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  • Christophe FEREY
  • Bonjour, je m'appelle Christophe, j'ai 34 ans et je suis  prêtre pour le diocèse de Coutances et Avranches depuis le 10 juin 2007. J'ai été ordoné par Mgr Stanislas LALANNE
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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 17:28


Voici qu'au coeur de l'année jubilaire consacrée à Saint Paul, une des colonnes de l'Eglise, nous fêtons sa conversion. Comment comprendre ce géant de la foi sans prendre en compte l'événement qui a bousculer sa vie et qui a fait de lui l'apôtre des nations ? Prenons quelques instants pour y découvrir ce que cet événement peut nous dire pour notre propre foi. Paul est rempli de Zèle et d'amour fou pour Dieu. Il va jusqu'à envoyer des hommes, des femmes, des enfants en prison et certains à la mort au nom de ce zèle. Il ne peut supporter que l'on porte atteinte à la pureté de la foi qu'il a reçu de ses pères. Il est en quelque sorte le dépositaire de la vérité sur Dieu. Il a fréquenté les meilleurs maîtres religieux de son époque. Et le voici parti plein d'assurance vers Damas pour accomplir sa mission. Sur ce chemin de certitude il va tomber. Paul va devoir accepter que quelqu'un le relève. Alors que Paul était dans la nuit de la haine, de la certitude de détenir la vérité, une lumière va venir éclairer ce qui était resté caché à ses yeux. Tombé à terre, vulnérable, dépouillé de sa certitude, Paul va pouvoir accueillir une parole qui va le retourner. « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » Enfin, Paul accède à l'écoute de la Parole au lieu d'en rester à sa rage qui l'aveugle.

Ce Dieu qu'il croyait inaccessible vient à lui.

Ce que Paul vit sur ce chemin, chacun de nous peut le vivre si nous acceptons de quitter nos certitudes sur Dieu. Il échappe toujours à ce que je crois savoir sur Lui. Il est toujours plus grand que ce que je crois. Quand je penses l'avoir saisit, il s'échappe pour me mener plus loin. Soyons comme Paul des amoureux et des aventuriers qui savent prendre parfois des chemins non balisés, quitte à perdre de l'assurance. C'est parfois en ce perdant que nous faisons les plus belles découvertes. Quand on côtoie des jeunes il faut savoir parfois, comme Paul, accepter de perdre des certitudes sur Dieu ou sur la vie pour entrer en dialogue. Les jeunes qui fréquentent les différents lieux que leur propose l'Eglise présente à Cherbourg sont comme une cure de jouvence pour ceux qui les accompagnent. Alors merci à vous jeunes qui êtes présents ce matin dans cette église, pour vos questions et réflexions. Surtout ne soyez jamais satisfais de réponses toutes faites. Merci, car par votre recherche vous êtes comme des aiguillons pour notre propre foi.

Il est vrai qu'aujourd'hui, peut être plus qu'avant, il y a de quoi être déstabilisé lorsqu'on est croyant. Paul le fut dans sa quête de Dieu. Cette rencontre avec le Crucifié va complètement le bouleverser et  lui faire perdre tous ses repères de croyant.

Alors qu'il aurait pu sombrer dans le désespoir, Paul va se laisser prendre par la main et accepter que d'autres l'initie à la foi. Nous-mêmes, face à nos doutes, nos interrogations, avons nous des lieux où nous pouvons les formuler et trouver des frères qui nous aiderons à nous raffermirent ? Plus que jamais nous avons à découvrir en notre voisin de chaise est un frère embarqué avec moi  dans cette aventure de la foi. Dans la tempête, nous avons à redécouvrir que seuls, nous sommes sûr de sombrer. Paul l'avais bien perçus lorsqu'il invite les chrétiens de Corinthe à faire taire leur divisions. « Le temps est limité », nous rappelle Paul, alors ne le gaspillons pas dans de veines querelles. Au contraire resserrons les liens d'unité et de fraternité dans nos communautés paroissiales. Pour cela nous avons à contempler la figure d'Ananie qui se rend au chevet du persécuteur. Il a du découvrir au fond de  lui même qu'on ne peut pas enfermer un homme dans ce qu'il fait, dans ce qu'il parait être. Parfois nous jugeons nos frères car il sont trop ceci, trop cela, pas asser cela. Et s'ils avaient avait quelque chose à nous dire sur Dieu ?

Et s'ils étaient eux même une lettre que nous adresse le Christ ?

Soyons heureux si comme Paul, nous avons découvert qu'être chrétiens ce n'est pas seulement connaître son catéchisme par coeur mais que c'est fondamentalement accueillir dans sa vie une personne vivante. Cette personne c'est le crucifié qui nous fais signe de rejoindre tout homme pour lui offrir cette nouvelle de bonté radicale : tout homme est un être aimé de Dieu. Cet amour est capable de vaincre le coeur le plus endurcis. Finalement la conversion de Paul est la vengeance de Dieu sur la violence et la haine. Au lieu de détruire celui qui persécutait les disciples de son Fils, Dieu va retourner Paul et en faire son apôtre infatigable pour l'annonce de son amour inconditionnel pour tout homme. Avec Paul, osons redire ensemble les paroles du Psaume : « son amour envers nous s'est montré le plus fort ; éternelle est la fidélité du Seigneur ».

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Published by Christophe FEREY - dans Homélies dominicales
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