être remises au goût du jour. Le pape Paul VI a d’ailleurs promulgué en 1967, une constitution apostolique concernant les indulgences : « INDULGENTIARUM DOCTRINA » (Doctrine des indulgences). Pour Paul VI, l’Eglise offre à travers les indulgences un trésor. Ce trésor, c’est la communion des Saints. Par l’intercession des saints notre relation à Dieu peut être restaurée lorsqu’elle est altérée par notre péché. Toutefois, cela demande de notre part une conversion qui est signifiée par des gestes concrets (confession, partage, communion, pèlerinage….). Car nous demeurons toujours libre vis-à-vis de Dieu. Lorsque l’Eglise décrète une indulgence, elle nous offre un signe de l’immense amour de Dieu qui va au delà de notre péché pour nous sauver et nous aimer. Par l’indulgence qui nous est accordée, suite à une démarche, la parole du Notre Père, « Remets nous nos dettes » (Mt, 6-12)  prend chaire. Plutôt que d’y voir de la superstition, je suis invité à me réjouir que l’Eglise offre des « moyens » à la portée de tous pour (re)découvrir l’immense bonté de Dieu pour les pêcheurs.
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Published by Christophe FEREY - dans Théo
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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 14:42

 

Le purgatoire - Jérome Bosch

Depuis un certains temps plusieurs personnes m'ont demandé la signification du Purgatoire. S’il est bien un domaine théologique où nous ne pouvons que spéculer, c’est bien celui des « fins dernières ». Le Purgatoire, comme le Péché Originel, est entouré de tout un imaginaire qui n’aide pas à une juste compréhension en cohérence avec la Révélation, la Parole de Dieu et la Tradition deux fois millénaire de l’Eglise Catholique. Au début, ce terme n’était qu’un adjectif pour exprimer une purification des défunts en vue d’accéder à la vie éternelle avec Dieu. Saint Augustin parlait d’un « feu purifiant » (purgatorius) [1] . Le Moyen-Age en a fait un lieu et un temps. Or comment peut ont  introduire du temps dans l’éternité puisque précisément la propriété de l’éternité c’est de ne pas avoir de temps ? Le Purgatoire serait il alors une invention et une déviance occasionné par une mauvaise compréhension de la foi chrétienne ? Très tôt dans l’Eglise, des croyants ont pressenti que nous ne pouvons correspondre totalement par nous même à l’Amour de Dieu. Il nous faut donc être transformés par cet amour. Une phrase de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus peut nous aider à le comprendre : « […] j’ai vraiment du mal à concevoir comment je pourrai m’acclimater dans un Pays où la Joie règne sans aucun mélange de tristesse. Il faudra que Jésus transforme mon âme et lui donne la capacité de jouir, autrement je ne pourrai supporter les délices éternels. [2]  ». Dès lors nous comprenons mieux en quoi consiste le Purgatoire. Il s’agit de laisser Dieu nous transformer pour correspondre totalement à son amour et accueillir cette joie sans mesure qu’il  nous a promit. S’il y a une souffrance attachée au Purgatoire, c’est celle de prendre pleinement conscience de notre distance avec Dieu. Mais cette souffrance nous permet de devenir, comme le dit Bernard Sesboüé, un « devenir » de transparence ; c'est-à-dire devenir transparent de l’Amour de Dieu. Dès lors le Purgatoire ne peut plus être considéré comme une punition divine mais comme une grâce qui nous fait devenir ce que nous devrions être depuis toujours : des êtres créés à l’image de dieu. Dès aujourd’hui nous pouvons demander à Dieu de nous aider à accueillir sa grâce de transformation pour nous ajuster toujours davantage à son Amour. Alors laissons nous habiter par ces paroles de Paul : « Pour nous, notre cité se trouve dans les cieux, d'où nous attendons ardemment, comme sauveur, le Seigneur Jésus Christ, qui transfigurera notre corps de misère pour le conformer à son corps de gloire, avec cette force qu'il a de pouvoir même se soumettre toutes choses. » (Ph 3, 20-21).

CF 2008

[1] B. SESBOÜE, Croire, DROGUET ET ARDENT, 1999, P 535

[2] Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, LT 254

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