Texte Libre
(H. URS VON BALTHASAR, l'amour seul est digne de foi,Col Foi Vivante, Ed MONTAIGNE, 1966, p 11)
La nouvelle ne veut pas se taire. Pourtant elle aurait voulu rester discrète, surtout ne pas faire de bruit. Evitons le scandale. Surtout n’ébruitons rien. Surtout que Joseph a bien voulu malgré tout me prendre avec lui. Ma cousine, elle, à ce bonheur d’attendre un heureux évènement, pourtant… Bizard tout ça… Bref il faut partir, aller faire ce que je sais faire le mieux : servir. Jamais nous ne pourrons accéder à la conscience de Marie. Nous ne savons qu’une chose c’est qu’elle est partie ce jour là retrouver sa cousine pour la servir. Jamais elle ne se départira de l’attitude du service. Les deux femmes se rencontrent et voilà qu’un enfant tressaille et la joie envahie une maison qui accueille son Sauveur. Cette joie est offerte, à accueillir pour celui qui ne considère pas la foi comme un tropher à gagner par la force mais un mystère à accueillir et à vivre chaque jour. Alors cesse de fermer ta main, tes yeux, tes oreilles. Ouvrent les et reçois. La nouvelle peut alors se répandre. Elle ne pourra se garder au risque de mourrir.
J’aime beaucoup les passages d’Evangile que la liturgie nous permet d’entendre en ce moment. Je les aime car on voit des apôtres se prendre les pieds dans le tapis. Ils se plantent en beauté comme nous souvent ! Je le prends pour un encouragement. Si les apôtres ont pu parfois se tromper, alors ne nous étonnons pas que parfois nous puissions nous même nous égarer. L’important c’est de retrouver le bon chemin. Dans nos vies nous allons de carrefours en carrefours. Si je me trompe à l’un de ces carrefours et bien il y aura un autre carrefour où le Christ m’attendra pour me montrer un chemin possible. L’important c’est de partir. Tant pis si je me plante, le Christ sera toujours là avec moi et peut être que je le reconnaitrais à un autre moment où d’autres chemins me seront possible.
« Voilà que nous avons tout quitté pour te suivre » (Mc 10, 28). Voila que Pierre se demande ce qu’il va perdre en suivant Jésus. Il a quitté une entreprise de pèche fleurissante pour suivre un inconnu qui passait par là un bon matin. Au départ tout est beau, tout est illusion. Et puis vient le temps des désillusions où le doute s’insinue. Ce temps de crise peut alors devenir un temps de maturation. Si je suis cet Homme, ce n’est pas pour un profit mais parce qu’il est mon Sauveur. Il a confiance en moi non pas à causes des grandes qualités que je possède ; mais parce que j’ai cette capacité à lui faire une place pour qu’il agisse en moi à travers tout ce qui fait ma vie : mes qualités et mes limites. Plutôt que de nous inquiéter de ce que nous allons perdre en suivant Jésus, demandons-nous ce que nous recevons du Christ en le suivant. Chaque événement, chaque rencontre est l’occasion de rencontrer le Christ. Nous avons tant reçu durant le carême et le temps pascal que nous venons de quitter. Que ferons-nous de ce fruit dans ce temps « ordinaire » que nous retrouvons avec des forces neuves ?
J'aime les moments forts de notre république. Les passations de pouvoir entre deux présidents en font parti, même s'il serait plus correct de parler d'investiture. Le cœur de cette "célébration républicaine" est en effet l'investiture du nouveau président par le président du conseil constitutionnel. Celui-ci rappelle une information essentielle : le président de la république est notre président parce qu'une majorité des électeurs l'a élue pour exercer les fonctions et prérogative du président de la république. C'est un service que délègue le collège des électeurs à un homme pour présider à l'avenir du pays. Viennent ensuite les rites complémentaire : le chancelier de l'ordre de la légion d'honneur qui reconnais le nouveau président grand maître de l'ordre, les honneurs militaires rendu dans, le jardin de l'Elysée, au nouveau président le reconnaissant ainsi chef des armées. Vient ensuite la remontée des champs Elysées à bord de son "carrosse républicain" escorté de la garde républicaine. Le président vient ranimer la flamme de l'arc de triomphe. Cette flamme qui appelle la nation à se rassembler et à faire face ensemble aux difficultés qui se trouvent sur le chemin. Matin au combien protocolaire. L'après midi est plus "personnel" avec des gestes symboliques qui peuvent offrir au "peuple" quelques lignes directrice du nouveau quinquennat. France tu nous offres aujourd'hui l'image d'une démocratie apaisée. Des adversaires qui se retrouvent pour une poignée de main, pour passer la main parce qu'une majorité de Français a décidé librement un changement.